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Tempête Alex : la gendarmerie résiliente face à la crise

Auteur : Antoine Faure - publié le
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Lieutenant-colonel Lionel André, conseiller technique Montagne auprès de la Direction générale de la gendarmerie nationaleLieutenant-colonel Lionel André, conseiller technique Montagne auprès de la Direction générale de la gendarmerie nationale
Lieutenant-colonel Lionel André, conseiller technique Montagne auprès de la Direction générale de la gendarmerie nationale.
© CNE RES Virginie Massol

Le lieutenant-colonel Lionel André est le conseiller technique Montagne auprès de la Direction générale de la gendarmerie nationale. Pour gérer la crise dans cette zone montagneuse, une dizaine d’hommes, ainsi que l’Unité de coordination technique Montagne, ont été projetés en complément des 15 militaires du Peloton de gendarmerie de haute-montagne de Saint-Sauveur-sur-Tinée.

« Le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) des Alpes-Maritimes est un groupement Montagne : les deux-tiers du département sont constitués de zones montagneuses. Nous avons tout de suite pris en compte le fait que les missions de la gendarmerie, dans le cadre de cette crise, allaient devoir être appuyées par des éléments techniques du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM). Dès le samedi 3 octobre, nous avons proposé une offre de services au commandant de groupement, qui l’a validée le lendemain.

Lundi 5 octobre, nous avons donc projeté une dizaine d’hommes, ainsi que l’Unité de coordination technique Montagne, en complément des 15 militaires du PGHM de Saint-Sauveur-sur-Tinée, engagés dès le premier jour sur des missions de secours à personne et d’appui technique aux gendarmes départementaux et à la population. Je veux d’ailleurs rendre hommage à ces 15 militaires, qui se sont engagés totalement et ont fait, dans les premières heures et dans des conditions apocalyptiques, un travail remarquable.

Un des enjeux majeurs du premier temps de la manœuvre a été de consolider le réseau radio Montagne, afin de s’assurer de pouvoir communiquer en tout point du champ de manœuvre. Ainsi, nous avons mis en place un relais de circonstance distribuant les communications dans la vallée de la Roya et nous avons établi, pour les P.C. tactiques, des ordres complémentaires de transmission dédiés.

Dans un premier temps, le rôle des PGHM a consisté en un appui technique à toutes les missions de la gendarmerie, et plus généralement toutes les missions de l’État. À titre d’exemple, nous avons mis en place des tyroliennes afin de ravitailler les personnes isolées et d’acheminer des tuyaux pour le rétablissement des réseaux de distribution d’eau ou du câble. Nous avons aussi accompagné les services spécialisés pour récupérer les loups qui se trouvaient en liberté. Ayant l’habitude de travailler avec les hélicoptères, nous avons également contribué à la coordination 3D, notamment en faisant le lien entre les missions à effectuer, les équipes terrain et les différents vecteurs aériens, et en positionnant un militaire de PGHM sur chaque D.Z. (Drop zone).

Dans un second temps, nous intervenons dans la manœuvre de police judiciaire, toujours en appui des gendarmes départementaux, locaux ou en renfort, notamment dans les opérations de relevage de corps avant le processus d’identification. La double compétence des montagnards, technique et d’officiers de police judiciaire, prend ici tout son sens. Nous poursuivons parallèlement les missions d’aide à la population.

Enfin, sur les deux P.C. tactiques sur zone, des officiers et gradés des PGHM coordonnent cet appui technique en lien avec l’Unité de coordination technique montagne (UCTM), laquelle est elle-même intégrée au P.C.O. groupement.
La composante montagne était donc présente à tous les échelons de décision, pour permettre d’apporter son expertise, et sur le terrain, pour déployer ses savoir-faire au profit de la population, des unités de gendarmerie et des administrations, dans une logique d’interopérabilité. »