Immersion

Le Tour de France, une Grande Boucle sous haute surveillance

Auteur : capitaine Marine Rabasté - publié le
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© SIRPA - B.Lapointe

Comme chaque année, les cyclistes du Tour de France émerveilleront le public sur le bord des routes. Afin que tout se déroule sans encombre et que chacun puisse profiter du spectacle, les forces de l’ordre se mobilisent pour en assurer la sécurisation.

Troisième événement sportif le plus suivi au monde, le Tour de France est un incontournable de l’été. À travers tout le pays, et au-delà de nos frontières, les foules se massent sur le bord des routes pour apercevoir la caravane publicitaire, puis les cyclistes. L’ambiance est festive et doit le rester. C’est pourquoi le dispositif de sécurité est conséquent. Au sein de la gendarmerie, c’est le Lieutenant-colonel (LCL) Joël Scherer, également officier de liaison sur le Tour, qui est en charge de sa construction. « Pendant le Tour de France, la route est mise à disposition des organisateurs. Tout doit être hermétique », explique l’officier. Ainsi, le long des 3 349,8 km du parcours, les forces de l’ordre seront présentes. « 90 % du tracé est dans la zone de compétence géographique de la gendarmerie, avec également quatre départs et neuf arrivées. Cela nécessite donc un fort engagement des gendarmes. » La préparation du dispositif commence donc dès le mois de novembre, une fois l’itinéraire de course dévoilé.

© GGD 78 - GND Vermeere

La sécurité, un enjeu majeur

Si le dispositif est d’ampleur chaque année, c’est parce que la sécurité lors du Tour de France est un enjeu majeur. D’une part, la sécurité routière. « La grande crainte lors du Tour de France est qu’une personne traverse la route et se fasse renverser. Lors du passage de la caravane, cela peut vite arriver. Les personnes se ruent parfois pour avoir des goodies, sans faire attention à ce qui se passe autour », explique le LCL Scherer. Maintenir le public dans les zones prévues est donc une priorité, car la sécurité des coureurs est également en jeu. Tout le monde se souvient en effet de la spectatrice qui, lors de l’étape entre Brest et Landerneau, en 2021, a brandi une pancarte devant le peloton et en a fait tomber une bonne partie. C’est pourquoi, afin de limiter les risques, la caravane de la gendarmerie diffuse en amont des messages de prévention.

Sur la route de la caravane du Tour

Le 1er juillet, les cyclistes prennent le départ de la Grande Boucle. C’est toutefois la caravane publicitaire du Tour qui foulera la première l’itiné..

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D’autre part, il s’agit d’éviter les atteintes aux personnes. « La presse est très présente sur le Tour, qui en plus est diffusé en direct. Une atteinte aux personnes, comme un attentat terroriste pour prendre le cas le plus extrême, aurait donc un écho médiatique important. Le risque existe donc, et nous devons faire en sorte que rien ne se produise. »

L’engagement de nombreuses unités

Cette année, 27 Groupements de gendarmerie départementale (GGD) sont concernés par la Grande Boucle. En plus des gendarmes départementaux, issus de brigades, de Pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) ou de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), et des réservistes, les GGD reçoivent le renfort de deux Escadrons de gendarmerie mobile (EGM). Un troisième EGM est aussi présent, afin de sécuriser le départ et l’arrivée. Même les élèves gendarmes participent au jalonnement lors de six étapes.

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Pour garantir la sécurité aux abords du village du Tour, une équipe cynophile REXPEMO (Recherche d’explosifs sur personnes en mouvement), ainsi que des militaires du peloton d’intervention de la garde républicaine longent les flux de personnes. Par ailleurs, depuis les attentats de 2015, des membres de la Force intervention du GIGN sont également intégrés au dispositif, au sol et dans les airs, grâce à l’appui des Forces aériennes de gendarmerie.

Enfin, arpentent aussi les routes, françaises comme étrangères, les motocyclistes de la garde républicaine, aussi surnommés les « anges bleus » du Tour.

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À noter : les gendarmes de l’escadron motocycliste de la garde républicaine accompagnent le Tour de France depuis 1953. Comme l’an passé, 33 motocyclistes sont engagés : 11 pour assurer la sécurité de la caravane et 22 celle des coureurs. Incontournables de la Grande Boucle, ils encadrent la course, préviennent les coureurs des dangers et transmettent des éléments d’ambiance, permettant d’adapter le dispositif aux événements.

Un dispositif d’ampleur donc, associant un grand nombre d’unités de la gendarmerie. L’ensemble est coordonné par l’officier de liaison, qui fait le lien entre la gendarmerie et le centre de coordination présent à chaque arrivée. Car même si la manœuvre est prévue à l’avance, un incident peut nécessiter une réarticulation du dispositif.

La dimension internationale

Le Tour de France est un événement sportif mondialement connu. Si bien que, depuis quelques années, certaines étapes se déroulent, en partie ou entièrement, à l’étranger. « Cette année, le départ se fait au Danemark, indique le LCL Scherer. Afin de voir comment les étapes du Tour étaient organisées, des représentants danois sont venus sur le parcours de l’édition 2021. Ensuite, tout au long de la préparation, des réunions ont été organisées pour construire le dispositif de sécurité. Par exemple, le commandant de l’escadron motocycliste de la garde républicaine, qui mettra à disposition ses militaires, est directement allé sur place. » Pour les étapes franco-suisses, des motocyclistes suisses ont été associés à la sécurité. Ils prendront donc, par exemple, le départ à Dole, aux côtés des motocyclistes de la garde républicaine. Il en est de même pour les étapes franco-belges.

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La renommée internationale du Tour nécessite également de prendre en compte le public étranger, présent sur les routes de France. Ainsi, lors des étapes de montagne, il n’est pas rare de croiser un certain nombre de Hollandais. « Tout le public doit respecter les règles de sécurité mais, pour cela, il doit les comprendre. On fait donc venir des policiers néerlandais sur place, afin de faciliter le contact », indique le LCL Scherer. L’UOFA, composée de gendarmes français et allemands, est également engagée dans les lieux où afflue la population allemande, comme à La Super Planche des Belles Filles.

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