Lancement d’une application de signalement des violences anti-LGBT

auteur : Morgane Jardillier - publié le

Les associations LGBT+ déplorent régulièrement la recrudescence des actes anti-LGBT, considérant que les phénomènes de haine homophobe, transphobe ou sérophobe sont méconnus. De leur point de vue, le nombre de faits enregistrés par la police et la gendarmerie ne refléterait pas la réalité de ces actes, au motif que de nombreuses victimes ne déposeraient pas plainte par appréhension ou face à la difficulté d’obtenir des condamnations.

L’association de policiers et de gendarmes LGBT FLAG ! a donc mis en place une plate-forme gratuite de signalement pour les victimes et les témoins de violences physiques ou verbales LGBTphobes, de sérophobie, de violences conjugales, notamment au sein des couples LGBT+, aussi bien sur Internet, qu'à domicile, sur la voie publique ou encore sur le lieu de travail. Soutenu notamment par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT et la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, le déploiement de l’application a été accéléré en raison des violences identifiées ces dernières semaines dans le contexte de crise sanitaire.

Sur cette plate-forme, l’acte de violence est caractérisé, daté et localisé. À l’issue du signalement, la victime, en fonction de son statut et de l’acte signalé, est orientée vers les interlocuteurs appropriés (dépôt de plainte, pré-plainte en ligne, signalement Pharos, Plateforme des violences sexistes et sexuelles, officier de liaison LGBT, 119 Enfance en danger, associations spécialisées, etc.).

L’utilisateur reste anonyme : il entre seulement des informations générales sur sa tranche d’âge, sa catégorie socio-professionnelle et son genre, charge à lui ensuite de contacter les interlocuteurs suggérés.

Ces signalements vont ainsi permettre d’alimenter une cartographie précise, facilitant le travail des pouvoirs publics pour développer efficacement des politiques et des actions publiques ciblées en faveur de la lutte contre les violences sexistes, anti-LGBT et sérophobes. Un comité scientifique réalisera annuellement une étude sociologique sur la base des signalements obtenus.