Enquêtes

Une coopération franco-belge fait chuter un réseau de receleurs

Auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le
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C’est une longue enquête de la Section de recherches (S.R.) de Versailles, en coopération avec l’OCLDI et la police belge, qui a pris fin dimanche 30 janvier, avec l’interpellation de sept individus, en France et en Belgique, dans le cadre d’une affaire de recel.

En novembre 2020, les enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Versailles déclenchent une enquête au long cours, sous la direction du Parquet de Bobigny, portant sur un important réseau de receleurs d’origine serbe, basé en Seine-Saint-Denis.

Plusieurs familles de cette communauté sont déjà bien connues des forces de police et de gendarmerie pour organiser activement la collecte de bijoux dérobés par diverses équipes de cambrioleurs, agissant en région parisienne et dans les départements limitrophes.

Une famille… en or

Les premières investigations et surveillances permettent de comprendre le fonctionnement du réseau : à sa tête, un couple de cinquantenaires, domiciliés à Livry-Gargan, reçoit quotidiennement à son domicile des individus qui seront identifiés par les enquêteurs, et qui sont pour la plupart connus de la justice. Ces derniers y passent brièvement et en ressortent quelques minutes après, parfois avec des billets dans les mains… Une fois les bijoux suffisamment accumulés au domicile, le couple désigne des membres de la famille pour acheminer la marchandise en voiture, dans une cache spécialement aménagée, jusqu’en Belgique, où cette dernière est revendue à un « grossiste ».

Cette découverte entraîne la mise en place d’une cellule d’enquête internationale, impliquant les enquêteurs de la S.R. de Versailles, de l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), de la police locale d’Anvers et de la police fédérale belge, sous l’égide des structures policières et judiciaires chargées de la coopération internationale, Europol et Eurojust.

Après plusieurs mois de surveillances techniques et physiques poussées, en France comme en Belgique, les enquêteurs identifient le vol de plus de 40 kilogrammes d’or sur le territoire français, écoulés en l’espace d’un an, pour une valeur marchande totale de plus de 2 millions d’euros. Les enquêteurs belges parviennent par ailleurs à identifier plusieurs bijoutiers et diamantaires belges impliqués, et localisent un appartement à Anvers dans lequel les transactions sont prudemment réalisées.

Trois kilos d’or par la fenêtre

Le dimanche 30 janvier 2022, les enquêteurs belges et français déclenchent une opération d’envergure visant à interpeller les suspects au cours de la transaction. Le couple de malfaiteurs français est interpellé lors du rendez-vous de négociation avec un des bijoutiers belges identifiés. Le butin, environ 3 kilogrammes d’or, jeté par la fenêtre par les malfaiteurs lors de l’intervention des forces de police belges, est intégralement saisi.

S’en suit le déclenchement simultané du reste des interpellations et des perquisitions dans six domiciles ou commerces, en France et en Belgique, conduisant à la découverte d’environ 400 000 € en liquide, de plusieurs dizaines de kilogrammes d’or et de bijoux.

À l’issue des gardes à vue en Belgique, une demande d’extradition est effectuée pour que les mis en cause répondent de leurs actes en France. Sept individus, interpellés en France et en Belgique, sont placés en détention provisoire, soit mis en examen ou en attente d’extradition.