Sport

Tir à l’arc : dans le viseur de Lisa Barbelin

Auteur : Pablo Agnan - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© World Archery

Tout juste sacrée championne d’Europe de tir à l’arc, la maréchale des logis Lisa Barbelin s’apprête à disputer sa première olympiade. Passionnée par le domaine de la police technique et scientifique, la Lorraine de 21 ans a dans sa ligne de mire une médaille.

Lisa Barbelin a débuté son été 2021 comme une flèche. Début juin, la jeune archère était sacrée championne d’Europe de tir à l’arc en Turquie, 48 heures seulement après avoir décroché sa place pour les Jeux olympiques de Tokyo. Un titre qui, au passage, échappait aux Françaises depuis 2008. Pour sa première participation aux Olympiades, à seulement 21 ans, l’archère se dit « très fière », sans « vraiment réaliser » ce qu’il lui arrive.

Originaire du village de Ley, en Moselle, Lisa Barbelin découvre le tir à l’arc à neuf ans, « un peu par hasard », avoue-t-elle. « Mon oncle était licencié dans un club et un jour, je suis venue avec lui pour essayer. » Depuis, l’arc est resté dans sa ligne de mire, même si, entre-temps, elle a essayé d’autres disciplines, comme le handball ou bien encore l’escalade, « mais le tir à l’arc était toujours présent ; c’était la seule activité où je faisais de la compétition. »

Hunger games

La compétition, justement, est très ancrée dans le caractère de la jeune championne d’Europe. « J’ai un esprit très compétiteur », reconnaît-elle. Une mentalité qu’elle partage avec son entraîneur. Si le tir à l’arc est un sport individuel, les relations entre le tireur et le coach sont déterminantes dans le haut niveau. « Il apporte un plus, confie-t-elle, car j’ai beaucoup d’énergie et j’ai besoin d’être canalisée. Depuis 2019, nous avons appris à nous parler, à fusionner nos esprits. »

Cette énergie se retrouve dans son comportement. En août 2020, elle apprend que son dossier de candidature est retenu pour intégrer l’Armée des Champions. « Au début, lorsque j’ai été contactée, on m’a annoncé que c’était la gendarmerie au téléphone et là, j’ai eu peur, rigole-t-elle. Puis, quand j’ai compris, j’ai sauté de joie partout où je le pouvais ! »

Des experts au… tir à l’arc

Cette volonté d’intégrer cette structure tient d’abord à un songe : « J’ai toujours rêvé de l’intégrer, souffle-t-elle. J’ai un esprit très patriote. » Et en tant que bonne archère, Lisa Barbelin dispose de plusieurs cordes à son arc : « Parallèlement à ma pratique sportive, je suis un cursus de chimie, dans l’optique de faire autre chose après ma carrière. »

Pourquoi ce cursus ? Quel lien avec la gendarmerie ? « Je lis beaucoup de romans policiers et j’ai toujours été intéressée par la Police technique et scientifique (PTS), confie-t-elle. Une de mes envies serait de travailler dans ce milieu plus tard. » Mais la PTS n’est pas la seule passion dans le carquois de Lisa Barbelin. Tout ce qui touche au milieu de la cuisine chimie l’intéresse, comme « la production de cosmétiques ou de parfums », mais sans aller jusqu’à « breaking bad » !

La compétition de tir à l’arc débutera le vendredi 23 juillet. En attendant, Lisa Barbelin se repose dans son village natal, avant de s’envoler pour le Japon. « Je n’ai qu’une hâte : monter dans l’avion. » Concernant ses chances de médaille, l’archère vise haut : « J'ai les capacités pour aller chercher quelque chose à Tokyo. Je convoite clairement une médaille. » En espérant qu’elle décrochera l’or, ce qui n’est jamais arrivé lors de l’épreuve individuelle féminine.