Elinor, une commandante naturellement communicante

  • Par la capitaine Sophie Bernard
  • Publié le 13 mars 2021
© GEND/SIRPA/F.GARCIA

De la création du musée de la gendarmerie nationale, en passant par le service de communication de l’Institution, jusqu’à son intégration dans une unité spécialisée prochainement, la commandante Elinor a pu vivre des expériences inédites à travers ses affectations. Officier du corps technique et administratif (OCTA), ces différentes fonctions lui ont permis de mettre à profit son sens inné du contact, mais aussi d’acquérir une fine connaissance de la gendarmerie et de ceux qui la composent.

 

Nul besoin que la pétillante commandante Elinor retire son masque pour savoir si derrière se cache un sourire puisque chez elle, la bonne humeur est une vraie philosophie ! Une qualité et un grand professionnalisme qui lui ont permis d’ouvrir bien des portes qu’elle pensait fermées …

« J’ai eu la chance d’être au bon endroit, au bon moment »

La première opportunité s’est présentée à elle presque par hasard, alors qu’elle terminait ses études en gestion du patrimoine et de l’environnement. Effectuant un stage armées-jeunesse de trois mois en Haute-Normandie, elle rédige un mémoire sur l’Histoire et du patrimoine de la gendarmerie dans la région qui doit servir de base pour un livret d’accueil à destination des nouveaux arrivants. À l’issue de ce stage, la région de gendarmerie lui propose d’intégrer la réserve pour continuer le travail d’inventaire du patrimoine mobilier et immobilier, en lien avec le Service historique de la défense (SHD). « Dans l’attente d’un emploi fixe, je deviens réserviste. Jalterne entre l’inventaire à la région et les renforts au sein de la compagnie d’Yvetot », raconte Elinor.

En 2006, elle est employée dans le cadre d’une Journée nationale de la gendarmerie (JNG) à Rouen pour animer des activités ludiques permettant au public de découvrir l’Institution. Sur place, elle rencontre un gendarme affecté au Service d’information et de relations publiques des armées (SIRPA) qui lui parle de postes d’aspirants vacants au SHD. « Je dépose mon dossier et je suis recrutée dans la 53ème promotion d’aspirants, dans l’optique de devenir chercheur au SHD. » Mais Elinor n’a même pas le temps de chercher avant de trouver une place de choix : « Durant ma formation d’aspirant à Melun, j’apprends l’ouverture d’un poste de documentaliste et d’adjoint au chef du musée de la gendarmerie. Un protocole a été signé avec Michelle Alliot Marie pour ouvrir un « vrai musée », avec de l’ambition. Je postule et je suis recrutée pour notamment faire le lien entre le musée et l’agglomération de Melun qui propose uneaide financière.»

La femme à l’origine du musée de la gendarmerie

Lorsque le chef du musée part en 2011, Elinor se voit proposer la fonction, lui permettant ainsi d’assurer une continuité dans l’élaboration du projet. Le poste étant transformé, Elinor l'intègre comme officier sous contrat avant de remplir toutes les conditions et d’être finalement activée, en 2012, dans le corps des OCTA. « J‘y suis restée pendant 10 ans, avec pour mission d’ouvrir un nouveau musée pour la gendarmerie et de participer à sa première année de fonctionnement », explique Elinor. Une tâche passionnante mais colossale nécessitant une grande polyvalence entre le montage de projet, l’accompagnement du chantier, la construction budgétaire et RH, le déménagement et l’installation des collections, leur mise sous sécurité, etc.

© Ministère de l'Intérieur/A. LEJEUNE

« L’inauguration a eu lieu en 2015, en présence du ministre de l’Intérieur, sachant que c’est le seul musée de France qui existe au sein de ce ministère ! », relate Elinor. Un évènement inoubliable pour elle, marquant l’aboutissement de ce projet herculéen. Plus tard, elle est nommée « chevalier des Arts et Lettres » en récompense de son investissement, une distinction rarement décernée aux militaires.

Un sens inné pour la communication

Forte de ce défi relevé avec brio, la commandante est affectée, dès 2017, à la section des officiers presse au SIRPA. Un poste qui lui sied comme un gant, puisqu’il s’agit de gérer les relations publiques entre la gendarmerie nationale et la presse nationale, voire internationale. « En réalité, au départ, j’avais demandé un poste de rédacteur. Je n’imaginais pas qu’un OCTA pouvait occuper ce type de poste, qui requiert une fine connaissance de la gendarmerie sur le terrain. Mais la diversité de profils au sein de la section permet de se compléter et finalement cela se fait très bien ! D’autant qu’à travers le musée, j’ai étudié la gendarmerie dans son ensemble et les nombreux échanges que j’ai pu avoir me permettent de ne pas être perdue. »

© GENDARMERIE/SIRPA/F.Balsamo

Dotée d’un entregent naturel facilitant le lien avec les journalistes, Elinor apprécie aussi le fait d’être régulièrement projetée sur le terrain. « J’ai pu vivre des expériences hors norme, comme un déplacement en Nouvelle-Calédonie, avec les escadrons de gendarmerie mobile, pour assurer la communication à l’occasion du premier référendum », se souvient-elle. Une matière qui lui plaît tellement qu’elle compte bien poursuivre dans ce domaine.

© GENDARMERIE/SIRPA/F.Balsamo

Admise à l’École de guerre cette année, elle devrait, dès cet été, partager son temps entre des études au CELSA et son nouvel emploi de chef de cabinet, où elle aura notamment pour mission de faire rayonner une unité spécialisée, au niveau national et international.

Magie d’une carrière en gendarmerie, la jeune femme était loin d’imaginer en arriver là il y a 15 ans : « L’expérience m’a démontré que j’avais tort de penser que les OCTA n’étaient pas recherchés. Il en est de même d’ailleurs sur le fait que je sois une femme, la question ne s’est jamais posée. D’autant que les milieux culturel et journalistique ont justement tendance à être très féminisés. » Intégrant bientôt les rangs d'une unité spécialisée, Elinor n’a pas fini d’enfoncer des portes en gendarmerie!

© GEND/SIRPA/F.GARCIA

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