Portraits

Face à la détresse, le gendarme Enzo ne retient pas son souffle

Auteur : la lieutenante (R) Amélie Delcamp - publié le
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© Gendarmerie nationale

En juillet 2020, dans le cadre d’une patrouille de prévention de proximité près de Dax, le gendarme Enzo, tout juste cinq ans d’ancienneté en gendarmerie, est venu au secours d’une personne en détresse respiratoire.

« Tout a commencé comme une patrouille normale, lorsqu’une personne nous a appelés à l’aide en nous disant qu’elle venait de voir quelqu’un tomber dans les escaliers. À notre arrivée, la victime, d’un certain âge, ne respirait plus, et une infirmière libérale tentait déjà de lui prodiguer les premiers soins. Devant sa détresse, j’ai tout de suite eu le réflexe de répéter les gestes appris en formation de secourisme. »

Pendant plus d’une demi-heure, et avec l’aide de ses camarades, le gendarme Enzo prodigue un massage cardiaque efficace, ce qui permet de relancer le cœur de la victime à deux reprises. Il contribue à stabiliser l’état de la personne âgée, afin qu’elle puisse être évacuée en toute sécurité vers l’hôpital le plus proche.

« Sur le moment, tout se passe vite, il n’y a pas le temps de se poser des questions ou de trop réfléchir. J’ai toutefois toujours pris le soin de vérifier si mon positionnement était bien conforme pour être efficace dans la réalisation du massage cardiaque. C’était la première fois que je réalisais cet acte sur une personne. J’ai simplement essayé de faire de mon mieux pour la sauver. Mais je tiens à souligner qu’il s’agissait d’un travail d’équipe : alors qu’un camarade me relayait, un autre rendait compte de la situation à chacune des étapes. »

Le contexte sanitaire n’a pas arrêté le jeune gendarme, qui a su s’adapter en utilisant son matériel de secours personnel. Il a ainsi pratiqué les insufflations selon un protocole particulier, pour éviter la transmission de la Covid-19 et d’autres maladies. En effet, dans sa trousse de secours, il disposait d’un masque « bouche-à-bouche » avec valve anti-retour pour éviter des rejets de salive et de sang.

« Je me suis toujours intéressé au secourisme et aux différentes techniques de secours à la personne, même si je n’ai suivi que les formations initiales de secourisme obligatoires en gendarmerie (PSC1 et SIG1). Néanmoins, au sein de l’escadron, j’ai la chance d’avoir des camarades spécialisés dans ce domaine et je n’hésite pas à leur poser de nombreuses questions. »

La curiosité professionnelle et le sens du devoir sont des qualités que le gendarme Enzo cultive depuis très jeune. Enfant, il se rêvait déjà militaire de la gendarmerie pour se vouer au service des autres. Sous l’œil intrigué de ses parents, qui ne connaissaient pas ce milieu, il devient gendarme adjoint volontaire au sein d’un PSIG (Peloton de surveillance et d’intervention) à tout juste 18 ans. Deux ans plus tard, il réussit haut la main le concours de sous-officiers et choisit de rejoindre la gendarmerie mobile. Toujours humble et tourné vers les autres, il se dit très ému d’être mis à l’honneur pour son action.

« Lorsque la victime a rejoint l’hôpital, je ne me suis pas tout de suite rendu compte de la portée de mon action, j’ai simplement eu l’impression d’avoir fait mon devoir de gendarme. Avec les autres personnels présents, nous avons ensuite continué notre patrouille tout naturellement. J’ai toutefois été touché d’apprendre que la personne que j’avais réanimée était décédée à l’hôpital. Son état de santé général était déjà faible, mais avec mes collègues, nous avons fait tout ce que nous pouvions pour la sauver. J’ai été très surpris d’être contacté par mon chef d’escadron pour faire partie des « héros du quotidien ». C’est également un grand honneur et une chance de pouvoir défiler sur les Champs lors du 14 juillet. Mes camarades sont très fiers de moi et m’encouragent beaucoup, même si à mes yeux, rien n’aurait été possible sans eux, et sans une bonne coordination entre nous. Nous sommes une bonne équipe, soudée, et soucieuse du professionnalisme. »