Sport

Margot renoue le fil

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© Tous droits réservés

Membre de l’équipe de France d’aviron handisport, Margot Boulet a signé, le 29 octobre, un contrat de Sportif de haut niveau de la Défense (SHND) avec la gendarmerie nationale. Une manière pour la jeune femme, qui s’était gravement blessée en stage avec le GIGN, de poursuivre son histoire avec la gendarmerie.

Jusqu’ici tout se passait « comme sur des roulettes », comme elle dit. « Et puis en une seconde, tout s’est arrêté ». C’était en 2017. Margot a alors 27 ans, et elle est en stage de formation avec le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), à Pau. Grande sportive, nageuse de haut niveau, elle avait franchi l’étape du pré-stage avec succès, après l’école de sous-officiers de Tulle, et une première affectation au 3e escadron du régiment de cavalerie de la garde républicaine. Dès le début, un seul objectif en tête : intégrer le « Groupe ». « L’esprit de corps, le dépassement de soi, je savais que c’était pour moi. »

Un exercice de parachutisme a brutalement changé ses plans. Fracture de la première lombaire et de la cheville gauche. Le chirurgien, à qui elle demande si elle pourra reprendre un jour ses activités sportives, lui répond, sans ménagement, qu’elle aura déjà du mal à remarcher… Le coup est rude, mais il en faut plus pour décourager Margot. « C’était le meilleur moyen pour me remotiver. J’ai eu tout de suite envie de lui prouver le contraire ! »

« L’impression d’avoir surmonté l’obstacle »

Six mois d’hospitalisation, sept opérations, trois ans de rééducation… En termes militaires, on appelle ça un parcours du combattant. Le mot convient à Margot, qui refuse de baisser les bras, et va mener un vrai combat au quotidien pour, petit à petit, se reconstruire par le sport. Dès 2018, elle reprend progressivement la compétition avec son club de natation de Provins. Elle se rend aussi régulièrement au club d’aviron dont s’occupent ses parents, où elle conseille les adolescents sur les techniques d’échauffement et de renforcement musculaire.

Elle y rencontre un entraîneur de la Fédération française d’aviron, qui lui souffle qu’une place vient de se libérer dans l’un des bateaux engagés pour les Jeux paralympiques, prévus à l’été 2020, à Tokyo… Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, et Margot, sans avoir jamais fait d’aviron à haut niveau, commence les stages de préparation avec l’équipe de France ! « C’est un sport qui ressemble un peu à la natation, assure-t-elle. Il y a des techniques d’appui et de glisse comparables. »

COVID oblige, les Jeux ont été reportés. Pas vraiment un coup dur pour Margot. « J’y ai vu une opportunité pour améliorer ma technique. » Margot profite aussi du confinement pour peaufiner sa candidature au CNSD (Centre national des sports de la Défense). « Je devais être officiellement réformée de la gendarmerie à l’été 2021. J’ai demandé à l’être par anticipation pour pouvoir postuler. C’était le bon moyen pour moi de tourner la page. »

Signature du contrat de Sportive de haut niveau de la Défense (SNHD) à l'école de gendarmerie de Fontainebleau.

© Gendarmerie nationale

Réformée le 27 octobre, elle signe son contrat de SNHD (Sportif de haut niveau de la Défense) le 29, à l’école de gendarmerie de Fontainebleau. « J’aurais pu rejoindre une autre force, mais ça avait du sens pour moi de reprendre le fil de mon histoire avec la gendarmerie, de pouvoir la représenter à travers mon sport. C’est une grande fierté. »

Margot et ses coéquipiers se préparent actuellement pour les Jeux de Tokyo, avec, dans un coin de leur tête, ceux de Paris qui suivront en 2024. « C’est un peu une revanche sur la vie, dit-elle. Je n’ai jamais abandonné, jamais baissé les bras et, maintenant, j’ai vraiment l’impression d’avoir surmonté l’obstacle. »