Côtes-d’Armor : un gendarme sauve la vie d’un homme suicidaire

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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Le 15 septembre dernier, le gendarme Edouard Busson est intervenu à temps à la pointe de Pléneuf-Val-André (22), empêchant un homme désespéré de se jeter de la falaise. Un acte héroïque qu’il raconte avec une grande modestie.

 

Le 15 septembre dernier, alors qu’il s’adonne à son jogging matinal en suivant la côte, un homme aperçoit une tête tanguer au milieu des rochers, au moins quinze mètres en dessous du sentier des douaniers. Comprenant rapidement qu’il s’agit d’une démarche suicidaire, il rejoint l’individu et tente de discuter, en vain. Impuissant, le joggeur demande à une passante d’appeler les secours.

C’est le gendarme Busson, formé justement il y a quelques mois sur les situations suicidaires, qui part sur l’intervention ce matin là. À son arrivée sur les lieux, il rejoint rapidement le joggeur et prend le relais auprès du septuagénaire, tandis que son binôme reste plus haut pour anticiper l’arrivée des pompiers et du Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP). Déterminé, l’homme s’est placé sur un éperon rocheux, à seulement 50cm du vide ! Après avoir décliné son adresse, il se mure dans le silence malgré les questions du gendarme. Accroupi à trois mètres de lui, Edouard continue de lui parler et tente au moins d’accrocher son regard, mais rien n’y fait, l’homme continue de lui tourner le dos.

L’effet tunnel au bord de la falaise

Cinq longues minutes s’écoulent et soudain, alors qu’un pompier tente de se frayer un chemin jusqu’à eux, l’homme recule d’un pas et balance ses bras pour prendre de l’élan ! Le gendarme Busson n’écoute alors que son courage : « J’ai agi instinctivement. Je n’ai pas réfléchi sur l’instant, c’est l’effet tunnel. Je me suis relevé et j’ai bondi d’un coup derrière lui. Je l’ai saisi sous les bras et me suis jeté en arrière, au plus près de la paroi. Il y avait environ 1,50 mètres derrière lui. Je voulais l’éloigner du vide. J’ai encerclé ses jambes avec les miennes. On s’est assis et j’ai crié : Je l’ai ! », relate-t-il avec humilité auprès du journal Ouest France. Les pêcheurs observent toute la scène, impressionnante, depuis la cale.

Malgré l’intervention du militaire, le septuagénaire pris par le désespoir, continue de se débattre ! Heureusement, le gendarme Busson est rapidement rejoint par le pompier et les deux hommes maintiennent ainsi l’individu pendant près d’un quart d’heure, le temps qu’il se calme. Finalement, celui-ci est remonté par le GRIMP sur la terre ferme du sentier, à l’aide de cordes et d’un baudrier.

Il est aussitôt pris en charge par les pompiers et transporté à l’hôpital de Saint-Brieuc.

Après cet acte héroïque au bord de la falaise, le gendarme Busson a repris le cours normal de sa journée, enchaînant d’autres interventions et relativisant son geste de la matinée en considérant qu’il « est aussi là pour ça ». Pour autant, ses collègues et le patron de la compagnie, le commandant Bélier, n’ont pas manqué de le féliciter chaleureusement pour son action !