Culture

Damien Charrit, artiste numérique

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
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Graphiste et illustrateur, Damien Charrit fait partie des onze artistes ayant obtenu l’agrément de peintre de la gendarmerie, en septembre 2020. Au milieu d'œuvres utilisant des techniques traditionnelles, ses dessins étonnent et séduisent l'œil. Portrait d’un passionné de machines.

Ce n’est pas un atelier, mais un bureau. Il n’y a pas de chevalets, de toiles, de pinceaux, de tubes de peinture, mais deux écrans d’ordinateur, une tablette et un stylet graphiques. Damien Charrit est un peu un peintre du troisième millénaire, de l’ère numérique. Il n’est pas réellement peintre d’ailleurs, plutôt dessinateur ou illustrateur. Mais c’est incontestablement un artiste.

Damien a toujours adoré le dessin. Enfant, en Charente-Maritime, il est fasciné par les avions de chasse qui fendent le ciel, en direction ou en provenance de la base aérienne de Rochefort, et qu’il croque sur son carnet à spirales. Cette passion pour les machines, volantes, mais aussi roulantes ou flottantes, ne le quittera jamais.

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Une Méhari et une Alouette

En 2006, après une première expérience professionnelle dans la restauration, il entreprend une reconversion, et apprend à maîtriser les techniques du dessin vectoriel sur le logiciel Illustrator. Il entre chez Dassault Aviation comme infographiste. Son temps libre, il le consacre déjà essentiellement au dessin d’avions. En 2015, il montre un échantillon au directeur de la communication, qui lui propose de réaliser un calendrier pour le centenaire du groupe. « À partir de ce moment-là, j’ai commencé à développer mon activité artistique, note Damien. J’ai décidé de créer un site Internet, d’exposer mes dessins, de les montrer sur les réseaux sociaux… »

En 2019, il devient peintre de l’air et de l’espace, un titre généralement réservé aux peintres traditionnels, qui s’ouvre alors pour la première fois au numérique. Cette barrière tombée, il apprend que la gendarmerie nationale organise son propre concours, et propose également sa candidature. Il présente au jury deux dessins : une Citroën Méhari et une Alouette III. « J’ai voulu postuler, notamment parce que j’adore les voitures et que je n’en dessinais presque jamais, explique-t-il. Avec la gendarmerie, je vais être servi ! J’ai pris rendez-vous pour aller voir les véhicules en réserve au musée de la gendarmerie. J’ai aussi dessiné mes premiers hélicoptères. J’adore ça, même si c’est très difficile. »

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L’EBR du général de Gaulle

À l’invitation des Forces aériennes de gendarmerie (FAG), il s’est récemment rendu sur la base aérienne de Villacoublay. « J’ai pu rencontrer des pilotes, des mécanos, et prendre des centaines de photographies, notamment de détails des appareils, qui vont m’aider pour mes dessins. C’est vraiment une chance incroyable. Pour moi, ce titre prestigieux de peintre de la gendarmerie sert avant tout à cela, à pouvoir nouer des contacts. »

Damien présente actuellement trois dessins dans l'exposition nationale des peintres des armées « Charles de Gaulle, fragments d’une épopée », qui se tiendra au Mémorial de Colombey-les-Deux-Églises, quand la situation sanitaire le permettra. L’un d’eux a été commandé par la gendarmerie. Une œuvre très graphique, représentant l’Engin blindé de reconnaissance (EBR) qui transportait la dépouille du général, couverte du drapeau tricolore, lors de l’hommage national du 12 novembre 1970. « Je cherchais une idée et le colonel Laurent Vidal (délégué au patrimoine de la gendarmerie nationale, NDLR) m’a soufflé celle-ci. »

Dans cette exposition, les illustrations de Damien côtoient des huiles, des aquarelles, des photographies, des sculptures. Un large panorama des techniques artistiques, qui inclut donc, à travers son travail, la dimension numérique.