Enquêtes

Les gendarmes démantèlent un important trafic de cocaïne entre la Guyane et l’Occitanie

Auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le
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Actif depuis trois ans, un trafic de cocaïne, ayant généré plus de 4 millions d’euros de bénéfice, a été démantelé à l’issue d’une longue enquête et d’une opération judiciaire de grande envergure menée en Guyane et en métropole.

L’affaire a commencé par un renseignement, obtenu en fin d’année dernière par les gendarmes de la brigade territoriale de Kourou, sur un supposé trafic de stupéfiants impactant la ville spatiale. Les investigations réalisées par les enquêteurs de la Brigade de recherches (B.R.), en coordination avec le parquet de Cayenne, permettent de confirmer l’existence d’un réseau structuré, armé et particulièrement violent, achetant et revendant de la cocaïne. Le groupe d’enquête Jaguar 973 est créé.

Pendant plusieurs mois, sans relâche, grâce à des filatures, surveillances et investigations, les enquêteurs identifient l’ensemble des membres du réseau, qui comprend une tête, des fournisseurs, des chefs de quartier, des logisticiens, des hommes de main, des rabatteuses, des mules historiques et occasionnelles, des gardes mules, des transporteurs et des investisseurs.

La cocaïne arrivait du Suriname pour être conditionnée en ovules dans le quartier Saramaca, où d’anciennes mules en rabattaient de nouvelles dans les filets des trafiquants. Dans divers appartements des quartiers de l’Anse et Lumières, ces derniers obligeaient les jeunes recrues à ingurgiter les ovules. Elles prenaient ensuite l’avion pour la métropole, escortées tout au long du trajet, puis le train jusqu’à Montpellier, où elles étaient réceptionnées par un ancien Kouroucien demeurant dans l’Hexagone. La drogue était ensuite revendue dans les quartiers.

160 mules ont été identifiées. Certaines, désignées comme historiques, ont effectué plus de 30 voyages au cours de l’année 2021 et sont ensuite devenues des membres à part entière du réseau, en changeant de mission et en escortant les nouvelles mules.

300 gendarmes mobilisés

Mardi 22 mars 2022, à 6 heures, heure de Guyane, une opération judiciaire d’envergure est déclenchée simultanément à Kourou et à Montpellier, sous l’autorité du procureur de la
République. 300 militaires (230 en Guyane et 70 en métropole) des unités des compagnies de gendarmerie départementale de Kourou et de Matoury et du groupement de gendarmerie départementale de l’Hérault, des Sections de recherches (S.R.) de Cayenne et de Montpellier, de l’antenne GIGN de Cayenne, du Groupe interministériel de recherches (GIR) de Guyane et des Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) de Guéret, Vannes, Saint-Quentin et Moulins, sont engagés. Les unités d’intervention spécialisée sont positionnées sur les objectifs réputés armés.

Dix-neuf personnes sont placées en garde à vue à Kourou et trois à Montpellier. Sept mules ayant ingéré des ovules et devant prendre l’avion le soir même sont présentes dans des appartements. Les perquisitions effectuées à Kourou permettent de découvrir plus de 1 000 ovules, pour un poids total estimé à 10 kg, 67 200 € en espèces, trois armes de poing et 39 téléphones. À Montpellier, 50 ovules, du numéraire et le nécessaire pour conditionner la drogue réceptionnée sont également découverts. Enfin, deux véhicules et deux TMAX sont saisis.

Plus 4 millions d’euros de bénéfice sur trois ans

Pendant les 96 heures de garde à vue, les individus s’expliquent en détail sur le trafic. Parallèlement, de nombreuses mules sont entendues. Si certaines confirment avoir été attirées par l’argent, d’autres ont littéralement été piégées. Recrutées dans la rue, elles ont été hébergées, nourries, puis invitées à payer leur dette en faisant la mule. Au cours des trois dernières années, le montant total de la cocaïne envoyée vers la métropole est estimé à plus de 160 kg, achetés à 4 200 € le kilo et revendus à 30 000 € en métropole, soit plus de 4 millions d’euros de bénéfice sur trois ans.

Les principaux membres du réseau ont été déférés vendredi 25 mars devant le procureur de la République, en vue d’être jugés en comparution immédiate.