Enquêtes

Val-d’Oise : un réseau de travail dissimulé dans le BTP démantelé, 5,2 millions d'euros confisqués

Auteur : Pablo Agnan - publié le
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© Parquet de Pontoise

Quatorze personnes soupçonnées d’être impliquées dans un réseau de blanchiment d’argent en Île-de-France et dans le Pas-de-Calais ont été interpellées. Huit ont été mises en examen, dont sept écrouées.

Il aura fallu neuf mois aux enquêteurs de la Section de recherches des transports aériens (SRTA) et à ceux de la Cellule de lutte contre le travail illégal et la fraude du groupement du Val-d’Oise (CELTIF 95) pour mettre un terme à un réseau de travail dissimulé dans le BTP et son blanchiment en bande organisée.

Mardi 6 avril, une centaine de gendarmes de la région Île-de-France, appuyée par quatre équipes cynophiles, ont interpellé quatorze individus soupçonnés d’appartenir à ce groupe, aux ramifications clandestines.

Sous la direction du parquet de Pontoise, le travail d’enquête mené conjointement par la SRTA et la CELTIF 95 a permis de mettre en lumière un réseau tentaculaire et organisé de blanchiment de capitaux occultes, via des acquisitions immobilières et des flux à l'international.

Un tuyau provenant du BTP

Tout commence neuf mois plus tôt, grâce, comme souvent, à un tuyau. « Notre Groupe d'analyse et renseignements (GAR), chargé de la gestion des informations en pré-judiciaire, collecte des éléments qu'ils vont vérifier », précise le colonel Laurent Chartier, commandant de la SRTA. Les renseignements recueillis permettent aux enquêteurs de comprendre que les investigations qu’ils auront à mener comporteront un important volet économique et financier. « Comme les protagonistes n’étaient pas dispersés à travers tout le territoire, mais plutôt regroupés dans le nord de la région parisienne, nous avons sollicité l’appui de la Cellule de lutte contre le travail illégal et la fraude du Val-d'Oise. »

À partir de cet instant, l’enquête se déroule en deux temps : « La SRTA s’est occupée des investigations sur le terrain », notamment grâce au savoir-faire de sa division des appuis spécialisés, appuyée par la CDOS 95 (Cellule Départementale d'Observation et Surveillance). « Quant à la CELTIF, elle a pris la direction de l'enquête et s’est concentrée sur le volet financier du dossier », explique le colonel Chartier.

5,2 millions d’euros saisis

Une fois que les éléments sont suffisamment nombreux pour lancer l’opération, le « go interpellation » est donné. Le 6 avril, une opération judiciaire d’envergure est lancée, à la fois en Île-de-France et dans le Pas-de-Calais. Avec le concours de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc), 3,6 millions d’euros de biens immobiliers sont saisis.

Mais ce n’est pas tout. Les militaires mettent la main sur huit véhicules de luxe, 1,3 million d'euros sur des comptes bancaires, ainsi que des espèces. En tout, la somme colossale de 5,2 millions d’euros a été placée entre les mains de la justice.