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Tempête Alex : la gendarmerie résiliente face à la crise

Auteur : Antoine Faure - publié le
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Lieutenant-colonel Jean-Marie Demain, commandant du Groupement des forces aériennes de gendarmerie sud (CFAGN)Lieutenant-colonel Jean-Marie Demain, commandant du Groupement des forces aériennes de gendarmerie sud (CFAGN)
Lieutenant-colonel Jean-Marie Demain, commandant du Groupement des forces aériennes de gendarmerie sud (CFAGN)
© CNE RES Virginie Massol

Le lieutenant-colonel Jean-Marie Demain, commandant du Groupement des forces aériennes de gendarmerie sud (CFAGN), était le coordonnateur des vecteurs aériens de la gendarmerie au sein de la cellule de coordination 3D, mise en place à la Tour de contrôle de l'aéroport de Nice.

« En tant que commandant de groupement, j’ai apporté ma pierre à l’édifice de la coordination des vecteurs aériens régaliens, qui dépendent de la gendarmerie nationale, de la sécurité civile et des armées, mais aussi des prestataires mis sous emploi par le Conseil général des Alpes-Maritimes. Dans le cadre de cette crise, nous sommes pré-altertés d’un épisode dès le vendredi 2 octobre. Nous nous attendions à un stade de vigilance rouge pour le département, et il n’y a donc pas eu d’effet de surprise. Je suis prévenu en avance de phase, comme mes camarades des autres administrations ou des armées.

Notre rôle a été d’anticiper pour renforcer et agréger les moyens, et faire des prépositionnements. Dès le vendredi soir, nous avons monté des équipages, en prévoyant d’ores et déjà des relèves, et en armant des savoir-faire spécifiques. Nous avons notamment sollicité les plongeurs de la gendarmerie et les militaires du PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne).

Dès le samedi matin, nous étions en mesure de projeter sur zone des vecteurs aériens. La météo était mauvaise sur le littoral, mais nous avons pu accéder par le nord pour faire la première évaluation et procéder aux premiers secours. C’est d’ailleurs l’hélicoptère de la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Digne-les-Bains qui a réalisé 30 sauvetages le samedi.
Dans un premier temps, nous avons donc dû faire face à l’événement, puis mettre en place une vraie coordination entre la gendarmerie et la sécurité civile pour le sauvetage de la vie humaine.

Le samedi 4 octobre après-midi, nous avons reçu le concours des armées. À ce moment-là, nous mettons en place une cellule de coordination 3D des vecteurs aériens, à la tour de contrôle de Nice, avec trois interlocuteurs : le coordinateur principal de la sécurité civile, appuyé par deux adjoints, le coordinateur des forces inter-armées, et moi-même, coordonnant les hélicoptères de la gendarmerie.

À partir du mardi 6 octobre, nous basculons sur un pont aérien logistique, à la fois pour l’aide à la reconstruction, mais aussi assurer nos misions de sécurité publique générale et de police judiciaire, notamment les missions d’identification de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). »