Immersion

La gendarmerie recycle les équipes cynophiles des PGHM

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© Gendarmerie/SIRPA/B.LAPOINTE

Chaque hiver, les équipes cynophiles des Pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) sont recyclées, afin de vérifier que l’animal et son maître forment toujours un duo opérationnel. Reportage en Haute-Garonne, à Bagnères-de-Luchon.

Le décor est planté. Le terrain de « jeu » consciencieusement préparé par les dameuses de la station, et le périmètre soigneusement délimité par des drapeaux jaunes à damiers noirs. Dans le ciel du domaine skiable de Luchon-Superbagnères, le soleil a déjà bien commencé son ascension, et s’étale généreusement sur le flanc des montagnes pyrénéennes.

Loustik, Gecko et Mojito en piste

L’alerte a été donnée : deux skieurs ont été pris dans une avalanche sur le secteur du Céciré. Deux équipes cynophiles vont se projeter sur les lieux pour retrouver les victimes : l’adjudant Kléber et son chien Loustik, du PGHM d’Oloron-Sainte-Marie, puis l’adjudant Norbert et son chien Gecko, du PGHM de Pierrefitte-Nestalas.

Adjudant Norbert, maître de chien au PGHM de Pierrefitte-Nestalas

L’adjudant Norbert et le berger belge malinois Gecko forment l’une des deux équipes cynophiles du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de P..

Lire la suite...

 

Adjudant Kléber, maître de chien au PGHM d’Oloron-Sainte-Marie

L'adjudant Kléber et son berger belge malinois Loustik forment l'équipe cynophile du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) d’Oloron-Sainte-M..

Lire la suite...

Ces exercices sont organisés une fois par mois au sein de la gendarmerie, mais il s’agit aujourd’hui du recyclage annuel, destiné à évaluer les équipes une fois par hiver. « Nous avons établi un scénario qui se rapproche le plus possible de la réalité, explique l’adjudant-chef Patrick, secouriste et maître de chien du PGHM de Bagnères-de-Luchon, et formateur de chiens d’avalanche. L’objectif est de tester dans ces conditions tous les maîtres de chien affectés dans les PGHM, afin de voir si l’animal est toujours opérationnel, et si son maître a toujours de l’influence sur son comportement. »

Les dameuses ont artificiellement créé ce qui ressemblerait le plus à une coulée, et deux plastrons du PGHM ont pris place dans les trous creusés au préalable et refermés par de la neige. À tour de rôle, Loustik, Gecko, mais aussi Mojito, le chien de l’ADC Patrick, qui en a profité pour se dégourdir les pattes, entrent joyeusement en piste. Car pour eux, bien sûr, que ce soit pour un exercice ou pour une véritable avalanche, tout n’est que jeu, et la découverte d’une victime appelle une récompense.

©GEND/SIRPA/B.LAPOINTE

Une recherche sans odeur de référence

Lorsqu’une avalanche survient en montagne, la première équipe projetée sur place, héliportée ou par le biais des remontées mécaniques, selon l’endroit et les conditions météo, est toujours composée d’un secouriste, d’un maître de chien et d’un médecin. Le premier se concentre sur la recherche des systèmes DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanche) et Recco, pendant que le chien tente de flairer les odeurs corporelles.

Contrairement à la recherche d’une personne identifiée, où l’animal doit trouver une odeur à l’aide d’un objet ou d’un vêtement appartenant à la victime, ici, le chien n’a pas d’odeur de référence. Il doit identifier une odeur humaine en fonction de sa provenance, en l’occurrence sous le manteau neigeux. On estime à environ un quart d’heure le temps que met une odeur corporelle pour traverser un mètre de neige. « Mais la recherche de victime d’avalanche n’est pas une science exacte, souligne Patrick. Cela dépend beaucoup de la qualité de la neige. Si elle est humide, elle sera très étanche et laissera peu passer les odeurs. Si c’est une neige poudreuse, en revanche, plus volatile, les molécules s’échapperont plus facilement par les microcanaux d’air. »

D’autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte, selon que la victime se trouve à proximité d’une barrière rocheuse, et donc d’une possible faille entre le manteau neigeux et la roche, ou au contraire prise dans une forêt de résineux déracinés, dont les essences vont perturber le flair de l’animal. Enfin, le sens et la force du vent en surface peuvent aider, ou au contraire pénaliser, le chien.

Il n’y aura pas d’échec pour les deux équipes cynophiles évaluées ce matin-là. « Loustik et Gecko ont entre sept et huit ans, ce sont des chiens expérimentés, qui ont réalisé de nombreuses missions, décrit le maître de chien du PGHM de Bagnères-de-Luchon. Le bilan des recyclages de cette saison hivernale, tant dans les Alpes que dans les Pyrénées, est très positif. C’est une satisfaction de constater que le travail au quotidien paye. »


© Valentin Martin