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Isère : les gendarmes saisissent du cannabis dans un commerce de CBD

Auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le
Temps de lecture: ≃2 min.

Neuf personnes, soupçonnées de participer à un vaste trafic international de stupéfiants, ont été interpellées en Isère et dans la Loire, lundi 15 novembre 2021, par les gendarmes de la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Grenoble.

L'affaire a pour origine une information donnée par la douane à la Cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS). L'interception par les douaniers d'un colis en provenance de Rome de 3,7 kilogrammes d'herbe de cannabis a conduit à s’intéresser à son destinataire, un auto-entrepreneur de Varces-Allières-et-Risset, âgé de 29 ans, œuvrant dans le commerce du cannabidiol (ou CBD). Les enquêteurs de la Brigade des recherches (B.R.) de Grenoble parviennent à démontrer que son activité sert d'écran à un important trafic international de stupéfiants.

Sous l’apparence légale d'une entreprise numérique, avec un site internet associé, les trafiquants ont envoyé plus de 2 000 colis par mois à des clients, en France mais aussi à l'étranger. Cette organisation leur assurait près de 300 000€ de recettes mensuelles. Trois sociétés, deux en Isère (Grenoble et Varces-Allières-et-Risset) et une dans le Piémont (Turin), servaient à conditionner et envoyer la marchandise. Le montage financier mis en place permettant de frauder les administrations et de blanchir d'importantes sommes d'argent.

Avec l'appui de la Guardia Di Finanza

À l'issue des perquisitions, la saisie en marchandise brute s'élève à 535 kilogrammes d'herbe et 57 kilogrammes de résine de cannabis, représentant 5 millions d'euros à la revente. Pour mener à bien ses investigations, la B.R. de Grenoble a pu bénéficier de l'appui de la Guardia Di Finanza, preuve de l'importance et de l’efficacité de la coopération européenne dans ce type d’affaire. À noter d'ailleurs que plus de 245 000 euros ont été saisis sur un compte bancaire italien.

À l’issue des gardes à vue, trois hommes et une femme, âgés de 29 ans à 22 ans, ont été présentés le 17 et le 18 novembre devant la juge d’instruction, qui les a mis en examen pour trafic de stupéfiants, exécution d’un travail dissimulé, blanchiment général et blanchiment de trafic de stupéfiants.

Ils ont fait valoir pour leur défense qu’ils revendaient du CBD, et non du cannabis, alors même que l’analyse de nombreux échantillons démontrait que la drogue saisie avait un taux de THC en moyenne 4 fois supérieur au taux légal de 0,2 %.

Ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Le parquet, qui avait fait des réquisitions de détention provisoire pour le principal protagoniste, a fait appel du refus de placement en détention.