Enquêtes

Stupéfiants : la brigade de recherches de Narbonne met un terme à un trafic international

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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© B.R. Narbonne

Un an et demi d’enquête a permis aux militaires de la brigade de recherches de Narbonne, dans l’Aude, de démanteler un vaste trafic de stupéfiants en provenance d’Espagne et alimentant le secteur de Narbonne et de Lézignan-Corbières. Sept individus ont été écroués. Le montant des saisies au titre des avoirs criminels est estimé à 148 000 euros.

Soupçonnés de se livrer à un vaste trafic international de stupéfiants, neuf individus ont été interpellés au cours du mois d’avril, par les enquêteurs de l’Aude, au terme de près d’un an et demi d’investigations minutieuses. Sept d’entre eux ont été écroués.

L’enquête débute en septembre 2019, lorsque la Brigade de recherches (B.R.) de Narbonne (11), enquêtant sur un trafic de stupéfiants sur le secteur de Lézignan-Corbières, s’intéresse aux agissements d’un couple de la commune qui revendrait différents produits : cocaïne, amphétamines, champignons hallucinogènes, MDMA, etc.

Les investigations et les surveillances, effectuées dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet du Tribunal judiciaire (T.J.) de Narbonne, puis d’une commission rogatoire, permettent d’identifier la clientèle du couple, soit une trentaine de consommateurs, mais surtout son principal fournisseur de cocaïne, lequel alimente en poudre blanche une grosse partie du département de l’Aude, de Port-la-Nouvelle à Lézignan-Corbières. L’homme, d’origine espagnole, et son associé, d’origine colombienne, demeurent tous deux à Narbonne.

20 kg de cocaïne en un an et demi

Devant l’ampleur du trafic, une information judiciaire est alors ouverte auprès d’un juge d’instruction du T.J. de Narbonne, pour trafic de stupéfiants, importation de stupéfiants en bande organisée et blanchiment. Dans la foulée, le 27 janvier 2020, la gendarmerie crée un groupe de travail. Baptisé Bogota, il est formé par des militaires de la B.R., renforcés par deux enquêteurs de brigade.

Les gendarmes parviennent à matérialiser le mode d’action du trafiquant narbonnais, qui s’approvisionne en Espagne à raison d’un voyage en moyenne par mois sur place. Dès lors, l’enquête est conjointement menée avec les autorités judiciaires du pays voisin.

Les investigations techniques, confortées par les surveillances réalisées en France et en Espagne, avec le concours de la Garde Civile espagnole, permettent d’identifier la clientèle des deux « importateurs » de cocaïne narbonnais, soit une centaine de consommateurs, dont certains sont également revendeurs.

Le trafic est évalué à environ 20 kg de cocaïne depuis le début de l’enquête, à raison de 100 à 200 gr de produit par semaine, générant un bénéfice supérieur à 500 000 € pour le principal instigateur du trafic.

© B.R. Narbonne

Deux opérations judiciaires : 7 mises sous écrou et près de 148 000 euros de saisies

Une première vague d’interpellations visant les trafiquants lors d’un retour d’Espagne est déclenchée le 1er avril dernier, avec l’appui du Groupe d'observation et de surveillance de l’Hérault, de l’antenne GIGN de Toulouse et d’unités du Groupement de gendarmerie de l’Aude (GGD 11), dont plusieurs Pelotons de surveillance et d’intervention (PSIG) et des enquêteurs numériques (NTECH), ainsi que le Groupe d'investigations cynophile (GIC).

Le fournisseur de cocaïne, son associé colombien et trois autres comparses sont simultanément interpellés. Présentés, le 4 avril, devant le magistrat instructeur, ils sont tous les cinq mis en examen et placés en détention provisoire.

Toujours avec l’appui des militaires du GGD 11, une deuxième vague d’interpellations, visant plus particulièrement le couple de trafiquants lézignanais, est réalisée le 13 avril. Quatre individus sont interpellés, dont deux seront placés en détention provisoire à l’issue des présentations au juge d’instruction. Les enquêteurs entendent parallèlement 91 consommateurs réguliers.

Les saisies effectuées lors des perquisitions, avec l’appui du GIC et de la Cellule régionale des avoirs criminels (CERAC), sont également fructueuses, puisque les gendarmes appréhendent 12 000 € en espèces, 77 000 € sur les comptes bancaires, neuf véhicules, dont deux motos, 421 gr de cocaïne, 79 gr de speed, 42 gr d’ecstasy et dix téléphones portables, soit près de 148 000 € au total au titre des avoirs criminels.