Immersion

Des patrouilles pour surveiller les voies d’eau, les berges et plus si affinités

auteur : Morgane Jardillier - publié le
© BRC F.Ferroli

Depuis la mise en place du confinement, les voies d’eau et les berges sont interdites d’accès par différents arrêtés préfectoraux pris dans le cadre de la crise sanitaire. La brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine, subordonnée au Commandement de la gendarmerie des voies navigables (CGVN), vérifie que les mesures de confinement soient bien respectées par la population.

Si vous pensiez flâner au bord de la Seine, de la Marne ou encore de l’Oise pour profiter d’un cadre agréable au soleil, écouter le doux clapotis de l’eau, assister à l’éveil printanier ou encore pratiquer des activités sportives ou nautiques, vous avez rapidement dû vous rendre compte que votre plan allait tomber à l’eau et risquait de vous coûter une amende salée.

Il est vrai que les températures estivales, depuis le début du confinement, ont de quoi susciter l’envie de la population d’aller prendre l’air dans ces paysages bucoliques. Toutefois, depuis les mesures mises en place, circuler sur le fleuve et les berges n’est plus autorisé. Pour veiller au bon respect des règles de sortie, la brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine s’adapte et procède à des contrôles mais pas uniquement sur l’eau …

Aucune zone exclue

Depuis le 17 mars, la brigade fluviale a une mission particulière : faire que les berges et les voies d’eau restent désertes ! Du jour au lendemain, un certain nombre de mesures ont été prises par un arrêté des Voies navigables de France (ndlr : le gestionnaire des voies d’eau) interdisant la navigation touristique et de plaisance, incluant les sports et activités nautiques. Seul le fret fluvial a été maintenu pour permettre notamment l’approvisionnement en produits essentiels.

« Nous nous sommes très rapidement aperçus que le ralentissement économique allait provoquer une très forte dégradation de la navigation de commerce, explique le lieutenant-colonel Nicolas Künkel, commandant le CVGN. Nous avons donc mis provisoirement de côté les contrôles de ce type de navigation pour leur permettre de continuer de travailler. De ce fait, nous avons dû réarticuler l’exécution de nos missions traditionnelles. »

Contrôle des gendarmes de la brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine le long des berges dans le cadre du Covid19Contrôle des gendarmes de la brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine le long des berges dans le cadre du Covid19
© BRC F.Ferroli

Les gendarmes de la brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine portent désormais leur effort sur le contrôle du bon respect des mesures liées au confinement. Dorénavant, ils s’assurent que les voies d’eau et les berges ne soient pas occupées par des personnes peu respectueuses des arrêtés préfectoraux mis en place dans le cadre de la crise sanitaire. Les règles n’ont toujours pas changé : une heure de sortie maximum, dans un rayon d’un kilomètre autour de son domicile et bien évidemment muni de son attestation.

Tous les moyens sont bons !

Pour mener à bien ces missions, le CVGN dispose, en plus de ses moyens nautiques, des véhicules tout-terrain, des VTT et un drone, permettant ainsi d’accéder à certaines zones difficiles d’accès et d’appuyer l’action des patrouilles.

Cette combinaison de moyens associée à des patrouilles en bateau a permis de n’oublier aucune partie du territoire. « Cela nous a permis d’être très complémentaires des services mis en place par les groupements et d’avoir de très bons résultats en termes de contrôles. »

Patrouille VTT le long des berges dans le cadre des contrôles Covid19Patrouille VTT le long des berges dans le cadre des contrôles Covid19
© BRC F.Ferroli

« Au fur et à mesure, nous nous sommes rendus compte que la population respectait globalement les interdits. Les contrôles sur l’eau n’étaient donc plus pertinents. Ainsi, nous avons donc mis en place des patrouilles en VTT, qui nous ont permis d’accéder plus facilement à certaines zones plus difficiles d’accès et d’être présents sur les berges, particulièrement appréciées des sportifs et des promeneurs », ajoute la major Anne-Laure P.D.S, commandant la brigade fluviale de Conflans-Sainte-Honorine.

Tous mobilisés

« Compte tenu de la baisse d’activité et dans le but de renforcer les équipes et, surtout, d’agir de manière coordonnée, j’ai décidé d’intégrer également les personnels de l’état-major aux patrouilles réalisées par la brigade fluviale », explique le lieutenant-colonel. Ainsi, sur la base du volontariat, les personnels du corps du soutien, également détenteurs du permis bateau, ont pu « goûter » au terrain.

Les enquêteurs de la brigade de recherches, eux, ont reçu la mission complémentaire de se saisir de tous les contentieux relatifs au COVID. Si dans 90 % des contrôles, il n’y a rien à signaler, certaines personnes se sont montrées irrespectueuses et parfois agressives, nécessitant une réponse judiciaire appropriée.

Répondre présent

La crise sanitaire impose maintenant une certaine distanciation entre les individus, mais les gendarmes n’ont pas pour autant perdu leur goût du contact et de la proximité et continuent d’être au service du citoyen.

Prise de contact avec des professionnels de la navigation de commercePrise de contact avec des professionnels de la navigation de commerce
© BRC F.Ferroli

Comment ? En accompagnant au mieux le milieu fluvial et nautique. « Nous prenons contact avec tous les professionnels du secteur et les personnes habitant sur les bateaux-logements. Nous leur proposons une offre de sécurité et d’accompagnement. » Ainsi, après avoir fait le point sur la situation des professionnels, les gendarmes proposent de mettre à leur disposition les capacités de la gendarmerie en prenant attache par exemple avec le référent sûreté.

Ces actions d’accompagnement ne prendront pas fin avec la levée du confinement. Les gendarmes de la brigade fluviale vont également apporter leur aide concernant les documents administratifs de dérogation, nécessaires à la navigation, puisque le ministre des Transports a décidé, en raison de la crise, de prolonger d’un an la validité des documents. Une autre manière d’accompagner les professionnels du secteur.