Enquêtes

L’enquête sur une fusillade débouche sur le démantèlement d’un trafic de stupéfiants

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© Tous droits réservés

Dans le cadre d'une procédure criminelle pour des faits de tentative de meurtre en bande organisée, commis en août 2021, à Annonay, en Ardèche, les gendarmes de la Section de recherches (S.R.) de Grenoble, appuyés par des militaires du Groupement de gendarmerie départementale de la Loire, ont réalisé une importante saisie incidente de produits stupéfiants.

Pour les gendarmes de la Section de recherches (S.R.) de Grenoble, une affaire peut en cacher une autre. Dans la nuit du 22 août 2021, au cœur de la cité de la Croze, à Annonay, en Ardèche, quatre individus encagoulés ouvrent le feu sur un véhicule. Le conducteur et ses deux passagers en sortent miraculeusement indemnes. La réactivité de la gendarmerie permet l'interpellation d'un des tireurs dès le 26 août.

Le pôle criminel du tribunal judiciaire d'Avignon ouvre une information judiciaire pour tentative d'assassinat en bande organisée, et confie la direction d'enquête à la Section de recherches (S.R.) de Grenoble et au Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de l'Ardèche, dans le cadre d'une cellule nationale d'enquête. Un groupe de huit enquêteurs se consacre exclusivement à l'enquête.

Mardi 25 janvier 2022, ces investigations aboutissent à une vaste opération de police judiciaire, mobilisant 120 gendarmes de la S.R. de Grenoble, des GGD de l'Ardèche et de la Loire, de l'antenne GIGN d’Orange, du Groupe d'observation surveillance (GOS) de Lyon et de plusieurs équipes cynophiles.

Cette opération conduit à l'interpellation et au placement en garde à vue de douze personnes, en Ardèche et dans la Loire. Trois sont mises en examen du chef de tentative de meurtre en bande organisée et écrouées. Un quatrième individu, en fuite depuis avril 2021, et qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt pour des faits de violences avec armes, ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours, a également été écroué.

De la drogue dans le garage

Cette première affaire va déboucher sur une autre. Lors de la perquisition effectuée sur commission rogatoire dans un garage situé à Saint-Julien-Molin-Molette, dans la Loire, les gendarmes de la S.R. de Grenoble, appuyés par des militaires du groupement de gendarmerie de la Loire, ont en effet découvert divers produits stupéfiants (près de 36 kg de résine et d'herbe de cannabis, 4 kg de cocaïne, 3,5 kg de méthamphétamine), près de 180 000 euros en numéraire, de nombreuses armes automatiques et revolvers, ainsi que plusieurs véhicules volés. Une puissante berline de luxe a également été saisie, au titre des avoirs criminels.

Cette découverte incidente a fait l'objet d'une procédure de flagrance distincte, diligentée par le parquet de Saint-Étienne, qui a confié la poursuite des investigations à la S.R. de Grenoble, pour la partie stupéfiants et blanchiment d’argent, et à la brigade de recherches de Saint-Étienne pour la partie recel de véhicules volés.

Le locataire du garage, un individu âgé de 35 ans, originaire du Loiret et peu connu de la justice, est interpellé et placé en garde à vue des chefs de trafic de stupéfiants, blanchiment d’argent en lien avec le trafic de stupéfiants et recel de véhicules volés. À l’issue des auditions, il a été déféré au parquet vendredi 28 janvier 2022, mis en examen, et placé en détention provisoire par décision du juge des libertés et de la détention.

Il a reconnu servir de nourrice à des trafiquants, excluant toute participation personnelle au trafic, et récupérer des véhicules de provenance douteuse au profit de connaissances, pour les stocker ou pour les réparer.

Le mis en examen ayant refusé de communiquer les noms des co-auteurs, l’enquête se poursuit donc sur commission rogatoire d’un juge d’instruction pour tenter d’identifier les autres personnes impliquées dans ce trafic.