Enquêtes

Yvelines : l’équipe aux 80 vols de véhicules interpellée par les gendarmes

Auteur : Pablo Agnan - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© Photo d'illustration - D.R

Dans les Yvelines, neuf individus suspectés d’appartenir à une équipe spécialisée dans le trafic international de véhicules volés ont été appréhendés le 17 janvier par les gendarmes, à la suite d’une vaste opération judiciaire. Elle a mobilisé pas moins de 150 militaires. 80 vols de véhicules sont imputés aux mises en cause.

Ils sont suspectés d’être responsables de 80 vols de véhicules, pour un préjudice dépassant 1,6 million d’euros. Le 17 janvier, une équipe spécialisée dans le trafic international de véhicules volés a été démantelée par les gendarmes des Yvelines (78).

Vidéo à la demande

Tout commence au premier semestre 2021. À cette époque, les plaintes de particuliers pour véhicules volés se multiplient dans l’ouest de l’Île-de-France. Le parquet du tribunal judiciaire de Versailles se saisit du dossier et confie l’enquête préliminaire à la Brigade de recherches (B.R.) de Saint-Germain-en-Laye.

Grâce à l’exploitation des images de vidéosurveillance, les militaires vont peu à peu remonter la trace d’une équipe particulièrement organisée et spécialisée dans le vol de véhicules. Les surveillances et divers actes de recueil de renseignements permettent d’en préciser la composition.

Un modus operandi bien ficelé

Elle s’articule autour de dix individus chevronnés, âgés en moyenne d’une quarantaine d’années et tous très défavorablement connus de la justice. Expérimentés, leur mode opératoire était bien huilé.

Ils effectuaient d’abord des repérages, afin de dénicher la cible qui les intéressait. En fonction des opportunités, ils ciblaient des deux-roues ou bien des voitures de différentes marques françaises, principalement du groupe PSA (Peugeot-Citröen).

Puis, pour les dérober, ils utilisaient une technique rudimentaire, mais qui nécessite aussi bien des connaissances en électronique qu’un réseau de complices, en passant par des moyens financiers. Il s’agit du « mouse jacking », « vol à la souris » en français, puisqu’il est question d’un piratage informatique.

La technique du « mouse jacking »

Dans le détail, il existe deux manières de procéder. La première consiste à relever le numéro de série du véhicule. Cet identifiant est indispensable pour commander une nouvelle clé chez le concessionnaire, d’où opèrent des complices. Une fois la clé obtenue, les malfaiteurs s’introduisent dans le véhicule et reconfigurent l’ordinateur de bord à l’aide d’un P.C. portable branché sur le port OBD et de logiciels dédiés. Une fois la manipulation réalisée, le tour est joué et le véhicule peut démarrer.

L’autre option, plus récente, consiste simplement à acheter sur Internet des clés de voiture vierges et d’utiliser une machine spéciale permettant de tromper le boîtier antidémarrage du véhicule. Lorsque vous le démarrez, c’est ce système qui va vérifier l’identité du transpondeur présent dans votre clé. Il va pour cela générer un code aléatoire. Si votre clé est la bonne, elle va renvoyer un code d’authentification. Votre moteur va alors se mettre en marche.

Dans le cas du « mouse jacking », la machine spéciale, baptisée « key-educator », permet d’imiter les caractéristiques de votre clé et ainsi de mettre en route le véhicule. Point bonus, cette technique ne déprogramme pas les anciennes clés. Par conséquent, elle ne laisse aucune trace.

150 gendarmes sur le dispositif d’interpellation

Revenons à notre équipe spécialisée dans le trafic international de véhicules volés. Les deux-roues dérobés par les voleurs présumés, au moins une quinzaine selon les gendarmes, étaient expédiés en direction du continent africain via des conteneurs. Quant aux voitures, elles étaient entièrement désossées. Leurs pièces détachées prenaient ensuite la direction de la Pologne.

Mi-janvier donc, le parquet autorise le déclenchement de l’opération judiciaire, visant à mettre un terme aux agissements des malfaiteurs. 150 gendarmes sont mobilisés pour l’occasion, dont deux pelotons d’intervention de la Garde républicaine (G.R.) et de la Gendarmerie mobile (G.M.). Six Pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) sont également présents, ainsi que trois équipes cynophiles avec leurs chiens Sambi (Stupéfiants, Armes, Munitions, BIllets).

Argent, armes et stupéfiants

Cette action coordonnée a permis l’interpellation de l’ensemble des membres de cette équipe. Les perquisitions ont donné lieu à d’importantes saisies : des armes, quatre véhicules volés, près de 25 000 euros en numéraire, mais aussi des bijoux ainsi que des produits stupéfiants.

À l’issue des gardes à vue, les individus ont été déférés devant un magistrat et mis en examen. Sept d’entre eux sont incarcérés. Quant aux deux autres mis en cause, ils ont été placés sous contrôle judiciaire.