Immersion

Fusillade, prise d’otage, explosion : les gendarmes du PSPG, se préparent à tous les scénarios

Auteur : Lieutenante Floriane Hours - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© Sirpa Gend - F.Garcia
Le centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) du Tricastin, situé dans la vallée du Rhône, à la limite entre la Drôme et le Vaucluse, produit chaque année 40% des besoins en électricité du département et emploie plus de 2000 personnes. Pour assurer la sécurité de ce site éminemment sensible, les gendarmes du PSPG (peloton spécialisé de protection de la gendarmerie), en charge de la sécurité des centrales, s'entraînent régulièrement.

14H02 : premier briefing. Sur le parking, une centaine de gendarmes du PSPG du Tricastin, de plusieurs PSIG Sabre et des brigades avoisinantes, se préparent à participer à un exercice d’ampleur au sein de la centrale nucléaire du Tricastin. Le scénario auquel ils vont être confrontés : une attaque terroriste avec intrusion d’individus et prise d’otage. Mais à 14h02, le déroulé de cet exercice, les gendarmes ne le connaissent pas. Pour le moment, ils écoutent attentivement les ordres données par le commandant de l’opération.

Renforcer la réponse opérationnelle

Ce genre d’exercice, dit de type 2, est réalisé environ 2 fois par an dans l’ensemble des 20 sites nucléaires de France. Il s’inscrit dans un schéma de trois types d’exercices possibles, celui de type 1 réalisé toutes les semaines par les militaires du PSPG, celui de type 2 et l’exercice de type 3, réalisé ponctuellement et comprenant un scénario d’attaque terroriste mobilisant le PSPG, le GIGN et la SAG (section aérienne de la gendarmerie) la plus proche.

Les exercices de types 2, réalisés dans l’une des zones les plus sensibles du centre, ont plusieurs objectifs. Tout d’abord, ils permettent aux effectifs du PSPG de conserver un haut niveau de technicité pour contrer le plus rapidement possible, toutes menaces (intrusion, actes malveillants…) pouvant compromettre la sécurité du site. Pour les unités territoriales, ils permettent aux personnels de connaître leurs missions et leur position. Enfin, ils permettent de tester et d’ajuster la coordination des moyens opérationnels de l’opérateur (EDF), de la gendarmerie et des services de secours (service départemental d’incendie et de secours ou SDIS), en vue de préserver l’intégrité de l’installation.

Cette coordination entre les différents services est un élément indispensable pour assurer une sécurisation complète du CNPE. Ainsi, derrière les caméras qui couvrent tout le centre, se trouvent également les agents de sûreté d’EDF, qui sont les yeux des gendarmes.

© Sirpa Gend - F.Garcia

Des unités spécialisées pour une résolution rapide de la crise

Spécialement entraînés et équipés, les PSPG conduisent une action offensive visant à interdire toute action de haute intensité susceptible d’affecter la sûreté des installations nucléaires civiles. Ils interviennent sous contrôle tactique du GIGN. Les PSPG agissent en complément des moyens mis en œuvre par les opérateurs, et en coordination avec l’ensemble des moyens du groupement de gendarmerie territorialement compétent dans le cadre d’une défense en profondeur.

Une fois le danger écarté, priorité aux secours. Les pompiers du SDIS escortés par les PSIG viennent récupérer les blessés et les impliqués. Une mission qui doit être réalisée le plus rapidement possible pour la protection des blessés, des pompiers et aussi pour des raisons de sécurité liées au lieu d’intervention.

Sur le centre nucléaire de production électrique du Tricastin, une heure et demie après le début de l’exercice, trois des quatre adversaires ont été neutralisés. Une prise d’otage est toujours en cours. L’assaut du PSPG permet de mettre hors d’état de nuire le dernier assaillant. Un exercice réussi pour les gendarmes du PSPG sur les épaules desquels repose, chaque jour, la sécurité d’un des sites les plus sensibles de France.

© Sirpa Gend - F.Garcia

 

À noter :
Les PSPG sont les premiers échelons de réponse de la chaîne du contre terrorisme nucléaire de l’État. Créé en 2009, il existe désormais 22 unités de ce type réparties sur les 20 sites nucléaires du pays et sur 2 sites à haute sensibilité. Les PSPG sont des unités d’intervention spécialisée à l’intérieur des sites nucléaires auprès desquels ils sont rattachés. En dehors de ce périmètre, ils sont intégrés dans le haut du spectre de l’intervention intermédiaire. Ils peuvent être sollicités et intégrés à la manœuvre du commandant de groupement de gendarmerie départementale (CGGD) en cas de procédure d’urgence absolue, c’est à dire dans une situation de gravité extrême avérée (tuerie de masse, prise d’otages massive avec péril imminent pour les otages). Sélectionnés et formés par le GIGN, les militaires des PSPG doivent maintenir un haut degré de technicité. Ils sont donc régulièrement engagés en dehors des CNPE, lors de la conduite d’opérations sensibles de police judiciaire, afin d’entretenir leurs savoir-faire spécifiques.

La protection des centrales et autres installations nucléaires, sites hautement sensibles et certainement les plus stratégiques de la République, est confiée depuis 2009 aux pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG). Ces unités d’intervention, au nombre de 22 en France, constituent le premier échelon de réponse de la chaîne du contre-terrorisme nucléaire de l’État. Pour maintenir un très haut niveau de technicité, ils s'entraînent régulière, dans des conditions proches du réel. Découvrez les images inédites d'un exercice mené par le PSPG de Cruas, dans la centrale nucléaire du même nom.

© MI/DICOM/F.BALSAMO