Culture

Projet [102] : une exposition en hommage aux victimes d’accidents de la route

Auteur : Pablo Agnan - publié le
Temps de lecture: ≃2 min.
© D.R

Du 21 février au 1er mars, se tiendra l’exposition du Projet [102], à la Halle des Blancs Manteaux, à Paris. 102 œuvres réalisées par 102 artistes différents jettent une lumière crue sur les accidents de la route.

102 enfants, piétons, cyclistes, passagers sont décédés sur la route en France, en 2019. Afin de leur rendre hommage, le Projet [102] exposera 102 œuvres d’art, couplées à 102 témoignages de victimes d’accidents de la route, de proches, de soignants, mais aussi des services de secours, d’associations, d’élus et enfin d’institutions.

Parmi ces témoignages, trois gendarmes racontent leur propre expérience, issue d’intervention sur un accident de la route. Ces témoignages, aussi bouleversants que dramatiques, témoignent de la dureté de ces interventions pour les militaires, sur le plan psychique. Des expériences gravées à jamais dans leur mémoire, qui exposent également une vérité crue : ces accidents sont malheureusement trop courants.   

Cet hommage artistique se déroulera du 21 février au 1er mars, à la Halle des Blancs Manteaux, à Paris, dans le IVe arrondissement. L’exposition se déplacera ensuite à travers tout l’Hexagone.    

Le Projet [102] a reçu le parrainage de Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, en charge des Personnes Handicapées, et Pauline Déroulède, championne de France de tennis fauteuil et espoir aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, en est la marraine. Pauline a perdu sa jambe gauche en 2018, renversée par un chauffard, et milite pour que des tests d’aptitude ponctuent la vie des conducteurs.

Ce projet fait suite aux Projet [57] et Projet [37], organisés sur le même format, respectivement en Guadeloupe (2016) et dans la Drôme (2018). À l’origine, Maître Charles-Henri Coppet, avocat spécialiste en dommages corporels et droit des victimes, qui refuse de s’accommoder du manque d’humanité et de la complexité auxquels sont confrontées les victimes.

Après l’accident, c’est un parcours impossible pour la victime : obstacles procéduraux, démarches administratives sans fin, délais à rallonge, combat avec l’assurance… En parallèle de leur défense, dont j’ai la responsabilité, j’ai voulu aller au-delà, en m’attaquant aux causes. L’art est un puissant catalyseur pour rendre visible la réalité oubliée - par choix, ignorance ou encore faiblesse - et pour nous rappeler nos responsabilités.

Ce projet est porté par l’association Vict’w Art, présidée par Aurélie Vernaz, dont la fille de 16 ans a eu un grave accident de la route en 2018,  des suites duquel elle souffre d’un lourd traumatisme crânien.

Le Projet [102] appelle à bouger nos lignes en interpellant différemment. Le décès, le handicap, la reconstruction sont difficiles à regarder. C’est pourtant en les fixant dans les yeux que les comportements changeront.

L’exposition réunit des artistes âgés de 16 à 80 ans, qui ont eu carte blanche pour exprimer l’enfance, l’accident, l’absence, le deuil, la colère, le handicap, la mémoire mais aussi la reconstruction, la résilience, la vie.

Retrouvez plus d’informations sur le site web de l’exposition : https://projet102.fr/