Portraits

Gendarmes adjoints volontaires : les premiers pas en gendarmerie

Auteur : la capitaine Céline Morin - publié le
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Les GAV Maxime Moreau et Clémence Méheust ont tous les deux réussi le concours de sous-officier en mars 2017.
© Mi DICOM - José Rocha

Dans l’effervescence de l’été, deux gendarmes adjoints volontaires de la communauté de brigades de Saint-Jean-de-Monts racontent leur quotidien en unité territoriale.

Station balnéaire très prisée, Saint-Jean-de-Monts (85) voit sa population croître de 8 000 habitants hors saison à près de 150 000 pendant la période estivale. Pour faire face à cette affluence et aux problématiques qu’elle engendre, l’effectif de la communauté de brigades passe quant à lui de 26 militaires, répartis entre les deux brigades, à 71 au cœur de l’été, avec le renfort de nombreux réservistes et de gendarmes mobiles. Parmi ces personnels, trois Gendarmes adjoints volontaires (GAV) prennent pleinement part à l’activité quotidienne de l’unité.

« Mettre un pied en gendarmerie »

Maxime Moreau, 22 ans, est l’un d’eux. Son entrée en gendarmerie, le jeune homme l’a planifiée depuis longtemps : « J’ai su très tôt ce que je voulais faire. Peut-être parce que j'ai de la famille dans l’Institution, mais au-delà de ça, j’ai toujours été attiré par les valeurs militaires, la discipline, le respect de la hiérarchie, la cohésion et surtout par le fait de servir et de protéger la population ». S'il opte pour la gendarmerie plutôt qu’une autre armée, « c'est pour le contact permanent avec les gens ».

Son BAC S en poche, il veut toutefois se laisser le temps de la réflexion, parce qu'entrer en gendarmerie est un engagement qui ne se prend pas à la légère. « J’estimais que j’étais trop jeune et qu’il me fallait acquérir une certaine maturité, ainsi qu’un bagage universitaire supplémentaire pour me laisser une porte de secours. Devenir GAV me permettait de mettre un pied en gendarmerie, de connaître le métier, d'acquérir des bases, tout en préparant le concours de sous-officier de gendarmerie ».

Pour le jeune homme, tout s’enchaîne très vite. Il passe les tests GAV en mars 2016, obtient sa licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) en juin, entre en école en juillet, en sort « major de promo » à la mi-septembre, et rejoint enfin l'affectation dont il rêvait : la B.P. de Saint-Jean-de-Monts. « J’avais tout planifié pour ne pas perdre de temps », déclare-t-il. D'ailleurs dès la fin octobre, il commence à préparer le concours de sous-officier pour la session de mars 2017… qu'il réussit du premier coup.

Une passion familiale

Du haut de ses 20 ans, Clémence Méheust est elle aussi GAV au sein de la Cob, dans la brigade de proximité de Beauvoir-sur-Mer. Sa vocation, elle la doit en grande partie à son grand frère, gendarme mobile, qui lui a « transmis sa passion pour ce métier ».

Mais après avoir obtenu son Bac ES en 2014, la jeune fille, qui se trouve, elle aussi, trop jeune, décide de partir quelque temps en Grande-Bretagne. À son retour, elle se présente simultanément aux concours de sous-officier et de gendarme adjoint volontaire. Elle échoue à l'oral du premier et réussit le second.

Elle entre ainsi en école de GAV le 21 mars 2016, pas le moins du monde déroutée par sa découverte de l'univers militaire, puis fait ses premiers pas sur le terrain fin juin, juste avant le début de la saison estivale. « J'ai été très vite mise dans le bain, confie-t-elle. D’ailleurs, l'été dernier a été plus mouvementé que cette année, avec plus de monde, plus d'activités ».

Se forger une expérience

Après un peu plus d'un an passé dans sa brigade, la GAV Méheust revient sur ses débuts en gendarmerie avec satisfaction : « J'ai été très bien accueillie par tout le monde et rapidement intégrée. J’ai pu mettre en pratique tout ce que j’avais appris en école. Le reste, je l’ai découvert au fur et à mesure sur le terrain. Comme c'est une petite brigade, on peut facilement poser nos questions et tout le monde prend le temps de nous expliquer les choses. On apprend beaucoup au fil du temps et on se forge une expérience. Je ne pouvais pas tomber mieux qu'ici », souligne-t-elle, expliquant avoir été bien guidée dans sa préparation pour le concours de sous-officier.

« L'ayant déjà passé, je savais à quoi m'attendre, mais les sous-officiers de la brigade m'ont donné de bons conseils, notamment en matière de sport. J'ai également pu passer un oral blanc à la compagnie. Être GAV m’a permis de mieux connaître le métier et je pense que c'est un plus d’avoir une telle expérience quand on passe le concours. Cela montre notre motivation ». Une préparation couronnée de succès, puisqu'en mars dernier elle réussit le concours SOG.

Des missions variées et des responsabilités

À quelques mois de son entrée en école de sous-officier, Maxime Moreau ne regrette pas son choix : « On entend souvent dire qu'être GAV ce n’est pas le bon boulot. Mais ici, je ne suis pas cantonné aux missions dites ingrates. On me donne des missions variées, des responsabilités de mon niveau et une certaine autonomie. Nous sommes complètement intégrés aux sous-officiers pour les seconder et nous sommes bien épaulés ».

Il est ainsi de toutes les missions de l'unité, « ce qui me permet d'avoir un bon aperçu des différentes facettes du métier et de me forger de bonnes bases avant d’aller en école. C'est très formateur et cela m'a conforté dans mon choix de carrière ».

Aide planton, les deux gendarmes adjoints sont ainsi amenés à s'occuper de la réception des personnes à l’accueil, du téléphone, de la rédaction de plaintes de leur niveau, telles que les dégradations, les vols simples, ou encore de l'audition de mis en cause, sous le contrôle d’un sous-officier. Premiers à marcher, ils participent aux différentes interventions.

 

Prévention de proximité, police route ou encore rédaction de procédures font également partie de leur quotidien. « Chaque journée, chaque mission est différente, c'est la difficulté de ce métier, mais c'est aussi ce qui le rend intéressant à mes yeux », estime le GAV Moreau.

Comme son camarade, la GAV Méheust apprécie la variété des missions qui lui sont confiées : « Il n'y a pas de routine. C'est ce qui me plaît. Ici, les sous-officiers nous forment vraiment à devenir de futurs gendarmes. En un an, j’ai beaucoup appris, même en termes de procédures. On m’a montré beaucoup de choses, ce qui m'a permis de progresser. C'est formateur d'être en brigade. Pour moi, on y apprend plus de choses sur le métier de gendarme, car on en voit la globalité ».

En outre, durant l'été, les échanges avec les renforts venus de la gendarmerie mobile, des unités de sécurité routière ou encore de recherches viennent parfaire cette connaissance de l'Institution et de ses différentes missions. L'occasion pour les GAV de se faire une idée de leur future carrière de sous-officier.

Le sens du relationnel

« Il y a des moments où les gens sont heureux de nous voir et parfois moins. Par exemple, au début de l’été, nous avons retrouvé une fillette qui s'était perdue. Le soulagement des parents a été une véritable récompense. Ce jour-là, j'ai vraiment eu le sentiment d'avoir été utile. C'est la raison d'être de notre métier », se souvient le GAV Moreau.

Pour les deux jeunes gendarmes adjoints, le contact avec la population est le cœur du métier en brigade : « Il faut vraiment avoir le sens du relationnel, être ouvert au dialogue, quelle que soit la situation, afin de pouvoir expliquer le sens de notre action, de notre intervention », estime le GAV Moreau, confiant toutefois que certaines missions sont plus dures que d'autres, notamment au regard de la confrontation à la mort.

Et d'expliquer posément : « Il faut savoir contenir son stress et rester concentré sur les tâches qui nous sont confiées en tant que GAV pour que l’intervention se déroule au mieux, au regard de la sécurité des personnes et de la nôtre. Ça, c’est sur le terrain qu’on l'apprend, au contact des sous-officiers ».