Culture

Le tribunal de Chalon-sur-Saône accueille l’exposition photos d’un gendarme sur les violences faites aux femmes

Auteur : le chef d'escadron Sophie Bernard - publié le
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© CNE David Cassel

Vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir les photographies de l’officier de gendarmerie David Cassel ? N’attendez plus ! Ayant déjà bien voyagé, sa série de portraits dénonçant les violences faites aux femmes sera exposée dans le hall du palais de justice de Chalon-sur-Saône, du 6 mai au 3 juin prochain.

Si le capitaine David Cassel, commandant la Brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires (BDRIJ) de Nîmes, lutte au quotidien contre la délinquance, il a souhaité mettre en lumière, à travers son objectif de photographe amateur, certains phénomènes de société qui le touchaient plus particulièrement. « Quand je suis arrivé au groupement, j’ai été effaré du nombre de cas de violences faites aux femmes », expliquait-il à Gendinfo en août 2020, évoquant la genèse de son projet, qui avait été sélectionné dans le cadre du Festival Off de Perpignan.

Une œuvre, différents regards

Depuis, sa série de portraits de femmes portant des traces de coups et blessures très réalistes a fait l’objet de nombreuses expositions dans des lieux et face à des publics variés : la préfecture de Nîmes, le pont du Gard, la maison France services de Remoulins (30), ou encore la mairie de Courbevoie (92) par deux fois. « Beaucoup de visiteurs m’ont félicité en approuvant le fait de montrer cette violence. Certains trouvaient cela choquant, mais c’était justement mon choix d’interpeller le public. »

David a d’ailleurs eu des échanges très intéressants avec une professeure d’espagnol et sa classe de collégiens dans le Pas-de-Calais, qui ont travaillé à partir de son œuvre. « Ils devaient choisir un des portraits et imaginer une histoire en espagnol, puis faire à leur tour une photo évoquant la violence. Ils ont fait des montages et sont restés dans quelque chose de percutant, dans l’esprit de ce que j’avais pu faire. Nous avons pu échanger en visioconférence, c’était très sympathique et original comme démarche. »

De nouveaux projets en vue

À travers son exposition, l’officier a ainsi fait des rencontres enrichissantes et a même retrouvé des connaissances perdues de vue. « Lors d’une précédente affectation, au début des années 2000, j’ai eu le plaisir de travailler avec le juge Éric Plantier, aujourd’hui président du tribunal judiciaire de Chalon-sur-Saône. Nous nous sommes retrouvés et il m’a sollicité pour exposer au palais de justice à l’occasion de la journée de l’accès au droit qui aura lieu le 24 mai prochain. » L’exposition prendra place dans le hall durant un mois, du 6 mai au 3 juin prochain, et permettra à David de toucher un nouveau public, « avec notamment des auteurs et des victimes concernés directement par le sujet. »

Et le capitaine de gendarmerie ne compte pas s’arrêter là ! Souhaitant toujours s’engager sur des sujets sociétaux, il a commencé un nouveau projet, avec une série de portraits de blessés, militaires ou civils, qui se sont reconstruits par le sport. « Un pompier brûlé à la suite d’un accident, un policier amputé des deux bras après une intervention, mais aussi des personnes handicapées de naissance qui ont repris goût à la vie par le sport et n’arrêtent pas d’en faire depuis… J’ai déjà réalisé une quinzaine de portraits et j’ai fait de superbes rencontres », apprécie David, qui compte bien encore attirer le regard du public sur les personnes les plus fragilisées.

© CNE David Cassel