Immersion

Le quotidien d'une brigade d'Ille-et-Vilaine pendant le confinement

auteur : l'adjudant Alexandre Boulais (CABCOM RGBRET ) avec le capitaine Éric Costa - publié le
© ADJ A. Boulais

Assurer la sécurité des personnes et des biens 24 heures sur 24, c’est le quotidien des militaires de plus de 3 000 brigades de gendarmerie départementale sur tout le territoire. Même pendant la crise sanitaire liée au COVID-19 et le confinement, les gendarmes continuent d’assurer les missions « traditionnelles » de la gendarmerie nationale. Focus sur une journée avec les brigadiers de Pace, en Ille-et-Vilaine.

Unité classique de gendarmerie départementale composée de 33 personnels, la Brigade territoriale autonome (BTA) de Pace, en Ille-et-Vilaine (35), organise son service quotidien afin de répondre à la situation liée au coronavirus, tout en continuant d'assurer les missions classiques que sont notamment la surveillance générale, l'intervention et la police judiciaire.

Une matinée au contact

Ce matin-là, un binôme d’astreinte, appelé PAM (premiers à marcher), assure les interventions sur la circonscription de l'unité. Dans les moments plus calmes, dans le cadre de la Police de sécurité du quotidien (PSQ), ils prennent le temps d'aller au contact des entreprises et des commerces. Ils s'assurent de leur sécurité mais également de la mise en place de mesures barrières et du respect des règles de distanciation. Ces prises de contact nombreuses permettent d’informer et de rassurer ces professionnels, aujourd’hui confrontés à de nombreuses questions.

Les PAM se rendent également dans les pharmacies, au regard notamment du déploiement dans les officines du dispositif de signalement des violences conjugales par le ministère de l’Intérieur. Ce dernier permet à une personne victime de violences au sein de son foyer, de prétexter une sortie pour se rendre à la pharmacie et, grâce à un mot de passe, de signaler les faits au pharmacien, qui alerte alors les forces de l'ordre compétentes.

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La patrouille se poursuit dans un parc du territoire, régulièrement fréquenté pendant le confinement, notamment par les gens qui pratiquent leur activité physique quotidienne. Cette patrouille pédestre permet de contrôler que les personnes présentes sont bien en possession de leur attestation de déplacement et de leur pièce d’identité. Pas de verbalisation ce matin, mais quelques rappels.

Une après-midi plus « sportive »

Les effectifs ayant patrouillé le matin restent au bureau l'après-midi afin de poursuivre les procédures judiciaires en cours. Ils sont relevés sur le terrain par un nouveau binôme. Cette fois-ci, c'est à VTT que la surveillance se poursuit. Le VTT offre une mobilité et une discrétion plus importantes, permettant d'arriver plus vite sur des lieux difficiles d'accès et, peut-être, surprendre l’auteur d’une infraction. Alternant des passages en ville et à la campagne, les deux gendarmes veillent à la fois à la sécurité des établissements fermés, à l'instar des restaurants ou des salons de coiffure, mais aussi au respect des mesures de confinement dans les bois et sur les chemins.

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Pendant ce temps à l'unité...

La surveillance générale n'est pas la seule mission de la brigade. Dans le même temps, d'autres militaires s'affairent aux procédures judiciaires, aux enquêtes administratives ou aux divers signalements. Particularité pour Pace, sa circonscription comprend un établissement pénitentiaire. Un bureau composé de quatre gendarmes y est dédié et traite les enquêtes judiciaires mettant en cause des personnes déjà incarcérées, ainsi que celles relatives aux infractions commises au sein de l’établissement. Ce sont ainsi près de 1 200 procédures traitées chaque année. Aujourd’hui, trois d’entre eux se rendent aux abords de l’établissement en raison de la multiplication des lancers d’objets à l’attention des détenus. L’occasion pour eux d’en apprendre plus sur la manière d’opérer de ces « ravitailleurs ».

Place à l'instruction

Même en temps de crise, il faut veiller à la formation continue et au maintien en condition opérationnelle. La journée se termine par une formation en intervention professionnelle pour les trois élèves- gendarmes venant d'être affectés à la BTA. Un moniteur d'intervention professionnelle leur dispense une instruction alternant des ateliers techniques et des mises en situation. C'est également un temps d'échanges entre les nouvelles recrues et le moniteur expérimenté, qui peut répondre à bon nombre de questions encore restées sans réponse.

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La situation actuelle a donc conduit les gendarmes de l'unité à adopter une nouvelle organisation dans leur travail quotidien. Ces changements ne les empêchent pas de continuer à répondre présent pour accomplir leurs missions : protéger, intervenir, secourir et enquêter.