Sport

Anthony, gendarme de fer

Auteur : Antoine Faure - publié le
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Le 8 octobre prochain, l’adjudant Anthony prendra le départ de l’Iron Man d’Hawaï, les championnats du Monde de triathlon. Un véritable défi sportif.

Iron Man : en anglais, l’homme de fer. Ce vocable super-héroïque désigne le défi sportif hors-norme que se lancent de plus en plus d’athlètes à travers le monde. Une épreuve d’endurance emblématique consistant à enchaîner 3,8 kilomètres de natation, 180,2 kilomètres de cyclisme, puis une petite course à pied de 42,195 kilomètres pour terminer !

Cette idée de fou est née à la fin des années soixante-dix, dans l’État d’Hawaï. À l’origine, une discussion animée entre coureurs, nageurs et cyclistes pour savoir qui est le meilleur athlète. Afin de trancher sportivement le débat, un commandant de l’US Navy, John Collins, suggère d’organiser une compétition réunissant les trois courses les plus éprouvantes disputées sur l’île : le Waikiki Roughwater Swim, la course cycliste Around-Oahu et le marathon d'Honolulu.

Depuis, chaque année, se déroule donc à Hawaï ce super-triathlon, qui réunit les athlètes du monde entier. Le 8 octobre prochain, ils seront 5 000 sur la ligne de départ. Et parmi eux, un gendarme.

Une chance à saisir

Actuellement à la Division zonale opérations emploi de la Région Bretagne, l’adjudant Anthony a découvert le triathlon en 2013, en Corse, lors de son affectation sur l’île comme motocycliste en brigade motorisée. « Le sport fait partie de ma vie depuis mon plus jeune âge. Je pratiquais la course à pied, mais les paysages de Corse m’ont incité à opter pour le triathlon. » La température de l’eau, propice aux longues traversées à la nage, y est sans doute pour quelque chose, même pour ce Breton de naissance.

Anthony accumule donc les kilomètres, à pied, à la nage, à vélo, augmente progressivement les distances, fait tomber les chronos. Pour fêter son quarantième anniversaire, en 2017, il participe à son premier Iron Man, l’Embrunman qui, comme son nom l’indique, se déroule chaque été à Embrun, dans les Hautes-Alpes. « L’Iron Man, c’est l’épreuve ultime quand on a goûté aux joies du triathlon », assure-t-il.

De retour dans son fief breton d’origine en 2018, affecté au Peloton motorisé de Rennes, il ne relâche pas son effort, multiplie les sorties à vélo, s’entraîne à la natation, d’abord avec le club de garnison de Rennes, puis, depuis 2021, avec les membres du club de Rennes Triathlon. En 2021, il boucle l’Iron Man de Vichy. Il approche alors les 45 ans et une idée commence à germer dans son esprit : se qualifier pour celui d’Hawaï, les championnats du Monde de la discipline. « Je me suis dit que c’était le bon moment, puisque je serais l’un des plus jeunes de ma catégorie d’âge, celle des 45-49 ans. Il y avait une chance à saisir. » À partir du mois de novembre 2021, il durcit encore son entraînement. En tout, plus de 14 heures hebdomadaires réparties sur les trois sports.

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Aucune limite d’âge !

Le 26 juin 2022, il prend le départ de l’Iron Man de Nice, qualificatif pour ces championnats du Monde. Il y signe son meilleur temps (11 h 02), termine 196e sur 1 900 participants, décrochant ainsi le dernier des six précieux tickets pour Hawaï, dans sa catégorie d’âge. « Une grande surprise et une immense joie ! »

La course aura lieu le 8 octobre prochain. Anthony arrivera sur place dix jours avant, afin de récupérer des 12 heures de décalage horaire et de s’adapter aux conditions climatiques. « Le parcours n’est pas spécialement difficile, estime l’adjudant. Il est vallonné bien sûr, mais moins que celui de Nice. La difficulté viendra plutôt de la chaleur, du fort taux d’humidité et surtout du vent, notamment lors de l’épreuve cycliste. »

Anthony aura pour objectif de terminer l’épreuve, et si possible d’améliorer encore son record personnel. Puis, il se projettera vers les championnats de France de duathlon (épreuve de vélo et de course à pied, sans natation, NDLR). « J’adore m’entraîner, c’est essentiel pour mon équilibre de vie. Et j’ai besoin pour ça d’un objectif, d’un but à atteindre », résume-t-il.

Il retentera peut-être un jour – qui sait ? – de se qualifier à nouveau pour l’Iron Man d’Hawaï, puisque les participants les plus expérimentés affichent fièrement les 70 ans au compteur. Anthony confirme : « Je ne me fixe aucune limite d’âge ! »