Sport

Handisport : l’adjudant Jérémy guide de para-triathlon

Auteur : Antoine Faure - publié le
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Le 17 avril dernier, le binôme composé du para-triathlète Antoine Pérel et de son guide, l’adjudant Jérémy, gendarme à l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 23/6 de Grasse, a remporté le para-triathlon de Montélimar. Une belle victoire qui en appelle d’autres.

Remporter un para-triathlon en binôme constitue déjà d’une performance remarquable en soi, mais elle l’est d’autant plus si les membres dudit binôme ne se connaissaient pas trois jours avant ! Le 17 avril, le para-triathlète Antoine Pérel (6e au Jeux Paralympiques de Tokyo) et son guide, l’adjudant Jérémy, gendarme à l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 23/6 de Grasse, ont remporté le para-triathlon de Montélimar. « C’était notre première course, relève Jérémy. J’étais en stage avec l’équipe de France militaire de triathlon lorsque j’ai été contacté par l’entraîneur de l’équipe de France de para-triathlon. Il cherchait un guide pour renforcer le groupe en vue des Jeux Paralympiques de 2024. »

Des yeux à l’écoute

En para-triathlon, le guide a un rôle essentiel. Il est les yeux de l’athlète malvoyant ou non-voyant pendant l’épreuve sportive, lui donne des indications sur le parcours, la concurrence, les allures de course, les changements de trajectoire ou de direction, les différentes difficultés du parcours (virages à angle droit, cols, passages à niveau…), mais l’accompagne aussi avant et après la course, afin d’assurer sa sécurité. Le guide doit être à l’écoute, avoir le sens de l’anticipation et faire preuve de bienveillance.

« Au départ, je devais être le guide n° 2 d’Antoine, poursuit Jérémy, mais son guide habituel étant indisponible, j’ai dû le remplacer au pied levé. » Attachés au niveau de la jambe sur les 700 mètres de natation, en tandem sur les 25 kilomètres de vélo, liés par des menottes - le comble pour un gendarme - sur les 5 kilomètres de course à pied, le para-triathlète et son guide doivent former un binôme particulièrement soudé !

« Il faut que le courant passe, confirme l'adjudant. D’autant que ce rôle de guide dépasse largement le cadre de l’épreuve sportive. On devient guide dans la vie de tous les jours, pour tous les gestes du quotidien. C’est un engagement fort. On a eu trois jours pour s’entraîner et apprendre à se connaître, mais ça s’est bien passé. » La preuve : cette superbe victoire à Montélimar, en 1 heure 9 minutes et 33 secondes, sur une course qualificative pour les championnats d’Europe, qui auront lieu à Olsztyn, en Pologne, le 28 mai 2022.

Jérémy ne pourra pas y participer, mais il a une bonne excuse : la naissance imminente de sa première fille. En revanche, le triathlète de haut niveau envisage de mettre sa carrière individuelle entre parenthèses pour se consacrer pleinement à ce rôle de guide, avec en ligne de mire les Jeux de 2024.