Conseil Aquapol : la gendarmerie prend le gouvernail

Auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le
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Les 11 et 12 décembre 2019, le conseil annuel des membres d’Aquapol s’est tenu à la DGGN. À cette occasion, la direction du réseau européen des polices maritimes et fluviales a été confiée à la gendarmerie nationale. Les échanges ont également permis de mettre en exergue l’activité du réseau et les moyens innovants mis en place pour assurer la sûreté du transport maritime et fluvial.

De la présidence à la direction

Depuis 2004, la gendarmerie nationale fait partie des 23 organisations issues des 14 pays composant Aquapol. Ce réseau européen, visant à renforcer la sûreté du transport maritime et fluvial, comporte à sa tête une direction et une présidence.

Depuis le 1er janvier 2018 et jusqu'au 31 décembre 2019, la gendarmerie nationale présidait le réseau à travers la Sous direction de la sécurité publique et de la sécurité routière (SDPSR). La direction était, quant à elle, assurée par la police hollandaise depuis la création d’Aquapol.

Le 11 décembre 2019, le général Lavergne, adjoint au directeur des opérations et de l'emploi, a ouvert le conseil annuel des membres d'Aquapol annonçant la passation de relais pour la présidence, mais surtout confiant la prise de direction du réseau à la gendarmerie nationale dès le 1er janvier 2020.

En effet, acteur majeur de la sécurité des mobilités, l’Institution est en mesure d'apporter une réponse opérationnelle aux nouvelles problématiques et enjeux identifiés, tant dans le milieu maritime que sur les eaux intérieures. L'ensemble des membres d'Aquapol reconnaît ainsi l’expertise de la gendarmerie nationale en lui confiant la direction du réseau.

Le lieutenant-colonel Nicolas Künkel, commandant la gendarmerie des voies navigables (CGVN), est désigné directeur d'Aquapol par le Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN). Il portera dorénavant la voix des vingt-trois forces de police auprès des instances européennes pour valoriser les savoir-faire de la communauté et défendre ses attentes. Dans le cadre de cette nouvelle mission, il est appuyé, depuis le 1er septembre 2019, par une experte juridique.

Coordination des forces

Cette réunion du Conseil a également placé la lutte contre le terrorisme et les menaces pesant sur les grands ports européens comme point d'attention du plan d'action annuel 2020.

L'intervention du colonel Bisognin, chargé de mission "sécurité des mobilités" auprès du DGGN, a mis en perspective les menaces émergentes susceptibles de porter atteinte à la sûreté maritime, fluviale et portuaire auxquelles les polices maritimes et fluviales de l'Europe doivent désormais faire face.

Aquapol est force de proposition auprès de la Direction générale de la pêche et des affaires maritimes (DG MARE) et de la Direction générale de la mobilité et des transports (DG MOVE) de l'Union Européenne pour que les projets de textes réglementaires intègrent au mieux les préoccupations et les besoins des forces de sécurité intérieure : sûreté maritime et portuaire, contrôle des titres et qualifications des équipages, lutte contre les trafics de déchets, contre le travail illégal, etc.

Articulé autour de quatre hubs géographiques, le réseau privilégie l'action concrète à travers l'organisation de semaines de contrôles coordonnés, le partage de retours d'expériences et la transmission des savoir-faire via l' « Aquapol academy » organisée en 2018 et 2019 sous financement FSI par la gendarmerie maritime.

Le bilan des activités réalisées en 2019 sous la coordination des quatre présidents de hubs et la validation du plan d'action 2020, initié par la nouvelle équipe de direction française, ont occupé une large partie des échanges.

Des moyens innovants

Pendant ce Conseil, les membres du réseau se sont vus présenter par le Service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieur ST(SI)² la nouvelle application Aquatrack. Disponible depuis janvier 2019, elle a été développée par Cap Gémini en lien avec le CGVN et la SDSPSR.

Une cartographie alimentée en temps réel par des antennes-relais, développées par le service central des réseaux et technologies avancées, offre ainsi aux agents de contrôle une vision précise de la situation maritime et fluviale.

L'interconnexion de trois bases de données (Ibisweb, Marpolweb et Marsecweb) permet d'enregistrer et de consulter tous les contrôles de sûreté réalisés en mer, dans les eaux intérieures et dans les ports par les membres du réseau.

Clôturée le jeudi 12 décembre 2019 par le général Lavergne, cette réunion du Conseil aura contribué à la valorisation de l'expertise des pays membres impliqués dans cette police du milieu et à la consolidation de partenariats s'inscrivant au-delà de nos frontières.