Immersion

PSPG : une sélection atomique (partie II)

Auteur : Pablo Agnan - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© GND F. Garcia

Rejoindre une unité de contre-terrorisme protégeant les centrales nucléaires n’est pas donné à tout le monde. Pendant deux jours, Gendinfo a pu suivre 19 candidats aux PSPG, les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie, durant un stage de sélection particulièrement éprouvant. Marche de nuit, formation au tir et situations de stress, découvrez le second volet de la sélection impitoyable de ces futurs gendarmes d’élite qui protègent les cœurs nucléaires de la France.

Avoir la tête dure et la garder froide. Ce leitmotiv est gravé dans l’ADN de toutes les unités d’intervention. Et le PSPG ne déroge pas à cette règle. Au cours des tests de sélection, cette ritournelle s’applique notamment lors d’une épreuve baptisée « maîtrise sans arme de l’adversaire ». Elle débute par une vision d’angoisse : en pénétrant dans le gymnase, le candidat peut apercevoir son prédécesseur, gants de boxe greffés sur les poings, en train de subir la loi du blackman, un combattant aguerri, vêtu d'une sorte d'armure noire, qui le protège de la tête aux pieds. Tout en regardant son camarade subir les assauts ininterrompus de ce dark knight, le postulant commence par s’échauffer contre un bouclier en mousse, avant de se jeter à son tour dans l’arène.  

« Avoir la tête dure et la garder froide »

Puis vient le moment fatidique et tant redouté. Celui de la confrontation. Pendant deux rounds de deux minutes, les candidats doivent résister aux assauts ininterrompus du poids lourd en face d’eux. L’assaillant, grâce à son équipement de protection intégrale, peut encaisser tous les coups sans jamais subir. L'unique défaut de cette armure est qu'elle entrave les mouvements de celui ou celle qui la porte. Qu'à cela ne tienne, le blackman fonce, tel un taureau, sur son adversaire. Tous les candidats souffrent face à lui, mais certains résistent mieux que d’autres ; quelques high kick arrivent même à passer la garde de l'instructeur. Mais chaque coup est rendu au centuple, au grand dam des aspirants.

© GND F. Garcia

À la sortie du gymnase, les corps sont endoloris. Les visages sont rouges d’efforts et de coups. Mais la satisfaction est là, celle d’avoir terminé cette épreuve, mais aussi d’avoir été félicités par les combattants aguerris. Chaque round se termine par une tape amicale sur l'épaule, un mot d'encouragement. Ces gestes sont furtifs mais démontrent le respect éprouvé pour ceux qui ont bien combattu. « Cette épreuve permet de mesurer l’esprit combatif des candidats », résume laconiquement l'un des instructeurs. Finalement, peu importe le niveau, ici, il faut savoir encaisser et surtout ne jamais abandonner.

La longue marche

La journée se poursuit avec trois autres épreuves. Elles permettent de jauger le niveau des postulants dans toutes les situations possibles : un parcours « stress-confinement », au cours duquel les candidats sont plongés dans une maison remplie de fumée. L’objectif est de mesurer la stabilité émotionnelle de chaque aspirant et sa capacité à conserver sa lucidité. Leur maîtrise de l’armement est aussi éprouvée, avec bien évidemment du tir et, enfin, un atelier d’investigation, au cours duquel les candidats doivent rechercher le suspect d’un cambriolage retranché dans un bar fictif.

Si le programme de la journée est pour le moins chargé, celui de la nuit n’est pas de tout repos pour autant. Avant d’attaquer un copieux dîner, pour mieux affronter la froide soirée, les candidats vont devoir montrer aux instructeurs leurs compétences littéraires. Comme quoi, les muscles ne sont pas les seuls outils des PSPG, les méninges ont aussi leur rôle à jouer. Dans cette épreuve, les postulants vont devoir rédiger une lettre de motivation, missive qui alimentera les questions des moniteurs le lendemain, lors des entretiens individuels.

© GND F. Garcia

Mais le sommeil attendra. Au PSPG, la question du répit ne se pose pas. Il est 21 heures quand les candidats retournent dans « la verte ». Au programme de cette longue soirée, une marche d’orientation sur les chemins tortueux aux abords de la centrale, avec un passage dans certains ouvrages de la ligne Maginot, ouverts spécialement pour l’occasion.

Le second jour des tests apparaît plus clément. Même la météo se montre indulgente. Un dernier exercice attend les candidats, avant de retourner dans leur unité : l'entretien individuel. Pendant une vingtaine de minutes, ils vont être questionnés sur leur connaissance de l’unité, leur expérience de gendarme, comment ils se voient dans 10 ans, et ainsi de suite.

Mais avant de savoir si oui ou non ils seront intégrés dans ces unités, ils devront patienter jusqu’aux résultats. Ce qui est finalement peut-être le plus difficile. Attendre et rester dans l’incertitude.