Immersion

Hautes-Pyrénées : les mobiles en renfort sur les pistes

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© Gendarmerie/SIRPA/B.LAPOINTE

Dans le cadre du Dispositif hivernal de protection des populations (DHPP), les gendarmes mobiles renforcent leurs camarades départementaux, en armant notamment des postes provisoires dans les stations de sports d’hiver, comme à Piau-Engaly, la plus haute station des Pyrénées françaises. Reportage.

Au sommet du pic de Piau, la piste noire Samba part de la piste rouge Parc, avant de la rejoindre un peu plus bas. Un couloir court et raide, réservé aux bons skieurs. Ce 9 février, à quelques minutes d’intervalle, deux personnes ont malheureusement dévissé à cet endroit, sur plus de 200 mètres. Deux chutes qui ont occasionné de graves blessures, notamment un œdème cérébral pour l’une des victimes.

Dans les deux cas, juste après les accidents, les gendarmes de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 34/6 de Saint-Gaudens étaient les premiers sur les lieux. Ils ont pu prendre en compte les victimes, prévenir et assister les secouristes, puis participer à l’évacuation, par hélicoptère, par le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Pierrefitte-Nestalas.

Quatre mobiles en rotation

La présence de gendarmes mobiles sur le domaine skiable de Piau-Engaly, dans les Hautes-Pyrénées, s’inscrit dans le cadre du Dispositif hivernal de protection des populations (DHPP) de la gendarmerie. Chaque année, afin de faire face à l’afflux de touristes dans les stations de sports d’hiver, la gendarmerie y ouvre des postes provisoires. À Piau-Engaly, celui-ci est armé par quatre gendarmes qui effectuent des rotations. « Il y a toujours deux gendarmes de permanence, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, décrit l’adjudant Mathieu. Notre escadron renforce les brigades du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) des Hautes-Pyrénées, afin de décharger les gendarmes départementaux de certaines missions et leur permettre d’être plus efficaces sur leurs autres dossiers. »

Il faut dire que l’ouverture d’un poste provisoire est aussi rendue nécessaire par la topographie des lieux. La brigade la plus proche de la station est à 30 kilomètres de route de montagne. Les délais seraient donc très importants pour gérer des interventions fréquentes, de jour comme de nuit. « Nous évitons à la brigade de se déplacer pour prendre les plaintes pour des vols de skis, des violences, ou d’autres délits, comme celui commis récemment par un homme qui était parti sans payer l’hôtel », détaille le gendarme Lambert.

Les gendarmes mobiles remplissent également les missions de Police de sécurité du quotidien (PSQ) des gendarmes départementaux, en patrouillant à pied dans la station, au contact de la population et des commerçants. Lors de leurs patrouilles à ski, ils assurent des missions de prévention, afin de rappeler les règles de sécurité et les bons usages de la montagne, et relever les éventuels comportements à risque. Et ils peuvent donc également être sollicités en cas d’accident, pour établir les constatations, ou en cas de conflit de personnes à la suite de collisions sur la piste, « qui sont de plus en plus fréquentes, mais se règlent le plus souvent à l’amiable », note Mathieu. Ils contrôlent également l’application des règles liées au contexte sanitaire alors en vigueur : le port du masque en intérieur et le passe vaccinal, obligatoire pour pouvoir profiter du domaine skiable. « Nous mettons en place des contrôles de manière aléatoire au pied des pistes », précise Lambert.

 

Titulaires du CEM et formés aux premiers secours

Deux gendarmes mobiles affectés au poste provisoire de Piau-Engaly ont le Certificat élémentaire montagne (CEM), ce qui les autorise à patrouiller en tenue sur le domaine skiable. Les gendarmes mobiles dotés du CEM constituent les Pelotons montagne de la gendarmerie mobile (PMGM), au sein de leur escadron, et sont prioritaires pour armer les postes provisoires dans les stations de sports d’hiver, dans le cadre du DHPP.

Comme tous leurs camarades mobiles, les quatre gendarmes du poste sont également formés aux premiers secours, ce qui leur permet d’assister les secouristes de la station, comme ce fut le cas lors des deux accidents graves de cette journée du 9 février. Ils ont également participé à des exercices « avalanche » avec les pisteurs, consistant à retrouver des détecteurs ensevelis sous la neige. « Il pourrait arriver que nous soyons les premiers à intervenir lors d’une avalanche », relève Mathieu.

L’action des gendarmes mobiles doit évidemment s’inscrire dans le cadre d’un écosystème. « La première chose que nous avons faite à l’ouverture du poste, confirme l’adjudant, c’est prendre contact avec le directeur de la station et les responsables du service des pistes. » À Piau-Engaly, ce dernier s’appelle Georges, et il n’est pas le dernier à apprécier la présence des gendarmes. « Ils patrouillent à ski sur le domaine et peuvent donc intervenir rapidement en cas d’accident grave, notamment quand nous sommes sur un autre secteur. C’est un gain de temps précieux. Ils nous aident à sécuriser le lieu de l’accident, à apporter les premiers secours, à organiser les évacuations, et à gérer les conflits éventuels de personnes. Nous n’avons pas de pouvoir de police, alors c’est important de pouvoir nous appuyer sur les gendarmes. »

Il est près de 17 heures, une nouvelle journée de ski s’achève sur le domaine de Piau-Engaly. Les collisions s’enchaînent sur la piste principale, encombrée comme un retour de 15 août, occasionnant parfois des blessures légères. Les gendarmes doivent calmer certains esprits qui pourraient s’échauffer. Demain sera un autre jour, mais ce sera la même histoire.

 

Rencontre au sommet avec l'adjudant Mathieu et le gendarme Lambert, de l'escadron de gendarmerie mobile (EGM) 34/6 de Saint Gaudens affectés au poste provisoire de Piau-Engaly, dans les Hautes-Pyrénées, dans le cadre du Dispositif hivernal de protection de la population (DHPP).

© GEND/SIRPA/V.MARTIN