Immersion

Déploiement des élèves sur le terrain : les bureaux des ressources humaines à la manœuvre !

auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
Photo d'illustration
© D.R.

Dans le cadre de la crise sanitaire actuelle, la gendarmerie nationale a choisi de déployer en avance de phase les élèves qui se trouvaient encore en école. Cette manœuvre inédite a représenté un travail considérable, à accomplir dans l’urgence, pour les Bureaux de la gestion du personnel (BGP) des différentes régions. Retour sur cette opération en Champagne-Ardenne.

Si l’annonce d’un départ imminent sur le terrain a provoqué un choc et de nombreuses interrogations pour les jeunes élèves en école de gendarmerie, les personnels du Bureau de la gestion du personnel (BGP) de la région Champagne-Ardenne n’ont pas vraiment eu le temps de se poser de question !

J’ai l’honneur d’être affecté à…

Très vite, il a fallu trouver la meilleure option pour chacun. « Les écoles de gendarmerie nous ont fait parvenir, dès le 16 mars, les listes des élèves concernés. Ces derniers avaient émis des vœux par groupement et par compagnie », explique la commandante Lætitia Sohier, actuellement à la tête du BGP de la région Champagne-Ardenne.

Jusqu’ici cela peut sembler simple, mais d’autres paramètres entrent également en jeu.

« Même si la région Champagne-Ardenne connaît un déficit de gradés d’encadrement et des besoins en effectifs d’une manière générale, l’arrivée massive d’élèves dans des délais contraints a conduit avant toute chose à devoir déterminer les unités disposant de logements vacants ou en surnuméraire. En effet, la période du plan annuel de mutations n’est pas encore effective et la crise sanitaire génère des difficultés pour le déménagement des sous-officiers concernés par une mutation imminente ».

Certains ajoutent encore de la difficulté sans le vouloir, avec des situations personnelles particulières, comme les gestions de couple par exemple ! « Nous avons réussi à les affecter dans des lieux proches l’un de l’autre. Nous avons fait en sorte de respecter au mieux les desiderata de chacun ! »

Les ordres de mutation sont ensuite établis, en urgence, par la région, le tout entre le 19 et le 23 mars.

Une manœuvre inédite pour les écoles de gendarmerie

Afin de se conformer aux mesures gouvernementales liées à l’épidémie de coronavirus tout en renforçant les effectifs sur le terrain pour faire face à..

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Tous en action !

les mesures de confinement étant déjà effectives, il est important de préciser que le BGP, et plus particulièrement la section du personnel non officier, a dû fonctionner avec seulement la moitié de ses effectifs en présentiel, pour accomplir cette tâche dans un temps record, soit deux personnels ! Heureusement, dans la manœuvre, ces militaires ne sont pas seuls !

« Nous avons travaillé en lien avec le bureau de l’immobilier et du logement pour déterminer où se trouvaient d’éventuelles habitations libres. Le bureau des soutiens opérationnels a également permis de mettre à disposition du matériel pour meubler les logements avec des lits, des tables, des chaises, etc. Le bureau budget et administration, pour sa part, a financé l’achat de matelas. Enfin, il y a aussi eu de véritables élans de solidarité de la part de familles de gendarmes, qui ont mis à disposition du mobilier, de l’électroménager, de la vaisselle, pour parfaire l’accueil des militaires, dans l’attente de l’arrivée de leurs effets personnels, une logistique d'autant plus importante lorsque ces derniers sont chargés de famille », se félicite la commandante.

Le souci est heureusement moindre avec les élèves qui ne sont pas affectés mais seulement détachés en tant que stagiaires. En effet, pour ces derniers, le BGP a pu privilégier des unités proches de leur domicile, même si la majorité d’entre eux a pu se voir attribuer un hébergement pour gendarme adjoint volontaire.

Le temps de la manœuvre passé, ce sont près de 70 élèves au total qui ont rejoint les terres de Champagne-Ardenne en moins d’une semaine !