Culture

GIGN, la B.D. : dans les coulisses de sa création

Auteur : le commandant Céline Morin et Elsa Vives-Servera - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
La bande dessinée évoque notamment l'intervention du GIGN lors de la prise d'otages du vol 8969 Air France à Marignane.
© D.R.

Le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale est pour la première fois au cœur d’une bande dessinée, qui sort ce 27 septembre, aux Éditions A&H. L’ouvrage est le fruit de la collaboration de Jean-Luc Calyel, ancien gendarme du Groupe et scénariste, et de Pascal Pelletier, militaire de l’armée de Terre et dessinateur. Tous deux racontent la genèse et la réalisation de ce projet, porté par l’éditeur, Laurent André, lui-même ancien de l’aéronavale.

 

Pascal Pelletier, vous êtes le dessinateur de cette bande dessinée. Comment est né ce projet ?

CC1 Pascal Pelletier : Jean-Luc Calyel, l’auteur, et moi-même avons été réunis par l’éditeur Laurent André, qui nourrissait depuis un certain nombre d’années le souhait de réaliser une bande dessinée sur le GIGN. Il m’a présenté ce projet quand je l’ai rencontré il y a un an, lors d’un salon du livre qui se déroulait près de chez moi, et j’ai tout de suite été emballé. Ça me changeait complètement de ce que j’avais l’habitude de faire. Parallèlement, il a proposé à Jean-Luc, qu’il connaissait déjà, d’écrire un scénario qui tiendrait sur une cinquantaine de pages pour réaliser une bande dessinée. Nous nous sommes rencontrés tous les trois en septembre 2018 à Paris, autour d’un café, et de là, l’idée s’est concrétisée.

Vous êtes donc militaire et dessinateur…

Je cumule en effet les deux casquettes. J’ai commencé à dessiner à l’âge de 10 ans, en autodidacte. J’ai tout appris sur le tas, en regardant comment faisaient les autres, sans suivre de cours. Je m’y suis vraiment consacré à partir de 2003-2004, et dès 2012, j’ai commencé à auto-éditer mes premières bandes dessinées, sur le thème des super-héros, dans le style des comics américains. Avant d’être affecté au bureau du recrutement de l’armée de Terre, j’ai également eu la chance de pouvoir mettre mes compétences de dessinateur au service du Sirpa Terre, où j’ai été affecté de 2011 à 2014. J’y ai réalisé de multiples infographies sur les armes et les matériels de l’armée de Terre ainsi que divers supports médiatiques.

Comment avez-vous travaillé sur ce projet avec le scénariste ?

C’était la première fois que je travaillais en équipe. C’est une autre méthode de travail, une autre approche, mais c’est intéressant.

Nous avons dû travailler à distance. Jean-Luc a écrit les six chapitres au fur et à mesure et on a travaillé au fil de l’eau. Je préparais les planches, puis je lui envoyais les croquis pour qu’il vérifie la cohérence et l’authenticité de mes dessins. À son tour, il me transmettait les corrections à apporter sur les différentes cases. En tant que militaire, j’ai quelques connaissances, mais tout ce qui touche au groupe d’intervention de la gendarmerie est plus complexe. Jean-Luc, étant lui-même un ancien du Groupe, a naturellement une connaissance plus approfondie du sujet et apportait son œil d’expert. Notre culture militaire commune a facilité ces échanges. Et comme ça, de fil en aiguille, nous avons construit l’histoire…

Comment se déroule l’élaboration d’une planche ?

À partir du scénario, je commence par un faire des croquis au crayon sur une feuille de papier que je scanne pour ensuite travailler le dessin sur ordinateur. Je conserve le croquis en noir et blanc, que j’envoie au scénariste pour validation. J’apporte ses corrections sur la planche tant que de besoin et une fois que c’est bon, je la passe au propre, c’est-à-dire à l’encrage sur l’ordinateur, puis la couleur.

C’est un travail qui prend énormément de temps. Pour faire une planche basique, il faut compter une dizaine d’heures. Dès que cela devient plus complexe, avec de nombreux détails, il faut bien tabler sur 17 heures de travail.

Comme cette activité vient en plus de mon travail quotidien, je ne commence à travailler sur les dessins qu’à partir de 21 heures jusqu’à une heure du matin. Tout ça pendant neuf mois pour ce projet…

Envisagez-vous d’ores et déjà une suite ?

Dans cette B.D., il n’y a rien qui indique qu’il y aura une suite… L’album peut se lire seul. Cela dit, tout reste ouvert pour l’avenir… Mais pour l’instant, on attend de voir si cet album est un succès. En fonction de l’accueil du public, on prendra la décision de faire une suite ou pas…

Avez-vous d’autres projets en cours à titre personnel ?

J’ai créé un personnage, le Coq Gaulois, un super-héros français, dont le deuxième volume devrait en effet sortir à Noël, sur le site des Éditions A&H (lestemps.fr).

Suivez l’actualité de Pascal Pelletier sur les réseaux sociaux : Galaxie Comics Studios, Le Coq Gaulois et Éditions Aeth.