Immersion

Deux grandes écoles d’officiers plongées dans un exercice à taille réelle

Auteur : le chef d'escadron Sophie Bernard - publié le
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© EOGN
Chaque année, les élèves de première année de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM) sont confrontés à un exercice sur le terrain. Le week-end du 1er au 3 avril, ils ont participé pour la première fois à un scénario digne d’un film d’action, faisant intervenir les élèves de deuxième année de l’École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN) et des élèves gendarmes de l’école de Dijon, avec la complicité de nombreuses unités d’Île-de-France.

Rassemblés à minuit, en pleine nuit noire, ils ont d’abord cru participer à une cérémonie nocturne. Mais quelques minutes plus tard, 180 élèves-officiers de l’ESM, réunis en trente équipes de six, se sont retrouvés lâchés dans la nature, vêtus de treillis, avec dans un sac à dos le strict minimum : de l’eau et de la nourriture, une boussole, une carte et un téléphone de secours. Mission pour eux : regagner un point à une soixantaine de kilomètres de là, en moins de 36 heures, sans être décelés, en progressant dans une zone qui leur était totalement inconnue.

Un exercice gagnant-gagnant

Ce n’était ni Pékin Express, ni Koh Lanta, mais un exercice organisé par l’EOGN, en lien avec leurs cadres. Les deux écoles se sont associées pour la première fois afin de faire travailler leurs élèves dans des conditions les plus proches du réel, bien que leurs objectifs pédagogiques soient différents. « Les liens sont anciens et profonds avec l’ESM. Cet exercice repose sur une approche gagnant-gagnant. Les élèves de Saint-Cyr viennent chercher de l’aguerrissement, de la cohésion, de l’autonomie, tandis que nos officiers-élèves, qui sont plus anciens et prêts à prendre leur unité opérationnelle, vont vraiment être dans la conception d’une manœuvre tactique, la production d’ordres et le commandement sur le terrain », explique le colonel Bardy, commandant la division de la formation initiale de l’EOGN et directeur de l’exercice.

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En effet, tandis que les élèves de l’ESM progressaient dans « la verte » en mode infiltration, les futurs officiers de gendarmerie ont dû mettre en place un dispositif de contrôle de zone réaliste et visible pour les déceler. « C’est une mission récurrente en gendarmerie. Tous les élèves se retrouvent en situation de commandement ou de responsabilité. Cela leur permet d’avoir une expérience de commandement opérationnel et de mettre en œuvre tous les savoir-faire techniques et tactiques enseignés à l’EOGN. »

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Très vite, les officiers-élèves ont ainsi revêtu leur « casquette » de commandant d’escadron de gendarmerie mobile, de compagnie, de brigade ou de peloton de surveillance et d’intervention, d’officier de groupe d’observation et surveillance, ou encore de section de recherches.

Des conditions proches du réel

Et pour que ce soit le plus réaliste possible, les cadres n’ont pas lésiné sur les moyens. Des officiers-élèves du corps technique et administratif ont assuré la logistique, tandis que des élèves gendarmes de l’école de Dijon se sont placés sous les ordres des jeunes recrues de l’EOGN, qui ont pu notamment faire appel au peloton d’intervention, aux tireurs d’élite, aux motocyclistes et à la Section de protection et d'appui drones (SPAD) de la Garde Républicaine, aux forces aériennes de la gendarmerie, aux équipes cynophiles de la région et de Gramat, au groupement blindé de la gendarmerie mobile, à la brigade motorisée du groupement de gendarmerie départementale de l’Essonne, au commandement de gendarmerie des voies navigables, ou encore au centre national des opérations. « Nous avons reproduit les vrais moyens de la gendarmerie nationale qu’ils géreront dans quelques mois », souligne le colonel Bardy.

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Dotés des vrais moyens gendarmerie certes, mais aussi confrontés aux réelles difficultés qui peuvent survenir sur le terrain. « À Saint-Cyr, nous formons avant tout des soldats, des futurs chefs qui doivent être capables de prendre des décisions en totale autonomie, dans des situations d’incertitude sous pression », explique le lieutenant-colonel (TA) Erbland commandant le 3e bataillon de l’ESM. Ses élèves ont ainsi dû se débrouiller pour franchir l’autoroute A6, ou encore les voies ferrées, toujours en discrétion, tandis que les élèves de l’EOGN ont dû gérer des événements impromptus en parallèle de leur dispositif de contrôle de zone : une visite ministérielle, des interpellations, ou encore la gestion d’un accident de la route.

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Finalement, le dimanche midi, à l’issue de l’exercice, les élèves ont tous été réunis sur la place d’arme de l’EOGN, où ils ont reçu les félicitations de leurs cadres et partagé un petit moment de convivialité. Les jeunes recrues ont ensuite pu profiter, dans l’après-midi, d’ateliers pédagogiques et de démonstrations proposés par les unités spécialisées venues les appuyer, avant de souffler enfin et de retrouver leurs lits… le commandement dans la vraie vie attendra bien encore quelques mois !

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