Immersion

Charente-Maritime : DEPP et DGE de concert sur la Presqu’île d’Arvert

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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Le PSIG sabre de Rochefort profite de ses patrouilles pour aller au contact des commerçants et des vacanciers.
© GND F. Garcia

Mis en place sur le groupement de Charente-Maritime en avril dernier, le Dispositif de gestion des événements (DGE) est expérimenté pour la première fois cet été dans le cadre du Dispositif estival de protection des populations (DEPP), pour lequel la brigade territoriale autonome de La Tremblade voit ses effectifs renforcés par une trentaine de gendarmes départementaux, mobiles et réservistes. Leur action est complétée par les militaires du PSIG Sabre de Rochefort.

Avec ses plages de sable fin, sa Côte sauvage, sa « lagune verte » formée par les quelque 8 000 hectares de forêt domaniale de la Coubre, que l’on peut observer du haut du phare éponyme, ses kilomètres de sentiers de randonnée et de pistes cyclables, la Presqu’île d’Arvert attire chaque été de très nombreux touristes à la recherche de vacances nature.

Située à la pointe de ce site prisé, la Brigade territoriale autonome (BTA) de La Tremblade voit ses effectifs renforcés par une trentaine de personnels (gendarmes départementaux, mobiles et réservistes) pendant les deux mois d’été, afin de faire face à l’augmentation considérable de la population sur cette zone touristique, ainsi qu’à ses effets pervers en termes de délinquance. Car outre ses atouts naturels, le secteur de La Tremblade n’est pas non plus dénué de sites touristiques plus traditionnels, à l’instar de la station balnéaire de Ronce-les-Bains, avec ses bars, ses restaurants et sa fête foraine à demeure, ou encore le quartier de La Palmyre, sur la commune des Mathes, avec son célèbre zoo, un golf 9 trous dessiné dans la Pinède, ainsi qu’un hippodrome. Et pour accueillir tout ce monde, on trouve sur le littoral une concentration exceptionnelle d’hôtellerie de plein air.

Suivant la concentration humaine, l’activité de la brigade se déporte donc au sud de sa circonscription, avec la mise en place d’un poste provisoire à La Palmyre, armé par deux Gendarmes départementaux (G.D.), trois mobiles (G.M.) et quatre réservistes, dont l’action est renforcée par un Détachement de surveillance et d’intervention (DSI) mixte, composé de huit G.M. et sept réservistes. « Nous avons une bonne alchimie entre les différents renforts. Chacun apporte sa plus-value : les G.D. pour la prise en compte des différentes procédures, les mobiles pour leur capacité d'intervention et celle de tenir de la fin d'après-midi en fin de nuit, et les réservistes, qui allient l'expérience des anciens de l'arme et le sang neuf des jeunes recrues. En outre, quand les G.M. sont prélevés le week-end pour des missions de maintien de l'ordre, la présence des réservistes permet d'assurer la continuité. »

Sur le secteur de La Palmyre, le DSI associant les gendarmes mobiles de l'escadron de Mayenne et des réservistes, effectue plusieurs patrouilles entre 15 heures et 7 heures du matin, parfois à VTT.

© GND F. Garcia

Près de 25 % des crimes et délits commis pendant l’été

« L’augmentation de l’activité et le dimensionnement du réseau routier, vite surchargé, nécessitent le prépositionnement de forces, afin d’être en mesure d’intervenir en tout lieu et en tout temps, insiste le chef d’escadron (CEN) Ludovic Burette, commandant la compagnie de gendarmerie départementale de Rochefort, qui bénéficie d'un renfort global de 106 personnels.

L'activité induite par l'affluence estivale l'explique largement. En effet, sur 5 500 crimes et délits enregistrés en moyenne à l'année sur le ressort de la compagnie, 1 400 se produisent au cours des mois de juillet et d’août, soit près de 25 %. Dans le même temps, la gendarmerie effectue en moyenne 8 000 interventions sur douze mois, dont déjà plus de 1 800 entre le 1er juillet 2021 et la mi-août, allant du tapage au chien oublié dans un véhicule, en passant par des violences intra-familiales, des menaces de suicide, etc. Une activité constante donc sur l’année, avec un pic estival, à l'instar de toutes les unités côtières qui doivent gérer une affluence touristique et les incivilités ainsi que la délinquance liées, comme les vols à la roulotte sur les parkings des plages, nécessitant la mise en œuvre de patrouilles dédiées. La présence du massif forestier nécessite par ailleurs une attention particulière au regard du risque d'incendie, même s'il n'y en a pas eu depuis 1976 et que les conditions météo de cet été n'y sont pas favorables.

Rappels sur le port du masque dans le centre-ville, contacts avec les commerçants, vérification de la consommation d'alcool sur les plages… telles sont quelques-unes des missions du DSI de La Palmyre.

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« Nous n'avons pas de phénomène de bandes, de razzias ou de fêtes sauvages. Nous sommes plutôt au contact d'une population familiale, avec quelques débordements parfois, mais qui restent maîtrisés. Nous n'avons pas non plus de délinquance particulière. Pas d'établissement de nuit, mais des bars, sur le secteur de Ronce-les-Bains, qui ferment vers 1 heure du matin. Leur fermeture simultanée, à l'origine de sortie en masse, peut parfois dégénérer sur fond d'alcool. Sur ce créneau horaire, nous injectons le DSI de La Palmyre et le Peloton de surveillance et d'intervention de gendarmerie (PSIG) sabre de Rochefort, qui peuvent travailler de concert »

Multiplier les modes d'action

La compagnie de Rochefort multiplie ainsi les modes d'action pour être présente là où se trouve la population. Cette année, le Dispositif de gestion des événements (DGE), mis en place sur le groupement depuis le 4 avril dernier, et les renforts du DEPP agissent ainsi de concert.

« Le DGE est encore en phase de réglage. Cet été, c'est une expérimentation dans l'expérimentation. Ce dispositif permet de mettre en place des patrouilles sur roue qui prennent en compte un plus grand nombre d'interventions et peuvent agir en plus grande sécurité. Dans le même temps, le PSIG retrouve sa vocation de lutte contre la délinquance, sa capacité d'initiative et d'appui quand nécessaire. Le rythme choisi dans le GGD 17 peut être fatigant et prenant, selon les secteurs et la période, mais c’est globalement positif, estime l'officier. La nuit, nous essayons de faire un tuilage entre le PSIG Sabre, en première partie de nuit, et le DSI en seconde, avec un chevauchement pour une action commune, en particulier sur le secteur de Ronce, au moment de la fermeture des bars. »

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Force d'intervention

Ce soir-là, le LTN Mamadou, récemment affecté à la tête du PSIG Sabre de Rochefort, dirige une patrouille à trois. « Notre mission est d'occuper le terrain en décalage avec les brigades. Nous venons en supplément du DGE, sur un créneau de 22 heures à 3 heures, et nous travaillons en synergie avec les DSI, qui se concentrent sur les secteurs de La Palmyre et d'Oléron, tandis que nous nous focalisons sur le continent, sur les secteurs de Ronce et de Surgères. »

À l'occasion des patrouilles pédestres, le lieutenant engage facilement la conversation avec les commerçants, mais aussi les passants, pour prendre la température et adapter efficacement son service : « Généralement Surgères plutôt l'après-midi, en termes de délinquance de voie publique, et après minuit à Ronces. De la fin d'après-midi au début de soirée, la population y est familiale, mais en fin de soirée, cela change un peu avec l'alcoolisation. »

Le PSIG Sabre de Rochefort occupe le terrain en décalage avec les brigades et en supplément du DGE.

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DGE en patrouille

Le DGE ouest met en œuvre deux patrouilles, en mesure d'intervenir en tout point de leur secteur sur appel du centre d'opérations et de renseignement (CORG), qui dispatche les interventions : tapages, cambriolages et beaucoup de différends familiaux sur fond d'alcoolisation, etc. Le tout nécessitant de nombreuses casquettes : celle de gendarme, mais aussi celles de « négociateur », de psychologue ou encore d'assistante sociale. Les gendarmes du DGE prennent directement en compte les faits et orientent la victime dans la suite de ses démarches, par exemple un dépôt de plainte. En fonction de l'événement, et sur décision du CORG ou du gradé de permanence, les premiers à marcher de l'unité locale peuvent venir en renfort du DGE. Chaque intervention fait ensuite l'objet d'un compte rendu transmis à la brigade compétente.

Le DGE ouest met en œuvre deux patrouilles sur roues, en mesure d'intervenir en tout point de leur secteur.

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