Enquêtes

Dans l’Hérault, les gendarmes démantèlent une organisation criminelle

Auteur : Pablo Agnan - publié le
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Un gendarme d'une Section de recherche (SR) en observation et surveillance de cible.
© Ministère de l'Intérieur/J.GROISARD

Après deux années d’enquête, les gendarmes du groupement de gendarmerie de l'Hérault ont démantelé une organisation criminelle soupçonnée de trafic de cigarettes, de stupéfiants et d’armes, mais aussi d’escroqueries, d’extorsions, d’association de malfaiteurs et de blanchiment en bande organisée.

Les gendarmes de la Brigade de recherches (B.R.) de Pézenas (34) ne s’attendaient certainement pas à un tel résultat. Leur enquête sur un « petit » trafic de cocaïne, débutée à l’été 2020, a débouché, deux ans plus tard, sur le démantèlement d’une organisation criminelle structurée, soupçonnée de s’adonner à divers trafics : stupéfiants donc, mais aussi cigarettes, armes, et même des escroqueries aux compteurs kilométriques.

Cocaïne dans le jean

Tout commence par ce trafic de cocaïne. Lors de l’enquête préliminaire, les gendarmes identifient une trentaine d’usagers. Afin d’appréhender les fournisseurs, le parquet de Béziers requiert l'ouverture d'une information judiciaire des chefs de trafic de stupéfiants (cocaïne et cannabis), mais aussi pour trafic d'armes.  

Le dossier grossissant de jour en jour, un groupe de travail, composé de huit enquêteurs, est mis sur pied au début de l’année 2021, et placé sous l'autorité d’un magistrat instructeur. Il associe la Section de recherches (S.R.) de Montpellier, le Groupement de gendarmerie départementale de l'Hérault (GGD 34), ainsi que le Groupe interministériel de recherches (GIR) du même département.

Mafiosa                                                                          

Les investigations menées par ce groupe d’enquêteurs les conduisent à soupçonner l'existence d'une organisation structurée, dirigée par plusieurs membres d’une famille domiciliée à Béziers. Celle-ci se livrerait à plusieurs activités illégales, dont un trafic de stupéfiants et de cigarettes, destiné à alimenter le monde de la nuit, ainsi que plusieurs réseaux locaux à Pézenas et Béziers (34).

Cette organisation serait également à la tête d’un trafic d’armes de catégorie A et B. Enfin, elle réaliserait des escroqueries aux compteurs kilométriques trafiqués, par l’intermédiaire de trois garages situés à Vendres (34) et Béziers. 150 victimes auraient fait les frais de cette manipulation.

De trafic de stupéfiants, cigarettes et armes, la saisine du magistrat instructeur va progressivement s’élargir à des faits d’escroqueries, d’extorsions, d’association de malfaiteurs et de blanchiment en bande organisée.

Des armes et un million d’euros

Début avril 2022, une vaste opération judiciaire est déclenchée pour mettre fin aux agissements de cette organisation. Elle mobilise 280 militaires, dont le GIGN et ses antennes locales, tous les PSIG (Pelotons de Surveillance et d’Intervention de Gendarmerie) du groupement de l’Hérault et plusieurs autres unités extérieures au département, comme la B.R. de Millau, les S.R. de Paris et de Marseille, un hélicoptère du détachement aérien de gendarmerie de Montpellier, cinq équipes cynophiles, ainsi que l’IRCGN pour l'examen des armes. Cette opération permet l’interpellation de vingt individus basés à Béziers, Millau, Sète, Vincennes et Montpellier. Tous ont été placés en garde à vue.

Les perquisitions sont aussi impressionnantes que l’opération elle-même : 16 armes longues, 18 armes de poing, de nombreuses munitions de tout calibre, 300 g de cocaïne, 540 cartouches de cigarettes de contrebande et 77 000 euros en numéraire sont saisis.

Dans le même temps, avec l’appui du GIR, ont été engagées des procédures de saisie de biens immobiliers et mobiliers, ainsi que de comptes bancaires. La valeur totale est estimée à plus de 1 300 000 euros.

Entre le 5 et le 8 avril 2022, à l'issue de leur garde à vue, 16 personnes étaient présentées aux magistrats instructeurs et mises en examen ; 15 d'entre elles ont été placées en détention provisoire, par le juge des libertés et de la détention.