Publication de la troisième édition de l’état de la menace liée au numérique

auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le

Établi par l’ensemble des services du ministère de l’Intérieur, sous la coordination de la Délégation ministérielle aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces, ce document dresse un panorama complet des enjeux, des menaces et des réponses apportées par le ministère.

La troisième édition de l’état de la menace liée au numérique, réalisée par l’ensemble des services du ministère de l’Intérieur, sous la coordination de la Délégation ministérielle aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces (DMISC), est en ligne sur le site du ministère.

Ce document dresse un panorama complet des enjeux, des menaces et des réponses apportées par le ministère, « faisant du thème de la cybersécurité et de la lutte contre la cybercriminalité un engagement essentiel de l’État et une question primordiale de la protection des citoyens ».

En effet, la numérisation de notre quotidien ouvre une voie royale aux cybercriminels. Leurs outils se sophistiquent, de nouveaux phénomènes émergent, ciblant les particuliers, les acteurs économiques, ainsi que les institutions. Une menace sans frontière, polymorphe et en pleine expansion, qui se pose en véritable défi pour les forces de sécurité intérieure du monde entier, amenées à élaborer des stratégies de lutte communes.

Émergence de nouveaux phénomènes

Selon ce rapport, plusieurs phénomènes ont pu être observés cette année.

Ainsi, les attaques par rançongiciel semblent davantage cibler les grandes entreprises ayant la capacité de payer des rançons très élevées.

De même, un phénomène de « sextorsion », portant sur un chantage à la webcam prétendument piratée est apparu fin 2018.

Enfin, les malwares bancaires semblent en plein essor sur les smartphones et les attaques de distributeurs bancaires par jackpotting se sont intensifiées et diversifiées.

Les fraudes à la carte bancaire poursuivent leur évolution avec des outils de skimming de plus en plus sophistiqués, souvent déployés par des groupes criminels d’Europe de l’Est. Touchant désormais tout type de distributeurs automatiques, le nombre de piratages est toutefois en très forte baisse depuis 2015.

Le nombre de harcèlements au moyen d'un service de communication en ligne a doublé entre 2016 et 2018.

Enfin, le nombre d’infractions à la loi « Informatique et Libertés », stable en 2016 et 2017, est en hausse en 2018 (+ 14 %), année de l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Le rapport précise également que sans avoir un caractère exhaustif, l’étude menée sur l’ensemble des faits portés à la connaissance de la gendarmerie montre une tendance globale en hausse de 7 % par rapport à 2017 ; plus de 73 % de ces infractions étant des escroqueries liées à Internet.

La cybercriminalité est l’une des grandes menaces de ce XXIe siècle, et un véritable défi pour les forces de sécurité intérieure du monde entier. Ce dossier met en lumière l’engagement de la gendarmerie dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité et dans celui de la cybersécurité. Structurée autour d’un réseau territorial dynamique, la maîtrise de ces espaces numériques s’appuie également sur les capacités d’adaptation et d’innovation de l’Institution et de l’ensemble de ses personnels.

La menace Cyber

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8 600 gendarmes et policiers veillent sur Internet

Face à ces menaces numériques, les directions et services du ministère de l’Intérieur jouent quotidiennement un rôle de prévention, de protection, d’investigation et d’innovation.

Le ministère de l’Intérieur précise d’ailleurs que plus de « 8 600 gendarmes et policiers veillent sur Internet, surveillent les contenus illicites, traquent les délinquants et mènent l’enquête ».

Pour faire face à cette criminalité numérique, la gendarmerie a ainsi mis en place un réseau structuré d’enquêteurs et de techniciens spécialisés, Cybergend, qui forme une chaîne globale et cohérente de 4 500 gendarmes. Sur le haut du spectre des enquêtes liées à la cybercriminalité ou impliquant des preuves numériques, les unités de gendarmerie peuvent s’appuyer sur les experts du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale. D’un côté, le département Informatique-électronique (INL), qui entre en scène dès lors que l’analyse technique d’un support requiert une expertise ou un matériel spécifique. De l’autre, le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), qui allie capacités d’investigations judiciaires et de renseignement criminel.

Saluant l’implication de l’ensemble des services de l’État engagés quotidiennement pour protéger les Français dans le cyberespace, Christophe Castaner invite « chacun à s’approprier les enjeux de sécurité numérique pour faire de la cybersécurité une véritable culture nationale, garante d’une société résiliente ».

Pour toute information complémentaire sur ce rapport : dmisc@interieur.gouv.fr

 

Auteur : le commandant Céline Morin