Sport

Léa, gendarme mobile et judoka de haut niveau, en « prépa » en Irak

Auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© Tous droits réservés

Sélectionnée pour le championnat d’Europe militaire de judo, qui aura lieu le 27 août 2022 à Banská Bystrica, en Slovaquie, la gendarme Léa s’est préparée à Bagdad, en Irak, où elle était engagée avec dix militaires de son unité, l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 13/9 de Calais, sur une mission de protection de l’Ambassade de France. Elle revient sur son entraînement, dans des conditions particulièrement dégradées pour une sportive de haut niveau.

« Le 3 juin 2022, alors que j’étais engagée sur une mission de trois mois de protection de l’Ambassade de France à Bagdad, en Irak, avec l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 13/9 de Calais, j’apprends ma sélection en équipe de France pour les championnats d’Europe militaire de judo, qui se dérouleront le 27 août 2022 à Banská Bystrica, en Slovaquie.

Tempête de sable et courtes nuits

Tout en continuant à mener à bien ma mission, avec une moyenne de 10 heures de service par jour, souvent de nuit, j’ai donc dû aménager mes journées pour pouvoir m’entraîner. Afin de perdre plusieurs kilos, pour repasser dans ma catégorie de poids, j’ai aussi dû adapter mon alimentation, tout en veillant à manger assez pour rester opérationnelle et tenir toute la journée. J’ai également dû travailler ma technique et mes automatismes… Et ce, sans mon kimono et avec la pelouse de l’Ambassade en guise de tatami !

Il a fallu prendre en compte d’autres facteurs, notamment le sommeil, qui n’est bien sûr pas aussi réparateur qu’à l’accoutumée lorsque l’on est sur écoute radio 24h/24 et 7j/7. Sans oublier que le fonctionnement des générateurs de courant, la boîte de nuit accolée à l’Ambassade et les appels à la prière ont écourté certaines nuits !

Lea_4.jpg
© Tous droits réservés

Il a également fallu tenir compte de la température extérieure, frisant souvent les 50° C, et donc aménager les séances de sport. Fournir le moindre effort sous cette chaleur demande beaucoup d’énergie. Sachant qu’à la fin de la mission, des mesures de précaution ont été prises par l’Ambassade, en raison d’une hausse du taux d’infection à la Covid-19 en Irak, ce qui impliquait de favoriser les séances en extérieur, aux dépens des machines de cardio et des appareils de musculation, et de réorganiser le planning d’entraînement en conséquence.
Enfin, les nombreuses tempêtes de sable et/ou de poussière ayant eu lieu à cette période n’ont pas facilité les choses, les poumons étant constamment mis à mal.

Lea_1.jpg
© Tous droits réservés

Amby et Marco, les sparring partners

La contrainte opérationnelle et la disponibilité de tous les instants ont souvent raccourci certaines séances, au profit d’une mise en place d’un plan de défense, ou d’un renfort nécessaire pour accomplir une tâche.

Durant toute la durée de la mission, je n’ai disposé d’aucun jour de repos, ni d’aucune sortie de l’ambassade, pour réellement pouvoir souffler et me reposer, mais j’ai pu bénéficier des infrastructures du bâtiment, d’un préparateur physique personnel, afin d’avoir des séances adaptées et un suivi optimal, ainsi qu’un coach mental, en la personne d’un Garde de sécurité diplomatique (GSD) formé aux méthodes TOP (Techniques d'Optimisation du Potentiel) et ORFA (Optimisation des Ressources des Forces Armées).

J’ai également eu la chance de ne pas m’entraîner seule et d’être entourée de Marco, qui pratique la boxe à haut niveau, et d’Amby, GSD et gendarme permanent de l’ambassade, qui pratique, lui, le MMA (arts martiaux mixtes). Avec ce dernier, qui pèse le double de mon poids, j’ai dû travailler en m’appuyant sur la technique ! »

Lea_3.jpg
© Tous droits réservés