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Seine-et-Marne : les gendarmes de Meaux retrouvent 80 objets religieux volés

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
Temps de lecture: ≃2 min.

Après plusieurs mois d’investigations, les gendarmes de la Brigade de recherches (B.R.) de Meaux, appuyés par des enquêteurs de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC), ont identifié l’auteur à l’origine des vols de près de 80 objets de culte, ainsi que ses receleurs.

Cela pourrait relever du miracle si cela n’avait pas demandé des mois d’enquête aux gendarmes franciliens. Si les églises demeurent un lieu d’asile et restent ouvertes au public, les clochers de France sont « peu fréquentés et quelques peu délaissés » laissant libre cours aux voleurs a fait remarquer au Figaro, Laureline Peyrefitte, procureure de la République de Meaux.

Au delà des « classiques » pillages de troncs, une série de vols d’objets a ainsi été constatée depuis un peu moins d’un an, touchant notamment les lieux de culte de Seine-et-Marne.

C’est finalement le vol de quatre objets dans l’église de Cocherel (77), le 8 novembre dernier, qui va mettre les enquêteurs de la B.R. de Meaux sur la voie, non pas du Seigneur, mais de l’auteur ! Ce jour-là, la porte de l’édifice est retrouvée enfoncée. Deux statues en plâtre, représentant Saint Joseph et Jeanne d’Arc, mais aussi deux reliquaires, y ont été dérobés. Le soir même, un conseiller municipal retrouve la statue de Jeanne d’Arc en vente sur internet. Le vendeur est identifié et localisé, permettant aux gendarmes de l’interpeller, quelques jours plus tard, sur la commune de Montrouge (92). Celui-ci reconnaît être l’auteur du vol, mais aussi de bien d’autres.

Le vol d’objets cultuels, fléau du patrimoine religieux français

Dès lors, à travers leurs investigations et rapprochements, les enquêteurs, appuyés par l’OCBC, s’aperçoivent que ce sont près de 80 objets de culte qui ont été dérobés et revendus, soit environ 60 000 euros de préjudice. Trois receleurs sont identifiés, les différents objets sont finalement retrouvés, et 41 d’entre eux sont remis à leurs propriétaires.

Malgré un appel à témoins lancé sur les réseaux sociaux et dans la presse, 39 pièces n’ont pu être reconnues. L’ensemble de ces scellés a finalement été restitué, le 31 mars dernier, au diocèse de Meaux. Le même jour, l’auteur présumé a été présenté au parquet de Meaux pour un placement sous contrôle judiciaire. Ce dernier, ainsi que les trois receleurs, seront convoqués très prochainement pour être jugés devant le tribunal correctionnel. « Des vols surviennent régulièrement dans les églises en France, il est rare que nous récupérions les objets. Il faut être ultra-rapide pour cela et les enquêteurs l’ont été. C’est une réussite !», s’est exprimé Guillaume de Lisle, vicaire général du diocèse de Meaux, auprès de La Marne.