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Un gendarme au sommet pour soutenir les malades de la sclérose en plaques

Auteur : capitaine Marine Rabasté - publié le
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En fin d’année 2022, le gendarme Lucas escaladera l’Aconcagua, un sommet d’Amérique du sud s’élevant à près de 7 000 m d’altitude. Une ascension pour la bonne cause : soutenir les malades de la sclérose en plaques.

C’est un beau défi que s’est lancé le gendarme Lucas : gravir l’Aconcagua, un sommet argentin situé à la frontière chilienne. Avec sa cime avoisinant les 7 000 m d’altitude, il constitue le point culminant de la cordillère des Andes, d’où son surnom de « colosse de l’Amérique ». Une première pour le passionné de montagne qui, à 28 ans, a déjà plusieurs sommets à son actif, dont certains très célèbres, comme le mont Blanc et le Kilimandjaro. Mais cette ascension future revêt une dimension toute particulière. Le gendarme ne grimpera en effet pas seulement pour lui, mais pour toutes les personnes atteintes de la sclérose en plaques. « En rentrant de mon dernier sommet, en janvier dernier, j’ai commencé à penser à adosser mon activité à un engagement associatif. » Une idée qu’il ne mettra pas longtemps à concrétiser.

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L’Aconcagua, un sommet idéal

« L’ascension de l’Aconcagua était l’objectif parfait pour commencer mon engagement associatif », explique Lucas. Après les sommets de l’Himalaya, il s’agit en effet de l’un des plus hauts et des plus difficiles. « À 7 000 mètres, il n’y a plus que 40 % d’oxygène disponible par rapport au niveau de la mer. J’ai eu l’occasion d’aller à 6 000 m d’altitude, et déjà, c’était compliqué de respirer. On a des maux de tête, la nausée, du mal à réfléchir. Alors à 7 000 m, ça ne va pas être simple. » De plus, les conditions météorologiques sont rudes dans la région : le sommet est exposé à des vents pouvant aller jusqu’à 150 km/h et la température avoisine parfois les moins 40 degrés. Mais le jeune gendarme reste motivé et l’engagement associatif le pousse à se dépasser encore plus. « C’est parce que l’ascension de l’Aconcagua sort de l’ordinaire qu’elle était la bonne occasion de le faire pour des associations. »

Soutenir les personnes atteintes de la sclérose en plaques

Le choix de la cause à soutenir s’imposait comme une évidence pour le gendarme Lucas. « Ma compagne est atteinte d’une sclérose en plaques. À travers mon défi sportif, je souhaite faire connaître cette maladie. » Il choisit alors de soutenir deux associations. D’une part, LORSEP, à Nancy, qui apporte un soutien psychologique aux malades de la sclérose en plaques. D’autre part, l’ARSEP, en Île-de-France, consacrée à la recherche de traitement. « Il était important pour moi de soutenir les deux aspects, la recherche et l’aide aux personnes malades. » Pour cela, il a monté une cagnotte et créé une page Facebook, sur laquelle il partage sa préparation jusqu’au grand départ.

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L’importance de la préparation

L’ascension ne se fera pas sans effort et le gendarme Lucas le sait. « Ce ne sera pas forcément dur techniquement, mais physiquement si ! » C’est pour cela qu’il suit une préparation exigeante qui lui permettra d’atteindre son objectif. Course à pied en dénivelé, lesté, sur terrain accidenté, ou encore escalade et renforcement musculaire, tout est fait pour préparer le corps à cet effort intense. Un entraînement indispensable si l’on veut gravir en sécurité. « En étant riche par exemple, on peut se payer l’ascension de n’importe quel sommet. Mais sans préparation, c’est impossible d’y arriver. La montagne met tout le monde au même niveau, que l’on soit riche ou non. Il est important d’y aller progressivement et d’être conscient de sa limite. C’est un milieu où l’humilité prend tout son sens. »

C’est la montagne qui dicte sa loi

Une expérience hors du commun

Forcément, quand on se lance dans une telle aventure, il y a certaines choses qu’on appréhende, même en étant préparé. « Pour ma part, ce que je redoute le plus, c’est la nuit à 6 000 m d’altitude. C’est nouveau, car au maximum, j’ai dormi à 5 000 m. Ensuite, il y a aussi les conditions météo qu’on ne peut pas prévoir. » Et pour corser le tout, Lucas n’empruntera pas la voie normale, la plus simple, mais effectuera une traversée d’est en ouest. Accompagné d’un guide local, il a prévu un périple de 17 jours, à raison de 7 à 8 heures de marche par jour en moyenne. Mais de cet effort, il n’en fait pas une montagne, car ce n’est rien à côté de ce qu’il ressentira une fois arrivé en haut. « Au sommet, il y a une grande satisfaction d’avoir rempli l’objectif. Je compte bien y faire une photo avec les symboles des associations ! Puis, lorsque c’est dégagé, il y a des vues à couper le souffle. »

Le début d’un engagement

Lucas prendra le départ pour l’Argentine le 1er décembre prochain. Si c’est la première fois qu’il grimpera pour une association, ce ne sera sûrement pas la dernière ! « Si c’est un succès, je réitérerai l’expérience, avec un défi encore plus grand. » L’objectif ? L’Himalaya, avec le mont Everest, qui s’élève à plus de 8 000 m d’altitude. Encore de beaux défis attendent donc celui qui soulèverait des montagnes pour défendre sa cause.

Suivez l’aventure du gendarme Lucas sur sa page Facebook, et retrouvez le lien de la cagnotte ici.