Immersion

Gendarmes dans les îles… bretonnes !

Auteur : l’adjudant Alexandre Boulais, Région Bretagne - publié le
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© Boulais Alexandre

S’adapter, tel pourrait être le maître mot de ces gendarmes, affectés toute l’année sur les îles de Groix et de Belle-île-en-Mer, dans le département du Morbihan. Contrairement à beaucoup d’îles du territoire, qui voient s’implanter des gendarmes au moment des périodes estivales, ces deux-là bénéficient de la présence permanente des militaires.

L’évocation du travail des gendarmes sur les îles est souvent associée à la saison estivale. Avec près de 22 000 habitants à Groix et 40 000 à Belle-Île en plein été, les gendarmes bénéficient de renforts de réservistes pour mener à bien leurs missions de prévention, de police de la route ou de police judiciaire, comme sur le continent. De Pâques à la rentrée de septembre, le nombre d’interventions, de plaintes et de sollicitations est ainsi considérablement accru, à l’instar de beaucoup de stations balnéaires ou de villes côtières.

Mais c’est hors-saison que les spécificités d’une affectation sur une île sont les plus mesurables.

L’adjudant-chef Jean-Yves Picquot et l’adjudant-chef François Prime commandent respectivement la Brigade territoriale autonome (BTA) de Groix et la BTA de Le Palais, à Belle-Île.

Une situation calme hors-saison

Avec la fin des beaux jours, une grande partie des résidents quitte les îles. La population de Groix redescend alors à 2 300 habitants et celle de Belle-Île à 5 200, répartis sur quatre communes. Avec une forte proportion de résidences secondaires, cette fonte démographique réduit l’activité des unités sur les deux îles.

En dépit de cette activité calme, il faut toutefois maintenir une nécessaire capacité d’intervention.

C’est pourquoi les cinq militaires de Groix et les sept de Belle-Île, comme dans toutes les brigades de France, assurent une permanence opérationnelle. Elle s’exerce avec les contraintes liées à un isolement naturel, qui peut être un avantage en matière de délinquance, mais qui devient vite un inconvénient en matière de secours ou d’urgence. Les gendarmes doivent, en la matière, faire preuve d’une grande autonomie.

Ils peuvent aussi compter, dans un délai soumis aux conditions météorologiques, sur le soutien des unités du groupement du Morbihan et, notamment, sur celui de la brigade nautique de Quiberon, composée d’enquêteurs subaquatiques.

S’adapter à la vie insulaire

Être insulaire génère également certaines contraintes. Sans comparaison avec leurs camarades affectés dans les territoires ultramarins, les gendarmes de ces unités doivent toutefois composer avec cette coupure avec le continent. Sur le plan personnel, il faut être préparé à un mode de vie qui suit le rythme saisonnier, ne serait-ce que pour l’emploi du conjoint. Une autre particularité concerne la scolarisation des enfants, qui n’est possible que jusqu’à la classe de 3e. La suite du cursus au lycée impose donc une contrainte logistique pour se rendre sur le continent.

Proximité et cohésion avec la population

Au-delà de ces aspects, les gendarmes des îles de Groix et de Belle-Île-en-Mer ont à cœur d’offrir un service de proximité efficace aux populations qu’ils protègent. D’ailleurs, un lien très fort se crée entre eux et la population. Reconnus, intégrés et soutenus par les habitants et par les élus, ils peuvent rapidement identifier les familles et les interlocuteurs, ce qui permet de régler de nombreuses situations.

La notion de Police de sécurité du quotidien (PSQ) y trouve tout son sens. Il faut en effet être en mesure de comprendre l’état d’esprit d’un « Groisillon », habitant de Groix et d’un « Bellilois », habitant de Belle-île-en-Mer.

En quittant l’île en bateau et en la voyant disparaître dans la brume, on ne peut s’empêcher de penser que là-bas, il y a ce petit quelque chose, peut-être l’eau qui les sépare et les laisse à part…, comme l’a si bien chanté Laurent Voulzy.