Interviews

Malgré les mesures de confinement, le PSPG est toujours d’attaque

auteur : Pablo Agnan - publié le
© GENDARMERIE/SIRPA/F.Balsamo

Premier échelon de réponse de la chaîne du contre-terrorisme nucléaire de l’État, les Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) n’ont pas de répit, même en temps de confinement. Chargés de protéger les installations nucléaires françaises, des sites hautement sensibles et stratégiques, ces militaires d’élite sont eux aussi susceptibles d’être affectés par l’épidémie. Exemple en Moselle (57), région durement touchée par le COVID-19, où le PSPG de la centrale de Cattenom a dû, très rapidement, mettre en place des mesures pour poursuivre sa mission dans la durée.

Quel a été l’impact de l’épidémie sur le PSPG de Cattenom ?

Capitaine Jean-Baptiste : La région dans laquelle nous nous trouvons a été très rapidement touchée par l’épidémie de COVID-19. Donc avant même la mise en place des mesures de confinement sur tout le territoire national, nous avions proposé localement d’adapter notre service pour dégager des marges de manœuvre.

En ce sens, la Direction générale de la gendarmerie nationale (DDGN) a mis en place, dès le début de la crise, un plan d’action spécifique pour permettre aux Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) de garantir la continuité de leur activité.

Concrètement, comment ces mesures se sont-elles traduites ?

D’abord, nous avons décidé de concentrer nos efforts uniquement sur la protection de la centrale. Pour limiter les interactions entre les militaires, nous avons mis en place plusieurs équipes fixes. Leur temps de présence a été doublé ; une situation très contraignante qui a été accueillie avec beaucoup de compréhension par les personnels. Nous sommes prêts à travailler dans des conditions extrêmement dégradées.

Justement, le PSPG est à même de lutter contre des menaces de type Nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC). Comment êtes-vous équipés pour lutter face à cette épidémie ?

Cette épidémie pourrait entrer dans la catégorie des menaces bactériologiques. Mais ce n’est pas le cas. Nous sommes bien évidemment à même de traiter toutes les menaces de type NRBC, mais dans le cadre de cette crise, nous n’utilisons pas nos équipements. Nous avons les mêmes moyens que tous les autres militaires de la gendarmerie.

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© GENDARMERIE/SIRPA/F.Balsamo

Comment faites-vous pour maintenir un haut niveau de condition opérationnelle malgré le confinement ?

Il est impératif de garantir notre fonction d’intervention pour répondre à tous types d’événements qui pourraient se dérouler dans la centrale nucléaire. Il faut effectivement pour cela maintenir un très bon niveau de condition opérationnelle.

Cependant, les entraînements que nous réalisions habituellement sont très intensifs et comportent des risques non-négligeables de blessures, comme des entorses. Comme nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du personnel, ces exercices ont été reportés.

Néanmoins, il existe d’autres moyens de maintenir un très bon niveau de condition opérationnelle, en réalisant des reconnaissances pédestres et en mettant à jour nos dossiers d'objectifs par exemple. Nous restons dans tous les cas disponibles pour les interventions d’urgence, y compris en dehors de la centrale.