Interviews

Cyril, membre du collectif des Phénix de la gendarmerie

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© GEND/SIRPA/MARIE-AMELIE SAILLET

Le maréchal des logis-chef Cyril, affecté à la section commandement de la section de recherches (S.R.) de Caen, a été blessé en service en 2019. Il a participé au défi social RBS à l’école de gendarmerie de Châteaulin.

« Le 10 septembre 2019, j’étais premier à marcher avec une camarade, à la suite d’un délit de fuite après accident. Une intervention banale en brigade territoriale. L’individu étant fortement alcoolisé et très énervé, on n’y allait pas vraiment la fleur au fusil. Lorsqu’il a fini par accepter de sortir de chez lui, et que nous avons tenté de l’interpeller, il a sorti un couteau avec une lame de 19 centimètres. J’ai été blessé à la main gauche et je suis tombé au sol. L’individu s’est jeté sur moi. En voulant intervenir, ma collègue a pris un coup de couteau au niveau de la mâchoire. L’agresseur a pris la fuite. Il a été interpellé plus tard et condamné en comparution immédiate à huit ans de prison ferme et cinq ans d’interdiction de département.

Ma blessure physique n’était pas grave, mais la blessure psychologique, profonde, est apparue quelques semaines plus tard. J’étais chef de patrouille ce soir-là. Je ne pouvais pas m'empêcher de me refaire le film, même si ça ne sert à rien, de me demander si j’avais agi comme il fallait, et au final de culpabiliser.

J’ai été exempté de service externe et affecté au secrétariat de la section de recherches de Caen, le temps de me reconstruire. C’est difficile, parce que les événements récents, comme le drame de Saint-Just, me replongent immédiatement dans mes souvenirs et ne m’incitent pas à revenir sur le terrain. Après un stage Ad Victoriam, le lieutenant Franck Martineau, chargé de projets RBS du Bureau de l’action sociale (BAS) de la Direction générale de la gendarmerie nationale, m’a proposé de suivre le défi social RBS à l’école de Châteaulin. C’était l'occasion pour moi d’échanger avec d’autres camarades blessés en service, de voir comment eux remontent la pente. »