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La force d’appui de la gendarmerie de Guadeloupe

Auteur : capitaine Marine Rabasté - publié le
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© CNE M.Rabasté

Tout au long de l’année, au sein du Commandement de la gendarmerie (COMGEND) de Guadeloupe et des Îles du Nord, trois Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) et un Peloton d’intervention de la Garde républicaine (PIGR) viennent renforcer la capacité opérationnelle du COMGEND. Contrairement aux autres gendarmes, ils n’y sont pas affectés mais font l’objet d’un détachement pour trois mois.

Vêtus de polos noirs, les gendarmes mobiles se distinguent des gendarmes départementaux. Et pourtant, au quotidien, leurs missions sont complémentaires. Trois Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) et un Peloton d’intervention de la Garde républicaine (PIGR) sont détachés au profit du COMGEND de Guadeloupe pour renforcer l’action des unités territoriales. « Ici, la gendarmerie mobile et la Garde républicaine sont une force d’appui face à l’afflux de la population et au degré d’intensité des interventions », constate le général Vincent Lamballe, commandant la gendarmerie de Guadeloupe. Leur présence est indispensable et ils sont une composante essentielle pour l’activité du COMGEND. « Mais c’est également la force de réserve du préfet », précise le général. Sur l’île, ces renforts sont en effet les seules Unités de forces mobiles (UFM), mobilisables pour rétablir l’ordre public en cas de troubles.

Envol vers la Guadeloupe avec le général Vincent Lamballe (1/2)

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Présence permanente

230 militaires en renfort, cela peut paraître beaucoup. Mais au sein du COMGEND de Guadeloupe, cet effectif supplémentaire permet d’assurer la sécurité et l’ordre publics en tout point du territoire. Avec une étendue d’eau de 250 km entre l’île principale et les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, le prépositionnement de forces sur ces dernières est essentiel. Ainsi, alors que deux EGM se partagent le « papillon » et les îles attenantes, un autre, renforcé par un PIGR, est détaché à Saint-Martin.

« Les gendarmes en renfort sont indispensables pour le fonctionnement quotidien. Ils permettent de remplir la mission confiée à la gendarmerie », précise le général Vincent Lamballe. À la différence des unités de métropole, où les renforts mobiles sont ponctuels, comme lors des dispositifs saisonniers de protection des populations, le COMGEND bénéficie en permanence de ces 3 EGM et du PIGR.

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Coordination centrale

L’ensemble du dispositif est coordonné par un officier supérieur, commandant d’un groupement de gendarmerie mobile. Avec son groupe de commandement, ils composent le Groupement tactique de gendarmerie (GTG). Au quotidien, le GTG assure l’administration des personnels déplacés (gestion globale du dispositif, service, ressources humaines…). Mais il a également, et surtout, un rôle opérationnel. Dès lors que deux EGM sont engagés sur une opération, il en prend le commandement tactique.

Basé à Saint-Claude, au sein même des locaux du COMGEND, le GTG est en contact constant avec le commandement local et assure auprès de lui un rôle de conseil sur les événements d’ordre public.

De multiples missions

Quatre missions principales sont dévolues aux gendarmes mobiles et aux gardes républicains. Conformément à leur doctrine d’emploi, le maintien et le rétablissement de l’ordre public demeurent leur mission prioritaire. Néanmoins, en l’absence d’événements nécessitant ce type d’engagement, ils renforcent les unités du COMGEND dans leur lutte contre la délinquance. Dans ce cadre, ils sont principalement employés en Détachements de surveillance et d’intervention (DSI), mais peuvent également faire l’objet d’un détachement individuel au sein des brigades. Certaines brigades de faible effectif ne peuvent en effet assurer la plénitude de leur empreinte au sol et ainsi la sécurité du quotidien qu’avec ce précieux renfort. C’est le cas, par exemple, de celle de la Désirade, composée de trois gendarmes départementaux et d’un gendarme mobile, seules forces de sécurité sur l’île.

En Guadeloupe, les renforts sont également en charge des translations judiciaires, mission dévolue à l’administration pénitentiaire en métropole. Mais surtout, ils sont en capacité d’appuyer l’antenne GIGN locale en cas d’attaque terroriste ou lors d’opérations judiciaires d’envergure.

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Force de réaction

La force du dispositif réside dans sa capacité à se réarticuler rapidement pour faire face aux événements. En cas de manœuvre de maintien de l’ordre, les gendarmes mobiles des DSI sont les premiers rappelés afin de constituer les pelotons engagés dans cette mission. Ceux détachés au sein des brigades peuvent être rappelés afin de constituer une ressource complémentaire.

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Et peu importe leur escadron d’appartenance ; en maintien de l’ordre, le langage est universel. Cette manœuvre permet d’utiliser le bon niveau de force nécessaire face à un événement, sans pour autant obérer les capacités d’action des unités territoriales dans leur mission de sécurisation de la population. Même si, dans les faits, les renforts sont répartis au sein du COMGEND de façon à pouvoir rejoindre rapidement leur EGM. Cette mission de maintien de l’ordre a notamment été fréquente lors de la crise sanitaire, en particulier face à la mobilisation quotidienne des anti-vax et aux blocages des établissements de santé et des institutions publiques. Durant plusieurs semaines, le COMGEND a alors adapté son dispositif en fonction de l’ampleur des événements, en limitant les détachements dans les brigades aux seules îles de l’archipel.

Envol vers la Guadeloupe avec le général Vincent Lamballe (2/2)

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