Interviews

Pascal, membre du collectif des Phénix de la gendarmerie

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© GEND/SIRPA/MARIE-AMELIE SAILLET

L’adjudant Pascal, dit Gus, affecté à la Brigade motorisée (B.Mo.) de Beynes, a été blessé en service en 2018. Il a participé au défi social RBS à l’école de gendarmerie de Châteaulin.

« En avril 2018, j’effectuais un contrôle routier avec ma brigade motorisée, dans l’Ain. Je procédais à une verbalisation pour non-port de ceinture, quand une moto est arrivée vers nous à vive allure. Mon chef a fait signe au conducteur de s’arrêter, et j’ai interrompu la verbalisation pour le rejoindre. Le motard s’est alors volontairement déporté et m’a percuté de plein fouet, à plus de 130 km/h. J’ai été projeté à une dizaine de mètres. J’ai perdu ma jambe sur le choc. Si mon collègue n’avait pas été là pour faire un point de compression, je ne serais plus là pour en parler…

J’ai été héliporté et alité pendant cinq semaines, avec une amputation tibiale de la jambe droite et de multiples traumatismes à la jambe gauche. Quand je suis sorti du coma, j’ai dit à ma femme que je voulais marcher, courir, faire de la moto. Deux mois plus tard, j'étais debout avec ma prothèse. D’abord sur les barres parallèles, puis avec un déambulateur, et enfin avec des béquilles.

Le sport m’a beaucoup aidé. Neuf mois après l’accident, je marchais le 3 000 mètres en douze minutes avec mes béquilles. Je fais aussi du vélo, du rameur. C’est un exutoire. Je suis quelqu’un d’assez nerveux, j’ai besoin de me dépenser pour dormir la nuit, tout simplement.

Ce que j’apprécie dans ces rencontres sportives avec les autres blessés, ce sont les échanges de tuyaux, de conseils, surtout au sujet des démarches administratives. C’est un domaine dans lequel on devrait être mieux accompagné. »