Enquêtes

Cybercriminalité : les gendarmes de Rambouillet piègent et interpellent un pédophile

Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© BR Rambouillet
Les gendarmes de la brigade de recherches de Rambouillet, dans les Yvelines, ont interpellé, ce lundi 10 janvier 2022, un homme d’une cinquantaine d'années. Le mis en cause contactait des mineurs sur un site Internet, pour leur proposer des relations sexuelles. Piégé par les militaires, il a été présenté le lendemain devant le tribunal et condamné.

Il pensait parler à une jeune fille mineure, c’est en fait à un enquêteur spécialisé de la Brigade de recherches (B.R.) de Rambouillet qu’il avait à faire. Le 10 janvier 2022, un homme surnommé Davidi a été arrêté à Versailles, dans les Yvelines, pour des faits de proposition sexuelle faite à un mineur de 15 ans par un majeur utilisant un réseau de communication électronique et détention de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique.

Des propos sans équivoque

Au début du mois de janvier 2022, cet homme d’une cinquantaine d'années prend contact, sur un site de discussion instantanée, avec celle qu’il pense être une jeune adolescente mineure. Très rapidement, l’échange s’oriente vers des propos délictuels dans lesquels l’individu propose à la jeune fille des relations sexuelles. Il envoie également une photo de lui, visage découvert et pantalon baissé. L’enquêteur, formé à ce genre d’investigation sous pseudo, poursuit la discussion, jusqu’au jour où le prédateur tombe dans le piège et propose un rendez-vous. Pour le militaire, les éléments sont suffisants. Grâce à plusieurs renseignements, l’homme, qui vit dans un foyer à Versailles, est rapidement localisé et interpellé. Lors des perquisitions numériques, les militaires découvrent un fichier contenant 540 photos pédopornographiques dans son ordinateur portable.

12 mois de prison avec sursis

Présenté devant le tribunal de Versailles, le lendemain de son arrestation, l’individu déclare devant la présidente du tribunal : « Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit ça. Pourquoi j’ai pensé à ça. Je sais que c’est interdit… Et je le fais quand même. » Des propos relayés par les journalistes de 78actu. Lors de l’audience, face à cet individu, sans travail et coupé de tout lien social, 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, sont demandés par la procureure de la République. Le tribunal se prononcera finalement pour une peine de 12 mois de prison avec sursis, avec obligation de soins, mise à l’épreuve et interdiction d'entrer en contact avec des mineurs. Une décision justifiée par l’absence de casier judiciaire du mis en cause, par la reconnaissance des faits et par l’absence d’agression physique. Mais lors du rendu du verdict, la juge a tout de même tenu à mettre l’individu en garde « Maintenant, vous avez deux options. Soit vous avez compris et vous arrêtez. Soit vous continuez et c’est entre les quatre murs de la prison de Bois-d’Arcy que nous vous enverrons. »

Enquêteur sous pseudo : une spécialité bien particulière

Pour les gendarmes de la brigade de recherches de Rambouillet, ce type d’enquête est une grande nouveauté, rendue possible par la récente formation de l’adjudant Guillaume à l’Enquête sous pseudonyme (ESP). Ce gendarme est en effet l’un des rares en France rattaché à une B.R. à avoir pu suivre cette formation, auparavant réservée aux gendarmes de section de recherches ou d’office central.

Pour obtenir cette qualification, l’adjudant Guillaume a suivi une formation d'une semaine en février 2021, dispensée au Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), situé à Pontoise. Une formation qui lui permet aujourd’hui d’enquêter sous pseudonyme sur de nombreuses thématiques, comme le trafic de stupéfiants, la vente d'armes illégales ou encore la pédocriminalité et ce, sans avoir à demander au préalable de réquisition au parquet, sauf si une infraction doit être commise par l’enquêteur, comme l’acquisition de stupéfiants ou l’échange de contenus pédopornographiques.

Pour accéder à cette spécialité, il est nécessaire de posséder la qualification C-NTECH ou N-TECH. Un titre qui garantit les compétences des enquêteurs en cyber et   les identifie comme les référents local de la lutte contre la cybercriminalité.

Au sein de la brigade de recherches de Rambouillet, si l’adjudant Guillaume est le seul à posséder la compétence d’ESP, ils sont en revanche cinq, sur les douze gendarmes de l’unité, à avoir la qualification C-NTECH. Une vraie plus-value pour traiter une criminalité de plus en plus présente dans le cyberespace.

© BRC F. Garcia - M. Alexandre

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