Immersion

COB de Remoulins : sécurité des populations et des grands événements

Auteur : Angélina Gagneraud - publié le
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Les gendarmes mobiles participent à la sécurisation des féeries du Pont du Gard le week-end de la Pentecôte.
© SirpaGend – BRC F. GARCIA

La COB de Remoulins assure la sécurité du quotidien comme celle des grands rassemblements d’un des plus grands sites de France : le Pont du Gard.

« Réfléchir en Cob »

« Je vais enfoncer des portes ouvertes, mais une Cob n’est pas une BTA (Brigade Territoriale Autonome). Même si sur le papier nous avons un effectif important, nos trois brigades (Remoulins, Aramon, Montfrin) sont à quinze minutes de route, et cela a des conséquences sur l’organisation du service, explique le lieutenant Olivier Gantois, ancien enquêteur en unité de recherches et commandant de Cob depuis le 1er août 2016.

Réfléchir en Cob implique une planification efficiente. Le planton est de service ici, à Remoulins, qu’importe son lieu de résidence, et les Pam (Premiers à marcher) prennent en compte toute la "circo". Autant que possible, ils tournent à deux ou trois de la même résidence, avec un Officier de police judiciaire (OPJ).

Nous avons adopté un système de fractionnement en matinée/après-midi-soirée pour le planton, les Pam et la permanence OPJ, car l’activité est souvent dense. Cette organisation offre plus de souplesse aux militaires, notamment lors des gardes à vue nocturnes, puisque l’OPJ de nuit peut aller se reposer et reprendre l’affaire le lendemain après-midi. »

La mise en place de la nouvelle circulaire relative au temps de travail, les services spéciaux comme les féeries du pont du Gard et surtout les nombreuses fêtes votives de l’été apportent leur lot de complexité dans l’organisation quotidienne de l’unité.

« La Cob est toujours autant sollicitée qu’avant, mais aujourd’hui la gymnastique de conception du service et des dispositifs est différente », précise l’officier.

Connaître sa « circo »

« Les rapports sont très bons avec les commerçants de Montfrin. Nous avons une réelle proximité avec eux, souligne la gendarme Nathalie Berger-Perrin-Orcel, bien implantée dans le village. La fleuriste du village est celle que j’ai choisie pour mon mariage ! »

Un sourire est esquissé, mais le principe fait sens : connaître sa « circo », territoire et habitants, est essentiel pour tout militaire affecté en brigade territoriale. Il est d’autant plus indispensable qu’il amène du renseignement et rassure la population.

Le sous-officier en est convaincu : « Le marchand de tabac/journaux s’est déjà fait cambrioler une fois et a eu un cas de faux billets. Nous passons souvent dans son commerce pour montrer la présence des forces de l’ordre. »

Et le lieutenant de préciser : « L’essentiel de notre délinquance provient de communes situées en bordure de notre circonscription. Mais, je dois l’avouer, nous avons quelques bons "clients" ici aussi, et nous les connaissons bien. »

Pont sous surveillance

Classé grand site de France, le Pont du Gard attire plus d’un million de visiteurs chaque année.

« L’été, en journée, le flux est impressionnant et provoque souvent des embouteillages, raconte le gendarme Yannick Noël, parmi les plus anciens de l’unité. Ce qui pose le plus souci, ce sont les vols à la roulotte dans les parkings à proximité du site et les incivilités liées à l’activité des canoës-kayaks, qui passent sous le pont ou dans le secteur. »

En effet, des jets de pierres et autres troubles à l’ordre public gênent cette activité touristique. L’été, les gendarmes mobiles patrouillent avec ce moyen nautique pour prévenir les actes de malveillance.

Les deux premiers week-ends de juin, le site organise des féeries. Musique, contes, lumières et feux d’artifice sont au rendez-vous pour le plus grand plaisir des 3 000 à 5 000 spectateurs.

Sur les sites d’affluence touristique, comme cette plage naturelle sur les rives de l’Ardèche, des patrouilles de gendarmes, mêlant militaires d’active et de réserve, assurent une présence rassurante.

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« Les récents attentats nous ont obligés à renforcer le dispositif de contrôle qui est aujourd’hui bien abouti. S’ajoutent aux employés du site et au barriérage, des militaires de la Cob, des réservistes, des gendarmes mobiles ainsi que la police intercommunale du Pont-du-Gard… Tous sont intégrés pour la sécurité de cet événement », explique Christophe Maurel, directeur sûreté/sécurité du pont du Gard et ancien de l’Arme.

Ce même week-end de Pentecôte, la feria de Nîmes bat son plein. Cependant, la Cob de Remoulins n’est pas impactée : la priorité est donnée aux féeries du pont. Le lieutenant reçoit une alerte : il y a eu un attentat à Londres. Les militaires sous ses ordres sont en vigilance maximale.

Rouler pour la sécurité

Cet après-midi-là, les adjudants Stéphane Rameau et Yannick Pichot sont en patrouille en motocyclettes vertes. Utilisés lors des recherches de personnes et à l’occasion de rave parties organisées dans la garrigue, ces engins sont également utiles le long de la voie verte.

Au niveau de l’aqueduc de Comps, les militaires rencontrent le maire de la ville, satisfait de les voir là. « Il y a eu plusieurs cambriolages dans les lotissements isolés en bordure de voie. Un vice-procureur de Nîmes a été l’une des victimes…

À chaque fois, l’enquête de voisinage révèle qu’il y a eu des bruits de scooters sur la voie », confient les enquêteurs, qui accentuent leur présence lorsque le service le permet.

Une présence visible

L’échangeur autoroutier, la nationale, la ligne ferroviaire, les deux ponts qui traversent le Rhône et relient le secteur de Remoulins à d’autres groupements sont autant d’axes qui amènent leurs lots d’activités.

Sur cette zone étendue, les patrouilles et les contrôles de la Cob se succèdent. En semaine, des réservistes fidélisés à Remoulins renforcent le dispositif de lutte anti- cambriolages.

Cet été, un détachement de surveillance et d’intervention armé par dix gendarmes mobiles sera activé, notamment la nuit, à l’occasion des fêtes votives.