Immersion

En route pour les Alpes-Maritimes avec les gendarmes de l’EDSR

Auteur : Capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃5 min.
© SIRPA - Gend. F.Garcia

Dans un département à forte attractivité et frontalier avec l’Italie, l’action des gendarmes de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR) des Alpes-Maritimes est primordiale. Chaque jour, tout au long de l’année, ils arpentent les routes maralpines en vue d’assurer la sécurité du territoire.

Célèbre pour la beauté de son littoral et le charme de son arrière-pays vallonné, le département des Alpes-Maritimes est une destination prisée tout au long de l’année, attirant de nombreux touristes en plus d’une population locale déjà importante. Ici, un seul axe majeur traverse l’ensemble du territoire : l’autoroute A8. Les touristes s’y mêlent aux travailleurs et aux professionnels de la route. Subissant les conséquences du succès du département, elle se caractérise par un flot de véhicules constant, accompagné de son lot d’infractions. Entre vitesses excessives, conduites en alcoolémie ou sous stupéfiants et comportements à risque, les délits routiers sont fréquents et causent de nombreux drames chaque année. En 2020, plus de 800 accidents corporels ont été constatés au sein du département.

Les routes du département sont également le théâtre d’une autre problématique : l’immigration irrégulière. Département frontalier avec l’Italie, les Alpes-Maritimes sont une véritable porte d’entrée des routes migratoires vers la France.

Pour faire face à l’ensemble de ces situations, les 109 militaires de l’Escadron départemental de sécurité routière des Alpes-Maritimes (EDSR 06) se mobilisent quotidiennement, de jour comme de nuit. À moto ou en voiture, ils sillonnent les axes du département et redoublent de vigilance pour assurer la sécurité du territoire.

Lutte contre l’insécurité routière

« En 2020, notamment en raison des confinements successifs, le nombre de très grands excès de vitesse a été multiplié par 5 par rapport à l’année précédente. Ainsi, nous avons réalisé 750 rétentions de permis de conduire et près de 250 immobilisations administratives de 7 jours à l’occasion des seuls grands excès de vitesse, ce qui révèle une dégradation inquiétante des comportements sur la route », annonce le Lieutenant-colonel (LCL) Renaud Benne, commandant l’EDSR 06.

Des chiffres qui en disent long sur le comportement des automobilistes ! Cause principale des accidents de la circulation routière dans les Alpes-Maritimes, la vitesse atteint parfois des chiffres spectaculaires : lors du dernier confinement, un automobiliste a été surpris circulant à 250 km/h, soit plus de 150 km/h au-dessus de la limitation sur l’axe ! Si sur circuit cela aurait pu paraître normal, sur la voie publique, le véhicule se transforme en danger mortel.

Pour lutter contre ces comportements dangereux, les militaires de l’EDSR mettent régulièrement en place des contrôles de vitesse en différents points de leur territoire. Composés d’opérateurs en charge de l’utilisation de l’Eurolaser, et d’éléments d’interception, à moto ou en véhicule, ces dispositifs coordonnés mobilisent toutes les unités de l’EDSR et couvrent l’ensemble du territoire. Si l’action est bien évidemment répressive, les gendarmes ne transigeant pas face à de tels dangers, elle est également préventive et tend à faire diminuer les comportements dangereux.

© SIRPA - Gend. F.Garcia

« Après la vitesse, le comportement des utilisateurs de deux-roues motorisés est la principale cause d’accident sur notre secteur. Ils sont impliqués dans les trois quarts d’entre eux », explique le commandant de l’EDSR. Sur ce point, l’action préventive est là encore primordiale. « Plusieurs fois dans l’année, et malgré les contraintes sanitaires rencontrées en 2020, nous organisons des journées « Courbes et trajectoires » au profit des motards du département. Nous avons en moyenne 400 participants en tout dans l’année, qui suivent, sur une journée complète, plusieurs modules didactiques et pratiques couvrant les différents aspects de la sécurité à moto. » Grâce à ces opérations dédiées aux dangers spécifiques que rencontrent les deux-roues motorisés, les gendarmes sensibilisent les conducteurs de motocyclettes et de maxi-scooters aux comportements responsables à adopter sur la route, pour leur sécurité comme celle des autres usagers.

© SIRPA - Gend. F.Garcia
© SIRPA - Gend. F.Garcia

Lutte contre l’immigration irrégulière

À quelques kilomètres de la frontière italienne, le péage de La Turbie est un incontournable de l’agglomération niçoise. Sa proximité avec l’Italie en fait un point de passage obligé pour les étrangers qui tentent de rejoindre la France par voie routière. « La lutte contre l’immigration irrégulière fait partie intégrante de nos missions. Chaque semaine, nous organisons deux à trois contrôles, tôt le matin, au péage de La Turbie », indique le LCL Renaud Benne.

Sur place, une dizaine de militaires est mobilisée et contrôle entre 250 et 300 véhicules en quelques heures. Si le bleu semble être la couleur dominante, deux éléments se distinguent toutefois par leur tenue de camouflage. Ces gendarmes en treillis ont une mission bien particulière, celle de grimper dans les poids lourds afin de vérifier qu’aucun migrant ne s’y trouve. Car il ne suffit pas de demander au conducteur s’il transporte des passagers clandestins ! « Bien souvent, ils ne sont pas au courant que des personnes se cachent dans leur chargement. Ces dernières montent lorsqu’ils s’arrêtent faire une pause sur leur trajet », précise le LCL Renaud Benne. Lorsqu’on regarde de près les poids lourds, les stigmates de ces intrusions sont visibles, la lacération des bâches permettant aux migrants de créer une brèche pour se faufiler entre les marchandises.

À chaque contrôle, les militaires de l’EDSR doivent faire face à cette problématique. Une mission pas toujours facile, comme le souligne le LCL Renaud Benne : « Il y a beaucoup d’humanité à avoir dans la mission. Nous ne sommes pas face à de la délinquance, mais face à des gens qui essaient de fuir la misère. Ils sont parfois très jeunes et passent des jours au fond des camions. »

Lors du premier trimestre 2021, plus de 400 étrangers en situation irrégulière ont été découverts au cours des contrôles menés par l’EDSR 06. Remis aux agents de la Police aux frontières (PAF), les mineurs sont ensuite dirigés vers un centre de placement pour mineurs isolés, tandis que les majeurs font l’objet d’une procédure de réadmission en Italie.