Immersion

Essonne : un dispositif pour veiller au respect du confinement

Auteur : Pablo Agnan - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© GGD 91

La compagnie de gendarmerie départementale de Palaiseau a mis sur pied un Dispositif de gestion des événements (DGE) dès le début des mesures de confinement. Un dispositif qui a très vite fait ses preuves.

Dès l’annonce des mesures de confinement liées au Covid-19, le 17 mars, un dispositif de gestion des événements (DGE) de la compagnie de gendarmerie départementale de Palaiseau, a vu le jour. Initialement, c’est un Dispositif de gestion des événements nocturnes (DGEN) qui devait être mis sur pied pour être opérationnel au mois de mai. La pandémie du coronavirus et les mesures qui s’en sont suivies en ont décidé autrement. « Il a été avancé et remanié afin de répondre aux nouveaux enjeux de sécurité liés au confinement », précise le lieutenant-colonel (LCL) Nicolas Parra, commandant de la compagnie. Une naissance avant terme donc, mais qui n’handicape absolument pas ce DGE, déjà bien huilé après plus d’une semaine de confinement.

Une prompte mise en place qui répond à trois impératifs : « La nécessité de faire appliquer les mesures de restriction des déplacements de jour et de nuit, celle de protéger les points d’intérêts vitaux de l'arrondissement, ainsi que les sites de distribution alimentaire et les banques », énumère l’officier, avant de conclure par l’impérieuse nécessité de « protéger les personnels par un fonctionnement en bordée, en minimisant les contacts au sein et entre les unités, tout cela dans le but de durer ».

Transverse, flexible ; les qualificatifs ne manquent pas pour définir ce dispositif, actif 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Une sorte de couteau suisse, qui, de jour comme de nuit, répond à toutes les missions qui lui sont confiées, et en premier lieu celles relatives au confinement. « Chaque jour, nous mettons en place 12 points de contrôle, fixes et aléatoires à travers l’arrondissement de Palaiseau », détaille le LCL. Ces lieux sont choisis en fonction des renseignements fournis par les hélicoptères de la section aérienne de Vélizy-Villacoublay ainsi que ceux provenant des patrouilles et de la veille des réseaux sociaux, mise en oeuvre par le groupement de gendarmerie de l’Essonne.

Des actes de délinquance en diminution

Pour mener à bien l’application des mesures de confinement et de restriction des déplacements, le DGE est armé, en journée, de trois patrouilles de premiers à marcher (PAM, c’est à dire les gendarmes des différentes brigades engagés en premier sur une intervention, NDLR) et appuyé par deux patrouilles du Peloton de surveillance et d’intervention de Palaiseau (PSIG). « L'idée est d'accroitre notre empreinte au sol, tout en confinant nos personnels au maximum », précise l’officier. Mais les 70 militaires qui composent ce dispositif ne limitent pas leur action au bon respect des mesures prises par le Président de la République. « De 7 heures à 23 heures, ils doivent répondre aux interventions du quotidien », comme aux appels du 17, aux troubles à l’ordre public et enfin, aux atteintes aux biens. Un dernier point sur lequel insiste particulièrement le militaire.

En cette période incertaine, les commerces proposant des produits alimentaires constituent une cible de choix pour les malfaiteurs. C’était notamment le cas le 20 mars dernier, à Saulx-les-Chartreux, lorsque des hommes cagoulés ont tenté de dérober des palettes dans la réserve du magasin Grand Frais. Globalement, de jour, « les actes de délinquance diminuent », constate le commandant de la compagnie. Seul le trafic sur la N20 reste plutôt dense, avec 420 véhicules par heure, comme le relate Le Parisien.

De nuit, le dispositif s’allège mais ne ferme pas les yeux pour autant. 20 gendarmes, répartis en cinq équipes, dont deux du PSIG, patrouillent en autonomie, de 23 heures à 7 heures du matin, commandés par un gradé du DGEN, armé de plusieurs gendarmes officiers de police judiciaire.

Les problématiques sont les mêmes qu’en journée : « contrôle des flux et patrouilles aux abords des commerces, notamment des grandes surfaces, qui sont approvisionnées durant ce laps de temps ». L’obscurité facilitant la discrétion, les militaires veillent encore plus attentivement qu’en journée à disperser toute forme de rassemblement ; jeudi dernier encore, des étudiants du campus urbain du plateau de Saclay ont vu leur fête stoppée par les gendarmes.