Culture

Catherine Roch de Hillerin met son art au service de la gendarmerie

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© GAV Marie-Amélie Saillet

Nous poursuivons notre série de portraits d’artistes ayant reçu, en septembre 2020, l’agrément de peintre de la gendarmerie, avec celui de Catherine Roch de Hillerin, peintre figurative, que nous avons rencontrée dans son atelier en Normandie.

Dans la maison familiale, en plein cœur du parc naturel régional du Perche, l’exposition est permanente. Les tableaux sont partout, au mur, au sol, dans toutes les pièces. Les paysages de Chine, de New York ou de la campagne environnante côtoient portraits et natures mortes.

À l’étage, l’atelier de l’artiste est baigné de la lumière d’un soleil d’hiver qui s’invite par les fenêtres de toit. Sur le chevalet, le général de Gaulle semble en raconter une bien bonne à Winston Churchill, qui en pouffe de rire. Le tableau rejoindra l’exposition qui doit se tenir au mois d’avril au Mémorial Charles de Gaulle, à laquelle participera Catherine Roch de Hillerin, en sa qualité de peintre de la gendarmerie. « Ils sont comme deux enfants, décrit-elle devant la toile. J’aime ce moment de complicité entre deux personnalités aussi fortes, dont la relation était un mélange d’estime et de rivalité. »

© GEND/SIRPA/M.A.SAILLET

Les gendarmes du Perche et de Kourou

Catherine aussi a des airs enfantins. Son sourire un peu espiègle quitte rarement son visage. Et elle évoque son travail avec un enthousiasme communicatif. Elle a rencontré la gendarmerie en participant à deux reprises, en 2010 et 2012, au concours Gens d’art - Gendarme, premier prix à la clé. « Le colonel Laurent Vidal (délégué au patrimoine de la gendarmerie, NDLR) m’a informée de la création de l’agrément de peintre de la gendarmerie. Je suis fière et heureuse de devenir une ambassadrice de ces hommes et de ces femmes, de pouvoir les faire connaître et aimer à travers mon travail. J’ai hâte de voir sur quel terrain nous pourrons œuvrer ensemble. J’ai déjà proposé de travailler sur la thématique de la gendarmerie de proximité, ici dans le Perche. J’aimerais les suivre au quotidien, les observer, discuter avec eux, pour mieux les peindre. Et j’aimerais bien aussi aller voir le GIGN, ainsi que les gendarmes de la base de Kourou en Guyane ! » Catherine Roch de Hillerin est par ailleurs peintre de l’air et de l’espace depuis 2013.

© GEND/SIRPA/M.A.SAILLET

« Je ne savais même pas tenir un pinceau »

La peinture est entrée dans sa vie relativement tard. Avant c'était l’écriture, puis le théâtre. « Les mots en tout cas, dès l’âge de 12 ans. Mais il y avait une nécessité de création et d’expression depuis toujours, et les crayons n’étaient jamais bien loin. Étudiante, je croquais mes camarades dans les marges de mes cahiers. J’aimais les portraits, ça m’amusait beaucoup. » Elle brosse ceux des enfants de sa famille et commence à se prendre au jeu. « J’ai rendu visite à des peintres que je connaissais pour leur demander leur avis. Tous m’ont dit qu’il y avait du caractère. »

Elle a alors une quarantaine d’années et prend la décision de tout sacrifier pour cette passion naissante. Elle quitte le confort de son salaire d’enseignante pour risquer l’aventure artistique. « Sur les conseils d’un ami peintre, j’ai rejoint l’atelier de Philippe Lejeune, l’École d’Étampes. Un maître ! Je ne savais même pas tenir un pinceau. J’y ai tout appris et j’ai beaucoup reçu, auprès de lui, mais aussi auprès des peintres qu’il a formés. » Elle s’enrichit parallèlement en fréquentant les ateliers des Beaux-Arts de la ville de Paris et au contact d’autres artistes, en France et à l’étranger.

Catherine se met à peindre, énormément, passionnément. Portraits, paysages, natures mortes, nus… À l'huile essentiellement, mais aussi du dessin, au fusain, à l’encre de Chine, à la sanguine. Parmi ses principales inspirations, elle cite d’abord spontanément Vermeer, puis Rembrandt et Vélasquez. « Mais mon inspiration est quotidienne, ajoute-t-elle. Ce peut être un rayon de lumière, un sourire sur un visage. C’est toujours une épiphanie, quelque chose que l’on reçoit et qui vous traverse. Peindre, c’est voir et montrer l’extérieur et l’intérieur. Et c’est aussi une réponse, par la beauté, à la laideur du monde. »

© GEND/SIRPA/M.A.SAILLET