Immersion

Au Mans, les PSIG s’entraînent avec le 2e RIMa

Auteur : capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© SIRPA - Florian Branchoux

Du 1er au 3 mars 2022, 24 gendarmes des Pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie de la Sarthe et de Normandie se sont entraînés au sein du 2e RIMa, encadrés par des militaires de l’armée de Terre.

À proximité du Mans, dans une zone boisée, des cris se font entendre. « Contact à gauche ! Il y a un blessé ! », hurle un gendarme à ses camarades. Une personne prend la fuite. Les militaires eux, sont toujours fixés en direction de la menace. Mais pas de panique ! Il ne s’agit là que d’un entraînement. Durant trois jours, 24 gendarmes des Pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de la Sarthe et de Normandie ont bénéficié d’une instruction dispensée par les militaires du 2e Régiment d’infanterie de marine (RIMa).

S’inscrivant dans le cadre de la densification des PSIG, l’entraînement a été conçu par le Groupement de gendarmerie départementale de la Sarthe (GGD 72), en lien avec ce régiment d’élite. Au programme : manœuvres tactiques, secours au combat et parcours d’obstacles.

Retour aux fondamentaux

« Le but de cet entraînement est de retourner aux fondamentaux tactiques », explique le colonel Laurent de la Follye de Joux, commandant le GGD 72. Et les marsouins du 2e RIMa connaissent bien les actes élémentaires du combattant ! Le régiment est très fréquemment engagé sur des théâtres d’opérations extérieures et a participé à de grandes opérations au Liban, au Sahel ou encore en Afghanistan. Mais pas question ici d’employer des moyens exceptionnels. « Il faut s’entraîner comme on intervient, avec nos équipements de tous les jours. Le but est de réussir à calquer le schéma tactique de l’armée de Terre avec nos moyens organiques », précise le commandant de groupement. C’est donc avec leurs armes et équipements habituels que sont venus sur le camp douze gendarmes des trois PSIG de la Sarthe (Le Mans, La Flèche et Mamers) et douze gendarmes des PSIG de Normandie. Par groupe de six, ils ont exécuté plusieurs manœuvres tactiques, alternant milieux urbain et rural, sous l’œil attentif des instructeurs du 2e RIMa.

Progression tactique

Se poster, progresser en appui mutuel, garder la liaison ou encore observer sont autant d’actes réflexes du combattant mis en œuvre lors des exercices sur le terrain, dans la « verte ». En groupe, les gendarmes avancent vers un objectif, en mesure de riposter face à une menace. La manœuvre n’est pas si simple : progresser discrètement dans la forêt lorsqu’on est équipé d’un gilet pare-balles, d’une arme d’épaule et d’un casque lourd demande de l’effort. De plus, dans les zones non boisées, difficile de trouver une protection. « En milieu rural, la principale difficulté est l’exposition. On ne peut pas toujours se protéger », indique le lieutenant Jérôme, commandant le PSIG du Mans.

Des militaires du 2e RIMa jouent le rôle des adversaires. Cachés dans les bois, ils doivent simuler des tirs sur les gendarmes. « Un homme est à terre, il faut réagir, vite ! », crie parfois un sergent-chef du 2e RIMa. Le chef de groupe doit alors réorganiser son dispositif pour permettre de prendre en compte le blessé.

Secours au combat

Au milieu des bois, protégé, un gendarme pose alors un garrot à son camarade. La technique est maîtrisée, car revue lors de l’instruction sur le secours au combat. Après un rappel des actes à réaliser lorsqu’un camarade est blessé, les militaires du PSIG se sont en effet entraînés à la pose des différents pansements et du garrot. Sur le terrain, il faut faire vite, il n’y a pas de temps à perdre. Le matériel de secours doit être connu et conditionné pour être sorti rapidement.

À l’extérieur, les gendarmes ont également procédé à l’extraction d’un gendarme blessé du véhicule, ainsi qu’à une évacuation sur le terrain, le fameux pick & run. « Échanger avec l’armée de Terre est intéressant, car cela permet de découvrir de nouvelles techniques, notamment sur l’évacuation d’un blessé, la façon dont on peut le transporter, seul ou à deux », souligne le lieutenant Jérôme.

Valeurs militaires

Outre la tactique, l’esprit militaire est aussi recherché lors de ces trois jours. Le dépassement de soi et la cohésion sont des valeurs inhérentes à l’état de gendarme. Celles-ci se sont tout particulièrement exprimées lors du parcours d’obstacles. De l’échelle de corde à la fosse, en passant par la planche ou le « dessus-dessous », les gendarmes ont dû s’entraider pour porter, d’un bout à l’autre, un brancard de plusieurs dizaines de kilos. L’effort se fait sentir. « Ce type de formation permet aussi de retourner à la rusticité et à la robustesse », indique le colonel de la Follye de Joux. Les gendarmes s’organisent pour arriver au bout du parcours. Aucun n’abandonne, aucun n’est laissé sur le côté, et après quelques minutes, c’est l’ensemble du groupe qui passe la ligne d’arrivée avec le brancard.

À terme, cet entraînement sera suivi par l’ensemble des officiers et sous-officiers des PSIG de la Sarthe. Quant à ceux de la Normandie, les gendarmes présents se feront le relais des enseignements dans leur unité respective.