Culture

Exposition photographique : le regard d’un homme sur les violences faites aux femmes

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© David Cassel

Officier de gendarmerie mais aussi photographe à ses heures perdues, le capitaine David Cassel a souhaité orienter son objectif vers toutes les femmes victimes de violences. Ses photos, poignantes, vont être exposées, du 29 août au 12 septembre 2020, dans le cadre du Festival Off de Perpignan.

Le capitaine David Cassel est un pur « PJiste » dans l’âme : après des années à enquêter au sein de différentes unités de recherches de la gendarmerie, il a été placé à la tête de la Brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires (BDRIJ) de Nîmes. Mais en intégrant cette nouvelle unité, chargée notamment de superviser les statistiques, sa longue expérience n’a pas atténué sa surprise : « Quand je suis arrivé au groupement, j’ai été effaré du nombre de cas de violences faites aux femmes ! »

Dénoncer les violences, un projet qui a du sens

Face à ce fléau, une idée lui vient très rapidement en tête : « Cela fait une dizaine d’années que je fais de la photographie pour le plaisir. À la base, je fais plutôt de la photo d’ambiance, de rue, en noir et blanc… Mais je souhaite à présent m’orienter vers des sujets sociétaux et le phénomène grandissant des femmes victimes de violences en fait naturellement partie ! »

David Cassel se lance alors dans un projet artistique ambitieux, qui change totalement de ce qu’il a l’habitude de faire : des portraits, en couleur, de femmes portant des marques de coups et blessures.

Au gré des rencontres, le gendarme-photographe parvient à s’entourer des bonnes personnes pour créer une équipe de choc. Si les cinq femmes lui servant de modèles ne sont elles-mêmes pas des professionnelles, elles ont l’avantage d’être « complètement différentes et particulièrement engagées sur ce sujet ! » Dans l’aventure, David Cassel est également épaulé par une maquilleuse, mais aussi par René Martinez et Gaëtan Gaudin, qui ont tenté de mettre des mots sur les maux. En se glissant dans la peau de ces victimes fictives, ils ont en effet rédigé quelques textes et citations, qui viennent accompagner les photographies.

© David Cassel

Un fléau qui ne doit pas rester en « Off »

Au bout du compte, le résultat est saisissant : les heures de maquillage et l’expression de ces visages troublent le spectateur, à la fois touché et incapable de détourner le regard face à cette douloureuse réalité ! Mais encore faut-il donner de la visibilité à ces clichés : « Je me suis fixé ce but pour exposer derrière et interpeller les esprits face au phénomène ! », explique David Cassel.

Pour mener à bien son projet, il candidate il y a quelques mois au Festival Off de Perpignan, auquel il a déjà eu l’occasion de participer il y a trois ans. Cet événement se déroule en marge du Festival international de photojournalisme « Visa pour l’image ». Il donne l’opportunité aux photographes amateurs d’exposer leurs travaux au grand public dans des commerces, des restaurants, des bars, etc. Chaque année, 80 à 100 photographes sont ainsi sélectionnés par un jury pour exposer, dans le centre-ville de Perpignan, à travers la catégorie « photo reportage » ou « libre ».

Sans suspense, les clichés du photographe amateur ont été retenus pour la 26édition du festival, qui se déroulera du 29 août au 15 septembre prochain. L’exposition, baptisée « Nous revendiquons », prendra ainsi place, à la fin de l’été, dans la galerie perpignanaise « La boîte à fabrique ».

Après ce focus sur les femmes victimes de violences, David Cassel ne compte pas s’arrêter là : « Pour l’année prochaine, j’aimerais réaliser une série de photos sur la thématique du sport et du handicap ». Un nouvel objectif qu’il ne devrait avoir aucun mal à atteindre, possédant l’œil du photographe et le grand cœur du gendarme !